Lutte contre le terrorisme : le sens de l’ultimatum du gouverneur de la région de Diffa

Lutte contre le terrorisme  : le sens de l’ultimatum du gouverneur de la région de DiffaLe gouverneur de la région de Diffa, Mahaman Laouali Dandano, a lancé le dimanche dernier un appel aux élé- ments nigériens du groupe terroriste Boko Haram, afin que ceux-ci déposent les armes et reviennent au bercail. Un appel qui est intervenu lors de la visite menée par le gouverneur au niveau d’un camp d’internement de repentis ou sont encadrés 160 exterroristes qui se sont rendus aux autorités depuis décembre 2016, depuis la première vague de 30 combattants. L’appel du gouverneur est assorti d’un ultimatum clair à l’endroit de certains de nos compatriotes égarés qui sont encore dans les rangs d’un groupe terroriste en perte de vitesse, et qui ont jusqu’au 31 décembre pour prendre la main tendue des autorités régionales. Passé ce délai, a prévenu le gouverneur, les éléments nigériens qui voudront se rendre, ne seront pas considérés comme repentis.

Cet ultimatum du gouverneur de la région de Diffa vise à accélérer le processus de retour de certains de nos compatriotes qui ont malheureusement décidé de prêter allégeance à un groupe terroriste qui a semé la mort et la désolation au Nigeria et au Niger, et qui malgré la perte de vitesse sur terrain, garde une certaine capacité de nuisance. Un processus assez lent car depuis décembre 2016 à aujourd’hui, seuls 160 combattants ont pris la main tendue des autorités nigériennes, ce qui constitue selon certaines sources, une goutte d’eau dans l’océan de nigériens originaires de la région, qui sont partis prendre les armes aux cotés de Abubakar Shekau.

L’appel du gouverneur rentre dans la droite ligne des appels incessants du Président de la République à l’endroit des nigériens qui sont dans les rangs du groupe terroriste afin que ceux vi viennent participer à la construction du pays, au lieu de chercher à le détruite.

L’avantage dont va bénéficier un repenti sera sans commune mesure, en raison d’un processus de pardon et de réinsertion social qu’il implique, et qui peut permettre de donner un second sens à la vie des nigériens éléments de Boko Haram.

Il faut dire que le moment choisi par le gouverneur pour promouvoir la repentance, n’est pas fortuit. En effet, outre le fait que sur le plan militaire, le groupe terroriste n’a plus les capacités en raison des actions conjuguées des forces nigérianes, nigériennes, tchadiennes et camerounaises, la région de Diffa est en train de reprendre vie et couleurs en raison du retour visible d’une certaine sécurité. Au point où, le commerce de poivron qui était interdit depuis le début de la mise en place de l’état d’urgence, a finalement été autorisé dans certaines localités. Il reste désormais aux nigériens membres de la secte Boko haram de saisir cette occasion « en or », offerte par le gouverneur de la région, pour marquer leur désir de se reconstruire, et participer au développement du pays.

Garé Amadou

20 octobre 2017
Source : Le Républicain

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