Des classes-paillottes aux amphithéâtres-paillottes : Les caricatures blessantes de l’école de la Renaissance…

La gestion d’Issoufou de l’école nigérienne, alors qu’il lui faisait les plus belles annonces que justifiaient, de son propre aveu, ses gratitudes vis-à-vis d’une école publique qui lui aura permis, d’atteindre ces gloires qui le hissaient au sommet de l’Etat ce 7 avril 2011, lui sorti de milieux modestes mais que les hasards de l’Histoire pouvait placer, et ce grâce à l’école quand même, au plus haut sommet d’une société dans laquelle il ne fut qu’un anonyme que la démocratie, à force de discours et de démagogie, il finit par être révélé aux Nigériens qui curent à sa capacité à gouverner un Etat. A ces débuts, affrontant l’utopie d’une école sans paillotte, et distribuant à cette fin à qui mieux-mieux des marchés de construction de classes, il finit par s’essouffler tant le chantier était monstre, et pour justifier, non sans vanité l’oeuvre accomplie, il s’embourba dabs des statiques fragiles que Seyni Oumarou démonta, révéla leur fausseté sur la base seulement de logiques simples. Débarrasser l’école nigérienne de paillottes est une course de fond qu’on ne peut, par pragmatisme, régler en un ou deux mandats. Trop ambitieux, le socialiste, manquant de réalisme et de pragmatisme, finit par se casser le nez dans le mur de ses prétentions pour abandonner ses projets, allant souvent jusqu’à annuler, peut-on s’en souvenir, des marchés pourtant attribués et rectifier conséquemment un budget. Et là même l’on sait la piètre qualité des infrastructures réalisées qui n’ont servi que la clientèle politique et la corruption qui sous-tend la gestion du régime pour ne laisser que des salles qui, alors qu’elles sont les plus récentes, s’effondrent le plus souvent dès les premiers vents de la saison pluvieuse, pour ne laisser dans les écoles que des tôles inutiles…

En quittant le pouvoir, l’on ne vit jamais et sortant de ses dix années de gestion le quart du budget promis à l’école et depuis la situation des écoles n’a fait que se dégrader. C’est d’une école à terre qu’hérite le président-philosophe qui a cru qu’il pouvait en faire l’axe majeure de son quinquennat, annonçant, lui aussi, de grandes ambitions pour une école pour laquelle, son diagnostic reste tout à fait discutable.

Pire, pendant les derniers mois de la fin du mandat d’Issoufou, combien de fois a-t-on vu des classes paillottes cramer, calcinant souvent de pauvres enfants que des insouciances ont gardé dans ces classes de fortune sans aucun souci pour la sécurité et ce quand, les ténors du régime volaient des milliards et se construisaient des immeubles insolents pour lesquels on ne peut savoir, en tout cas pour des socialistes, ce que de telles fantaisies pouvaient servir. Du côté des résultats, la situation est pire, et la gestion issoufienne avait été couronnée comme pour auréoler sa gouvernance inique des résultats les pires de l’histoire de l’école nigérienne surtout pour le BEPC dont les enfants qui se présentaient à l’examen étaient justement ceux qui, dix ans plus auparavant, entraient à l’école par la classé de CI quand lui prenaient le pouvoir.

Mais revenons aux paillottes.

Le PNDS avait considéré de telles salles de fortune comme le signe de l’échec des autres régimes, mais jamais, depuis plus de soixante ans, l’on n’a vu les tragédies que l’on a vécues avec celles de la Renaissance. Il a cru qu’il pouvait les faire disparaitre tout de suite, d’emblée, du paysage des écoles. En quittant le pouvoir, combien sont-ils ces cas d’incendies qui ont vu des enfants calcinés dans les feux des paillottes ? Le chantier de l’école comme on peut l’imaginer de ce point de vue, indépendamment des problèmes liés à la qualité de ses prestations est on ne peut plus immense et Bazouml a beau aimé changer la situation, l’oeuvre n’est que difficile à mener surtout quand en plus de l’analyse du problème qui pouvait être mal posée, il peut manquer de l’expertise nécessaire et donc des hommes capables de sortir cette école de l’ornière.

C’est pourtant dans un tel contexte où le président fait montre d’une volonté politique réelle de s’attaquer au problème qu’une mise en scène vient faire douter de sa capacité à avoir une maitrise totale des problèmes de l’école mais également une connaissance précise des défis réels de notre système éducatif. Le problème de l’école ne saurait être réglé par quelques individus assis dans leurs bureaux cossus pour croire qu’ils aient l’expertise suffisante à poser un diagnostic crédible et à entrevoir des solutions pérennes pour sortir l’école de ses difficultés immenses.
Pour des gens qui n’écoutent pas et qui font croire qu’ils savent tout, peut-être que l’USN, section de Zinder trouvait la bonne manière pour les amener, à reconnaitre les problèmes que vivent les enfants des pauvres dans ces universités créées pour des fantaisies politiques sans se donner les moyens de les faire vivre, l’enseignement supérieur, forcément, devant coûter cher si tant que l’on voudrait qu’il soit compétitif.

Une inauguration sur fond de caricature…

Les Nigériens étaient surpris d’entendre sur les médias une inauguration humiliante pour le régime à laquelle les étudiants de Zinder invitaient les médias à participer. Pour pallier au manque de salles de cours, c’est dans la nuit vers deux heures, apprend-on de source rectorale, qu’ils érigeait une grande salle-paillote, flanquée de la pancarte dérisoire d’ « Amphithéâtre N°3 » pour meubler la jeune université de Zinder. On ne sait d’où leur venait cette idée saugrenue teintée de bouffonnerie pour heurter des consciences, choquer même. Et ils ont réussi leur coup !
Personne ne pouvait commenter la dérision, tellement elle avait réussi à faire mal. Et dérangé par ce que les étudiants ont fait et qui vaut plus qu’une grève et une marche, tellement elle humilie un régime, l’on a vu le recteur s’inviter sur les médias pour expliquer ce qui ne serait pas plus qu’une « connerie », reconnaissant le problème qui a motivé une telle mise en scène, à savoir le problème de salles de cours devenu criard à l’Université André Salifou de Zinder. Tout en ne comprenant pas comment, alors qu’ils étaient en train de communiquer, d’échanger avec les étudiants en vue de trouver une solution au problème, ils avaient contourné, sans aviser, pour leur faire, ce bébé dans le dos. Mais, y a-t-il une autre manière pour faire comprendre à des dirigeants les problèmes que l’on vit dans le pays, et que les milliards volés auraient pu régler d’un coup sans rien attendre d’un partenaire ? Le pays est riche, mais il est mal géré, n’est-ce pas Issoufou Mahamadou ? Quand même il le disait, il ne put faire mieux, gouvernant par le braquage des deniers publics qui a fait de son entourage la nouvelle bourgeoisie su pays.

Issoufou est parti, et lui n’en souffre certainement pas, heureux peut-être d’avoir fait des milliardaires dont on sait pour chacun, le train de vie qu’il mène, les fortunes colossales sur lesquelles ils trônent, incapable de les justifier. Le délit d’apparence aurait pu conduire nombre de ces fanfarons qui narguent les Nigériens en prison. Mais comme dirait l’autre, « laisse mouton courir… », peut-on entendre ici et là, dans la société.

Il est vrai que cela se fait quand sous Bazoum mais il n’en souffre que parce qu’il doit – et il l’a choisi – assumer une continuité revendiquée qui l’oblige à assumer en même temps un héritage dont il pourrait avoir sous-estimé le fardeau pour croire, avide du pouvoir, qu’il pouvait l’assumer. Le rapport de la Cour des Comptes lui montre l’état d’un Etat en ruine, saccagé par ceux qui l’aidèrent à s’installer pour assurer leurs arrières.

En vérité, il ne s’agit pas de la gestion de Bazoum Mohamed moins mise en cause dans la débâcle de notre école, mais bien de celui qui a gouverné pendant dix ans le pays et qui a fait croire qu’il en a fait un Dubaï tropical pour changer tout dans le pays. Cette situation doit quand même interpeller le nouveau magistrat pour qu’il sache à quoi s’en tenir pour prendre en main un pays qui semble lui échapper et pouvoir donner les réponses qui s’imposent pour sauver une école totalement à la dérive pour laquelle il faut nécessaire tenir des Etats-généraux et un plan marshal pour pouvoir la remettre sur les rails sur une certaine durée.

Une école ne peut pas être l’affaire d’un groupe d’hommes : c’est l’affaire d’une nation. Et il y a urgence à écarter ceux qui viennent pour se faire de l’argent, non pour travailler à l’émergence de cette école.
Un conseil précieux…

Par Waz-Za

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