Gouvernance / Hama Amadou : quelle place dans la République ?

Le Niger traverse les moments les plus incertains de son histoire. En dix années de brutalités socialistes, Issoufou Mahamadou en a fait une poudrière, dressant partout des ruines : l’économie, l’école, la démocratie, la sécurité, la cohésion nationale, l’intégrité du territoire sont, toutes en ruine. Mais l’homme, ivre de grandeur, voudrait qu’on chante ce désastre de son règne pour faire croire qu’il serait le dirigeant le plus brillant de la terre, en tout celui que le Niger n’ait jamais connu. On sait avec quelle haine, mettant à ses trousses une presse à gage, l’homme s’est employé, en vain, à détruire l’image et la carrière de Hama Amadou, l’homme qui lui fit pourtant le bien de découvrir les ors du pouvoir en 2011 alors qu’il désespérait de sa carrière. Sa campagne de diabolisation mêlée de harcèlements judiciaires, ayant conduit, dans des conditions les plus rocambolesques, sa déchéance civique grotesque qui le prive injustement de compétitions électorales, lorsque par un jeu électoral sain, l’on a la conviction qu’on ne peut le battre. Quoi qu’on ait dit, l’homme n’aura jamais été le diable pour lequel on s’évertuait à le faire passer. Ainsi, a défaut de sa propre personne, et refusant de conduire son pays à des situations dramatiques vers lesquelles les intolérances et les extrémismes de ses adversaires poussaient le pays, il fit le choix raisonné, à la surprise générale, de soutenir un homme politique dont l’étoile politique était en berne. Et à la surprise générale, l’homme que l’on a cru définitivement éteint, renaissait de ses cendres, disputant dignement le fauteuil présidentiel à des hommes qui pouvaient user autant d’argent que de pouvoir, pour finalement choisir le braquage du scrutin pour s’en tirer à « mauvais compte ».

Mais depuis plus d’un an, Issoufou Mahamadou a quitté le pouvoir, laissant derrière lui un pays qui va mal. Et Bazoum pouvait comprendre qu’en jouant à la complicité avec son successeur et avec ses rancunes, jamais, il ne pourra avoir de bilan, jamais il ne pourra sortir le pays du gouffre dans lequel le plongeait le socialisme contrefait d’Issoufou. Hama Amadou n’a jamais rien aimé que son pays et toujours, il a mis en avant de tout le Niger, disant, pour croire à son destin, qu’il ne peut le forcer quand il ne peut le contrarier si celui-ci devrait le porter aux sommets auxquels il aspire. Aujourd’hui, les Nigériens ont fini par reconnaitre sa place, comprenant qu’il n’a été victime que de jalousies politiques déraisonnées, de haines irascibles, de méchancetés gratuites. Tous s’accordent à reconnaitre sa place dans la démocratie et notamment pour sauver un pays qui va à vau-l’eau. L’ancien président, Ibrahim Baré Mainassara, pouvait dire à une époque où il cherchait son assise politique que s’il a Hama Amadou, il ne pouvait avoir de personne, quand, peut-on s’en rappeler, Kountché fit de lui, de l’énarque son homme de main. Aussi, Feu Issoufou Bachar, tout adversaire qu’il était, pouvait s’en départir, pour reconnaitre, quelques temps avant son décès que Hama n’est que la bête noire d’une classe politique ne sait pas se faire confiance pour croire en elle-même, se battant à le jalouser à tort quand, fait-il remarquer, il reste le meilleur de tous, ne voyant même pas un deuxième s’il fallait classer les hommes de l’écurie politique.

Aujourd’hui, c’est au sein du pouvoir et notamment de la presse acquise au nouveau système que l’on voit des hommes, hier pourtant très critiques à l’égard de l’autorité morale du Moden Fa Lumana, détesté sans raison et sans façon, qui reconnaissent sa valeur, et le rôle important que son parti peut faire à stabiliser le pays, à ramener la paix et surtout à ressouder un peuple gravement divisé par le socialisme de contrebande qu’Issoufou portait au Niger. Ces lucidités nouvelles, sont-elles, le fait d’un mea-culpa, d’un réveil tardif de consciences égarées, portées par la méchanceté ?

Le Niger, lui, ne demande pas mieux. Il faut espérer que le nouveau pouvoir tienne le bon bout de ses ambitions pour le pays et que les faucons ne triomphent pas pour le dévier de sa nouvelle trajectoire.

Hamani Garba 

 

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