Échauffourées entre scolaires et forces de l’ordre : Le comble de la barbarie

Les échauffourées ayant opposé les scolaires de Niamey et les forces de l’ordre, le lundi 10 avril dernier, sont une preuve irréfutable que le Niger a encore du chemin à faire pour disposer d’une police en phase avec les normes modernes de maintien de l’ordre. Alors que l’Union des scolaires nigériens (USN) a bel et bien dit que les manifestations de ses militants étaient pacifiques, on a assisté à un déploiement de violence inexplicable de la part des éléments des forces de défense et de sécurité (FDS), principalement ceux de la police. Des scolaires qui n’avaient que leurs slogans à la bouche ont été violemment gazés, matraqués et kidnappés pour être jetés comme des objets dans les véhicules pick-up. Dans leur zèle à traumatiser les manifestants, certains éléments des FDS n’ont pas de la gêne à jeter des grenades lacrymogènes dans des domiciles privés et même dans des centres de santé se trouvant sur le passage des manifestants. Tout comme lors de la répression des manifestations anti-Charlie qui, elles au moins, ont été violentes, les journalistes ont, le 10 avril dernier aussi, été la cible de certains policiers zélés qui ont peut-être reçu des consignes pour agir comme ils l’ont fait. Ainsi, sur des images diffusées par les chaines de télévisions privées, on a vu un journaliste du groupe de presse CANAL 3-NIGER se faire prendre le col par des jeunes policiers qui voulaient lui faire sa fête, n’eut été l’intervention de ses collègues.

Dans quel pays sommes-nous vraiment pour que du seul fait qu’ils soient porteurs d’uniformes militaires certains citoyens pensent avoir le droit de vie et de mort sur les autres citoyens ? Ces jeunes éléments des FDS qui exultent à aller gazer et matraquer des manifestants ignorent-ils que le droit de manifestation est garanti par la Constitution et que cette même Constitution a dit que «nul n’est tenu d’exécuter un ordre manifestement illégal» ? Savent-ils seulement, ces jeunes policiers, gardes et gendarmes, qu’ils peuvent être seuls devant un juge pour répondre de leurs actes, si jamais ils venaient à se rendre coupables d’actes de torture ou même d’homicide sur des manifestants ? Il est tout simplement constipant de constater que toutes les scènes de violence qui s’abattent ces derniers années sur les scolaires ont lieu sous le régime de ces hommes et femmes qui ont failli manger la chair de Feu Président Ali Seybou à cause des événements du 9 février 1990 au cours desquels les forces de l’ordre avaient tué les scolaires Abdou Maman Saguir, Alio Nahantchi et Issaka Kaïné. 

13 avril 2017 
Source : Le Monde d'Aujourd'hui 

 

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