Provocation tous azimuts du parti au pouvoir : Sur quoi compte le PNDS-Tarayya ?

Declaration Pnds 22 03 17« Trop c’est trop ! » c’est la réponse donné par le parti locomoteur de la majorité présidentielle à la dernière sortie médiatique de son répondant de l’opposition. Ainsi, au lieu de parler à abaisser la tension qui monte sur le front politique, le parti au pouvoir jette de l’huile sur le feu. Comme pour dire qu’aucune concession n’est à espérer de lui, le parti rose va au-delà de ce que son adversaire a dit suite à la condamnation qualifiée « d’expéditive » de leur leader par ses avocats. En qualifiant le MODEN FA Lumana de « secte », le PNDS sort carrément du terrain politique et démocratique pour s’enfoncer dans les méandres de la subjectivité. Si ce comportement,on ne peut plus déplorable venant d’un régnant, ne concernait que le parti de Hama Amadou, cela serait presque tolérable. Compte tenu de l’animosité que le pouvoir rumine contre ce dernier et sa famille politique, sa famille, tout court. Mais quand on se rappelle que Massoudou Hassoumi Secrétaire général du PNDS-Tarayya qualifie des médias indépendants « d’ennemis »à abattre donc ; que plus tard son président de parti Bazoum Mohamed « fabrique » un mot pour tout juste désigner des officiers militaires comme étant des « officiers ethnicistes » et que par la suite le même Bazoum revienne traiter le statut juridique des contractuels de « précaire » leur reniant dans la foulée le droit de grève ; quand le parti au pouvoir dans son ensemble qualifie une société étrangère d’escroc sans se soucier d’être poursuivie pour diffamation ; quand les acteurs de la société civile sont traités de tous les noms d’oiseaux au nom de leur opposition à la mauvaise gouvernance du pays ; on est bien en droit de se demander la nature des garanties dont disposerait le parti au pouvoir pour provoquer presque toutes les couches socioprofessionnelles du pays.

Si l’on ajoute à cela la manière insultante avec laquelle le président Issoufou à arracher sa réélection, c’est tout le peuple nigérien qui fait l’objet de provocation. Sur quoi compte véritablement le PNDS ? Sur son écrasante majorité d’une soixante de partis politiques ? Pas évident puisque des sources proches de la MRN (Mouvance pour la renaissance du Niger) indiquent que la déclaration susmentionnée avait fait l’objet de discussion au sein de la majorité. Sur les partis politiques présents à cette rencontre, trois se sont opposés à assumer de tels propos. N’ayant pas obtenu l’aval de tout le monde, le PNDS-Tarayya s’est vu obligé de faire sa déclaration-provocation en son nom propre à défaut du sceau de la MRN. Les mêmes sources précisent l’abstention de l’APR du fameux Haut Représentant du président de la République, en l’occurrence le président du MNSD-Nassara Seïni Oumarou. Lequel n’aurait pipé mot pour exprimer ou son adhésion à l’idée ou son opposition à assumer une déclaration aussi haineuse. Ce qui dénote de le niveau extrêmement bas dans lequel est tombé le MNSD-Nassara qui avait pourtant géré le Niger pendant une décennie. C’est fou ce qu’on peut être grand et redevenir tout petit dans ce Niger. Difficilement compréhensible.

Ainsi, même sans l’aval de ses alliés de gré ou de force – Dieu sait qu’il y en a de tous genres au sein de la majorité–le PNDS-Tarayya est prêt à faire cavalier seul dans ses provocations contre des Nigériens dont le seul tort est de ne pas voir la gestion des affaires publiques avec des lunettes roses. Mais alors, retour à la question de départ : sur quoi compte le PNDS-Tarayya pour être si enflammant ? La seule réponse plausible reste : la force publique. C’est elle que le parti au pouvoir utilise pour embastiller et faire chanter qui il veut, disperser toute manifestation n’ayant pas sa bénédiction et se maintenir au pouvoir contre le gré des populations. Seulement, la force publique peut-elle être une garantie indéfinie ? Evidemment non ! Elle avait appartenue à feu le président Baré et à Tandja Mamadou qui, l’avaient tous deux, usée et abusée pour sévir contre leur peuple mais en fin de comptes la force publique leur a échappé. Et si pour le cas de Tandja, on peut dire qu’il a laissé une marge de manœuvre lui permettant aujourd’hui de vivre sa paisible retraite politique, les provocateurs du PNDS ne semblent pas avoir la même vision. Ils sont comme convaincus que la force publique sera toujours avec eux que ce soit Issoufou Mahamadou qui reviendrait en 2021 ou un autre. Qui qu’il soit, il sortira de leurs rangs donc aucun souci à se faire. Leur expérience récente ayant déjà prouvé qu’on peut rester au pouvoir même si l’on est mal-aimé des électeurs. Il faut juste savoir, manipulé quelques « trucs ». C’est vraisemblablement ce qui explique cette désinvolture tant dans la gouvernance que dans les rapports sociopolitiques du parti rose avec le reste du pays.

Ibrahim A. YERO

28 mars 2017
Source : Le Canard en Furie

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