La renaissance et ses partisans : Les initiés du pillage des ressources publiques

Beaucoup d’observateurs de la scène nationale nigérienne s’accordent à dire aujourd’hui que les proches du pouvoir se sont fortement enrichis, et de manière insolente et vertigineuse, depuis leur arrivée au pouvoir en 2011. Au point où certains de ces ploutocrates ont commencé à faire la Une de journaux étrangers à grands tirages. Mais, ce n’est pas une révélation fracassante pour la majorité des nigériens qui voient ces bénis de la République payer, à tour de bras, chaque jour que Dieu fait, des terrains de plusieurs dizaines sinon de centaines de millions, bâtir des immeubles de plusieurs niveaux dans les quartiers huppés de la capitale qu’ils louent à prix d’or aux différents services de l’Etat pendant que le patrimoine de l’Etat regorge de locaux qui moisissent faute d’occupant. Avec, en sus, shopping pour les épouses dans les grandes métropoles occidentales et les progénitures qui, en attendant d’avoir l’âge d’occuper de postes juteux à eux réservés, se font payer de colossaux frais d’études dans des Universités dites de référence qui se contentent de leur administrer un enseignement tropicalisé fourretout. Qui l’aurait cru de ces marxistes léninistes, admirateurs de Staline devant l’Eternel, il y a seulement 10 ans ? Aux yeux de tous les nigériens, les grandes gueules du parti dit socialiste se sont longtemps fait passer pour de vrais socialistes, soucieux de la justice sociale, des règles de l’Etat et de la démocratie. Et conséquemment d’une juste redistribution des richesses nationales produites pour le bien-être collectif et individuel. Ils ont durant, toute leur opposition théorique, pendant laquelle tous leurs droits ont été reconnus par les régimes en place, revendiqué le respect des lois de la Républiques. Pour ces raisons,

Mahamadou Issoufou et ses camarades marxistes léninistes ont, à toutes les occasions, exigé dans leurs déclarations, autres JID et JAD, la bonne gouvernance et l’efficacité de la dépense publique. Ces exigences étaient reprises comme un refrain à chaque circonstance.

La bonne gouvernance et l’efficacité de la dépense publique, sont aujourd’hui tombées dans l’oubli, totalement extirpées des discours des opposants d’hier, aujourd’hui au pouvoir. Car depuis 2011, beaucoup d’eau a coulé sous le pont. Les socialistes renaissants sont au pouvoir, incapables de résister aux tentations, surtout la tentation de l’abus de pouvoir ainsi que celle de l’argent. A la première heure, les renaissants se sont très tôt révélés les champions du mépris pour les lois et règlements de la République, ne les invoquant que quand ça les arrange. Généralement pour embastiller des opposants, des acteurs de la société civile, des journalistes, ou pour interdire une manifestation publique. Sous la Renaissance, la prison est devenue la règle, la liberté l’exception. Pour un oui ou pour un non, c’est l’enfermement. Pendant que l’impunité totale est accordée à ceux qui les soutiennent. Ces derniers peuvent tout se permettre : insulter, calomnier, détourner, avec un oeil bienveillant de ceux qui nous gouvernent pourvu qu’ils chantent les louanges, la grandeur et la beauté de la Renaissance. Face à l’argent, nos marxistes léninistes, hier prétendant vivre une vie de moine, ne résistent guère. Le dicton « l’occasion fait le larron » trouve ici toute sa véracité. Tous les moyens sont bons pour s’en mettre plein les poches. Travail fictif payé sur le dos du contribuable, surfacturations, spoliation des ressources nationales, abandon de la souveraineté nationale au profit d’intérêts étrangers moyennant des dividendes, mise en péril des intérêts du pays à travers des éléphants blancs comme Gorou Banda et les barres de fer de Bolloré, endettement vertigineux et irréfléchi du pays en échange de fortes commissions… C’est ainsi qu’en lieu et place d’une bonne gouvernance et d’une juste redistribution des richesses nationales, les renaissants ont creusé un fossé incommensurable entre le peuple et eux. D’une vie monacale, ils mènent une existence de châtelains avec de l’argent d’une origine fort douteuse. Pendant que le peuple croupit dans la misère, les services sociaux de base en lambeaux, puisque l’amateurisme et la mauvaise gouvernance, sur fond d’insécurité de plus en plus grandissante, sont devenus les règles de gestion. Leurs points communs aux guristes, c’est le goût prononcé pour l’argent, généralement mal acquis. Un bien mal acquis, dit-on, qui ne profite jamais. Les professions de fois, les belles envolées lyriques d’antan, ainsi que les formules toutes faites de la période où ils étaient à l’opposition n’ont été que des moyens pour escroquer la conscience populaire, accéder au pouvoir d’Etat afin de jouir des ors de la République sans contrepartie aucune. C’est ça que les nigériens ont compris et dénoncent. Ils dénoncent parce qu’il est question des ressources publiques gérées de manière opaque. Ils dénoncent parce que la Constitution les y autorise. Peu leur chaut que ces dénonciations énervent les auteurs de ces forfaits. Et ce jusqu’à ce que ça cesse et que justice soit faite.

Bisso

 

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