Conférence régionale sur la gouvernance migratoire et de la migration en transit en Afrique de l’Ouest et du Centre : Echanges sur les défis communs en matière de gouvernance migratoire

Une conférence régionale sur la gouvernance migratoire et de la migration en transit en Afrique de l’ouest et du centre a ouvert ses travaux, hier matin à Niamey. Organisée par l’Organisation Internationale pour la Migration (OIM), en collaboration avec le Ministère danois des Affaires Etrangères et l’Ambassade du Royaume du Danemark, cette conférence a pour objectif d’identifier et de discuter des principaux défis communs en matière de gouvernance migratoire et de la migration en transit en Afrique de l’ouest et du centre et de dégager des recommandations pour relever ces défis. Durant les deux jours que dureront les travaux, des panels, des projections documentaires, des échanges, des points d’action et des recommandations seront au menu de cette rencontre de Niamey.

Pour le Chef de Mission de l’OIM Mali, M. Pascal Keyntjens André, cette conférence permettra aux participants de formuler des recommandations ou des actions communes dans le domaine transversal de la migration. «Cet objectif est en parfaite adéquation avec le Pacte Mondial sur les migrations sûres, ordonnées et régulières, qui appelle les Etats à renforcer la coopération internationale et les partenariats mondiaux pour des migrations sûres, ordonnées et régulières. Il est également en cohérence avec les ODD, dont la cible 10.7 est de faciliter la migration et la mobilité, de façon ordonnée, sans danger, régulière et responsable notamment par la mise en œuvre de politique de migration planifiée et bien gérée», a précisé M. Keyntjens.

Il a souligné que dans le cadre du programme d’aide au retour volontaire et à la réintégration, (AVRR), l’OIM apporte une aide humanitaire aux migrants bloqués dans la région, y compris ceux qui ont besoin d’aide pour retourner et se réintégrer dans leurs pays d’origine et collabore avec une dizaine de pays de la sous-région en ce sens. «Au Niger, entre 2016 et 2021, l’OIM a aidé 65.000 migrants-ressortissants de pays tiers). Il faut noter que le Niger et le Mali sont à la fois des pays de départ et de destination ainsi que des pays de transit importants pour les migrants subsahariens de la CEDEAO et de certains pays de la CEMAC, qui traversent le territoire dans le but d’atteindre l’Afrique du nord, notamment l’Algérie, la Libye et éventuellement l’Europe», a-t-il indiqué.

M. Keyntjens a aussi souligné que, la Libye et l’Algérie sont restées les pays de destination préférés de ces migrants. Selon un rapport de l’OIM, entre 2016 et 2019, les migrants étaient plus enclins à se rendre en Libye en 2016 qu’en 2019, tandis que de nombreux ont tendance à se rendre davantage en Algérie en 2019. En outre, plus de 80% des migrants ont cité des raisons économiques pour leur migration, c’est-à-dire soit pour chercher un emploi, soit pour échapper à la pauvreté, soit pour chercher un emploi mieux rémunéré.

Le Directeur Général de l’état civil, des migrations et des réfugiés, M. Ibrahim Malangoni, a noté que de nombreux migrants d’Afrique de l’ouest et du centre, transitent par le Niger, dans le but de se rendre en Afrique du nord ou en Europe. «Les routes empruntées par ces migrants sont parfois très dangereuses. Certains de ces migrants y ont perdu la vie. C’est pourquoi, très tôt le Niger a pris des dispositions, à travers notamment l’adoption de la loi 036 de 2015, contre le trafic illicite des migrants au Niger, qui a fait ses preuves», a déclaré M. Malangoni. Cette loi, qui vise particulièrement à protéger les migrants, contre les individus mal intentionnés, qui prennent de l’argent auprès des migrants et leurs promettent de les aider pour se rendre en Afrique du nord, puis finalement les abandonnent, pour la plupart, en chemin, avec des conséquences connues par tous.

M. Malangoni de notifier qu’en collaboration avec le gouvernement du Niger, l’OIM mène des missions de recherche et de sauvetage pour sauver certains de ces migrants abandonnés. Il a ajouté que les migrants bloqués au Niger et qui souhaitent retourner dans leurs pays d’origine, sont également assistés, par l’OIM à travers son programme de retour volontaire et à la réintégration (AVRR). M. Ibrahim Malangoni, a saisi l’occasion pour féliciter et remercier l’OIM pour ses actions humanitaires qu’elle ne cesse de faire aux profits des migrants bloqués au Niger. Il a ensuite noté que depuis la signature du pacte sur la migration, le Niger a fait beaucoup d’efforts par rapport à l’atteinte des objectifs dudit pacte. «Parmi ceux-ci l’élaboration de la Politique Nationale de la Migration 2020-2035 avec son Plan d’Action Quinquennal. C’est ce document qui servira de boussole au gouvernement et à ses partenaires dans le domaine de la migration. Il y a aussi la mise en place du comité de pilotage de la mise en œuvre de ladite politique ainsi que des commissions thématiques, qui ont déjà commencé à travailler», a-t-il déclaré.

Enfin, le Directeur général de l’état civil s’est dit rassuré que, la bonne mise en œuvre de cette politique contribuera à une bonne gouvernance de la migration, aussi bien au niveau national, régional qu’international. Notons que 17 pays africains sont concernés par ladite conférence dont: Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée Conakry, Libéria, Mali, Niger, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone, Tchad, Togo, République Centrafricaine et le Soudan.

Mahamadou Diallo(onep)
Source : http://www.lesahel.org/

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