Situation de bicéphalisme au sommet de l’Etat : Mohamed Bazoum, complice ou victime ?

Un peu plus d’un an après l’investiture de Mohamed Bazoum comme nouveau Président de la République, les Nigériens ont toujours le sentiment que l’ancien président Issoufou continue à faire de l’ombre à son successeur. En termes clairs, ils ont comme l’impression que le Niger a deux présidents, au regard du comportement de l’ancien qui refuse de s’effacer et laisser le nouveau exercer la plénitude de ses fonctions. Il y a eu beaucoup des faits qui confortent les Nigériens qui pensent cela. A de nombreuses rencontres où Mohamed Bazoum a représenté le Niger, Issoufou Mahamadou s’était affiché de manière à gêner la présence de son successeur. Même s’il a été invité à titre privé à ces rencontres, l’homme pouvait passer inaperçu et laisser son successeur s’affirmer comme le nouveau représentant légal du Niger à tous les grands foras internationaux. Au niveau national, pendant des mois, c’était des éléments de la Garde présidentielle qui assuraient la garde de l’ancien président Issoufou Mahamadou, alors qu’aucun ancien président n’a eu ce privilège. Mais c’est surtout la visite récemment effectuée par Issoufou Mahamadou dans la région de Maradi qui a convaincu même les plus sceptiques que l’ex-président continue de peser dans la gestion du pouvoir. Accompagné par des officiels, dont au moins un ministre, l’homme a été accueilli comme une personnalité assumant des hautes fonctions de l’Etat, avec la présence à l’aéroport de Maradi de tous les officiels régionaux. Si un tel accueil avait été réservé à l’ancien président de la République Mahamane ou même à l’ancien Chef d’Etat Salou Djibo, le Gouverneur et tous les responsables régionaux, des forces de défense et de sécurité allaient être limogés de leurs postes et peut-être mêmes convoqués à Niamey pour être interrogés sur les liens qu’ils pourraient avoir avec l’une ou l’autre des deux personnalités.

Le président Mohamed Bazoum suit sans doute avec tous les Nigériens tous ces actes que pose son mentor. La question que bon nombre d’observateurs se posent est de savoir s’il est d’accord avec ces actes, autrement il en est complice ou bien s’il les digère mal, auquel cas il en est victime. Selon l’avocat nigérien Maître Bachir basé en France, Mohamed Bazoum est dans la deuxième situation. «Outre l’indépendance de la justice, il y a une nécessité absolue pour les Nigériens de veiller à garantir l’indépendance du président de la République afin de protéger ce qu’il reste de l’honorabilité de la fonction. Rien ne peut justifier qu’un ancien chef de l’Etat mobilise, dans le cadre d’un déplacement privé, tout un gouvernement gracieusement payé par le contribuable pour travailler au développement de ce pays», at- il écrit sur sa page Facebook au lendemain du déplacement de l’ex-président Issoufou dans la région de Maradi ?

Salifou Hamidou

 

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