Manipulations politico-syndicales à la DGI Vers un SNAI fantoche et une remise en cause des acquis des agents des impôts

Comme  vous le savez, un simulacre de congrès extraordinaire du Syndicat National des Agents des Impôts (SNAI) s’est tenu ce dimanche 17 juillet à Niamey alors qu’il devait s’étaler sur deux jours. Un ‘’congrès’’ financé sur des fonds publics et au cours duquel les membres du ‘’nouveau Bureau exécutif national’’ ont été choisis et imposés par l’Administration des impôts. Cette intrigue a vu la participation des directeurs centraux et chefs de divisions de la Direction Générale des Impôts (DGI) et des membres du BEN/CDTN qui étaient plus nombreux que les militants de base du SNAI. Tout est parti d’un message du Secrétaire général d’un Ministère, présenté comme un parent du président Mohamed Bazoum, au Directeur général des impôts dans lequel le SG légitime du SNAI, Moussa Oumarou, était présenté comme un ‘’homme à abattre’’. Or ce dernier est connu de tous comme n’ayant pas de coloration politique, mais il a des amis aussi bien au sein des partis de la majorité présidentielle que de l’opposition. C’est le cas d’Issa Kanga, un militant connu du Moden – FA Lumana Africa. Lui-même ancien SG du SNAI, Issa Kanga a toujours apporté son soutien syndical à Moussa Oumarou, comme ce fut le cas lors du congrès avorté du SNAI de mai dernier à Tahoua où Kanga avait battu campagne pour le SG sortant. Ce soutien a suffi à faire de Moussa Oumarou un ‘’militant’’ de Lumana. Ses détracteurs ont laissé entendre que le SNAI serait sur le point d’être contrôlé par le parti Lumana. Moussa Oumarou dirige le SNAI depuis 18 ans. Pourquoi c’est maintenant seulement au PNDS et à la CDTN qu’on s’est rendu compte qu’il serait un lumaniste ?

Depuis le congrès avorté de Tahoua, et alors qu’un congrès extraordinaire est prévu pour le mois de septembre prochain, Moussa Oumarou était donc devenu l’homme à abattre. Pour ce faire, la CDTN, centrale syndicale à laquelle le SNAI était affilié, a été mise à contribution. Certains membres du BEN/ CDTN ne se sont pas fait prier, voyant en Moussa Oumarou un redoutable adversaire pour le poste de secrétaire général de ladite centrale syndicale. Il existait dès lors un climat syndical délétère entre le SNAI et la CDTN. En cause, le parti pris de la centrale syndicale dans les préparatifs du 10e congrès du SNAI de Tahoua. Initialement, ce congrès devait se tenir à Tillabéri, mais pour des raisons de sécurité, il a été délocalisé à Tahoua. Une décision que la section SNAI de Tillabéri a fortement contestée. Rapidement, les sections de Tillabéri, Maradi, Dosso, Zinder et Diffa sont embarquées dans la cabale contre le BEN/SNAI légal et légitime. Le 02 juin 2022, les SG de ces sections ont été reçus en grande pompe au siège de la CDTN sans que le BEN/SNAI n’ait été informé. Quand par la suite des bonnes volontés ont appelé à des négociations pour sauver le SNAI, leur appel a été purement et simplement rejeté par les frondeurs. L’article 12 des statuts du SNAI dispose : « Un Congrès extraordinaire peut être convoqué sur décision du BEN, du Conseil syndical ou à la demande des trois-quarts (.) des sections. Dans ce cas, le Congrès doit se tenir dans un délai d’un mois à partir de la date de la décision ou de la demande. Le Congrès ne délibère que sur l’ordre du jour pour lequel il est convoqué ». Or le congrès du dimanche 17 juillet n’a pas satisfait à ces exigences. C’est donc un BEN illégal et illégitime qui a été mis en place, sur instructions. Il a à sa tête un certain Mahaman Falalou Mouctari, agent technique de son état (catégorie C1) qui doit bientôt retourner à l’ENA pour 2 ans et sortir contrôleur des impôts. Comment compte-til concilier les études et les activités syndicales ?

Avec la mise en place d’un BEN/SNAI aux ordres de l’Administration fiscale, donc du pouvoir politique, les agents des impôts devraient se faire du souci pour leurs acquis. En effet, depuis son arrivée au pouvoir, en 2011, le PNDS – Tarayya a toujours voulu remettre en cause les acquis des travailleurs du fisc, notamment les ristournes qu’il jugeait exorbitantes.

Affaire à suivre…

M.D. 

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