Déclaration de la coordination de la société civile d’Arlit suite aux licenciements des travailleurs annoncés par AREVA dans ces filiales et son refus de payer ses impôts au Niger

Arlit, le 14 octobre 2017
La coordination de la société civile d’Arlit a examiné la situation sociale et économique suite aux décisions du groupe AREVA de licenciement des travailleurs dans ces filiales et son refus de payer ses impôts au Niger, et fait la déclaration suivante :

Depuis 2014 le Niger a signé un accord avec le groupe AREVA sur l’exploitation de l’uranium au Niger dit « accord stratégique » ou accord « gagnant- gagnant ». Dans cet accord trois points paraissent être une avancée significative qui met fin au pillage au Niger de cette ressource naturelle qu’est l’uranium par la France à travers le groupe AREVA : il s’agit de l’application du code minier ou loi minière du Niger de 2006, l’exploitation du gisement d’Imouraren, la nomination des directeurs généraux nigériens à la tête des deux filiales au Niger. Les nigériens pensaient avoir atteint le bout du tunnel et que la prédation de ce groupe Français commençait à avoir des solutions durables. Hélas, c’était sans compter avec l’esprit rancunier et revanchard caché derrière les accords « Stratégiques » et que notre pays va payer très cher sa résistance et son entêtement à gagner, et c’est ainsi que les mesures de punitions et rétorsions ont commencé à être mises en œuvre par le groupe AREVA :

1) Le gisement d’Imouraren selon AREVA n’a aucune valeur et son exploitation n’est même pas envisageable dans l’avenir mais il reste quand même la propriété d’AREVA, mais le Niger encaisse la mise en chômage de presque un millier des travailleurs.

2) Le code minier ou loi minière du Niger de 2006 ne s’applique pas au groupe et à ses filiales au Niger parce qu’il y a des conventions antérieures plus profitable pour AREVA qui ont une durée de vie de 99 ans notamment la neutralisation de la TVA. S’en est donc fini avec cette indépendance que nous croyons avoir eu depuis 57 ans. Pour couronner le tout, les filiales d’AREVA au Niger, refusent de payer l’impôt (cas de la taxe professionnelle) qu’elles ont payé pendant que les directeurs généraux étaient Français.

3) Dès 2015, à la nomination du premier directeur général nigérien à la tête d’une des filiales, on lui met sur les bras la sale besogne de licencier au moins 150 agents et l’affranchissement de 200 sous-traitants. En 2017, AREVA vient de mettre sur les mêmes bras le licenciement de 200 agents sur les 916, l’affranchissement de 500 sous-traitants sur les 1450 à la SOMAIR et environ 400 autres agents et sous-traitants à la COMINAK. On note que les sous-traitants sont des « esclaves d’AREVA » qui ont des « salaires » de 92 euros par mois et ne bénéficiant d’aucun avantage (logement, eau, électricité, soins médicaux, assurance etc.). Nos Nigériens nommés directeurs généraux n’ont d’autres horizons que l’échec.

4) La baisse de prix de vente de l’uranium nigérien d’environ 73 000 FCFA à 50 000 FCFA et la chute continue vers 20 000 FCFA sous le prétexte de l’accident de Fukushima mais que l’ autre prétexte de la guerre nucléaire entre les Etats-Unis et la Corée du nord et la mise en exploitation par AREVA des gisements d’uranium en Mongolie, n’a pas permis de rendre l’uranium plus stratégique. Pour tout verrouiller, la SOPAMIN (société de patrimoine des mines du Niger) équivalent d’ AREVA façon Niger, a vu toutes les portes de vente d’uranium lui être fermée donc mise dans l’incapacité de vendre un gramme d’uranium dans le monde entier et la part d’uranium nigérien reste entassée sur le lieu de production.

Voilà donc la bombe à retardement qu’AREVA a mis entre les mains des Nigériens après avoir pillé, détruit l’environnement, provoqué probablement la maladie et la mort des centaines de travailleurs suite à leur irradiation, entassé plus de 50 millions de tonnes de résidus radioactifs à Arlit, qui ont une durée de vie des milliards d’années, acheté, vendu et encaissé la valeur de 150 000 tonnes d’uranium nigérien pendant un demi-siècle.

Face à cette attitude et à la volonté d’AREVA de fermer les mines du Niger en dépit de cette pression de l’Europe sur le Niger pour freiner la migration en créant des chômeurs dans la région d’Agadez et face à la recrudescence du terrorisme qui se nourrit de ce chômage et de la pauvreté, la coordination de la société civile d’Arlit estime que la légitime défense reste la seule issue qui est accordée aux Nigériens et demande :

  • Au gouvernement du Niger : d’envisager des mesures de rétorsions notamment l’interdiction de toute sortie d’uranium nouveau et l’obligation pour AREVA d’acheter en priorité au prix à convenir avec la SOPAMIN toute la part d’uranium que cette dernière n’as pas pu vendre ; la confiscation immédiate du gisement d’Imouraren et le maintien unilatéral des prix du kilo d’uranium à 73 000 FCFA que nous estimons d’ailleurs à 195 500 FCFA ; d’exiger à la France un réaménagement des sites miniers des filiales d’AREVA au Niger.
  • A AREVA la suspension tout plan social visant à mettre des travailleurs en chômage en compensation du demi-siècle de profit réalisé ; la cessation de l’incivisme fiscal au Niger notamment le payement immédiat et sans condition de la taxe professionnelle ; la transparence dans la gestion de cette quantité d’uranium mise de côté chaque année depuis 2014 et stockée en France pour servir au réaménagement des sites miniers du Niger à la fin de l’exploitation.
  • Apportons notre soutien sans faille au conseil municipal d’Arlit victime de l’incivisme fiscal d’AREVA.
  • Aux populations nigériennes notamment celle d’Arlit de sortir massivement dès le lancement du mot d’ordre pour marcher et exprimer pacifiquement leur colère et leur refus de toutes les mesures envisagées ou mises en œuvre par le groupe AREVA.         

 La coordination de la société civile d’Arlit

18 octobre 2017
Source : La Nation

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