Gestion de la situation générale du pays : Les Guristes essoufflés

C’est aujourd’hui un secret de polichinelle que la situation générale du Niger est plus qu’inquiétante, tant sur les plans politique, économique que social. Alors que tous les signaux sont presque au rouge, les tenants du pouvoir, qui ont la responsabilité d’apporter des solutions idoines aux différentes préoccupations, semblent naviguer à vue, apparemment essoufflés. 

Même s’ils font semblant de montrer aux Nigériens que le «braquage électoral» qu’ils ont opéré aux dernières élections est accepté par la Communauté internationale, les Guristes savent eux-mêmes que depuis ces élections le Niger est de moins en moins fréquentable sur le plan international. A part les Chinois qui profitent sans doute de la situation pour élargir le champ de leur business et des pays comme la France, l’Italie et l’Allemagne, qui sont plus préoccupés par la lutte contre l’immigration des jeunes africains qui transitent par le Niger, on ne sent pas une grande affluence des investisseurs étrangers depuis l’élection présidentielle de mars 2016 où le Président Issoufou était seul face aux électeurs, alors que son challenger Hama Amadou était gardé en prison.

Pour sans doute respecter certains usages diplomatiques, les pays qui respectent la démocratie se sont abstenus de faire trop du bruit autour de cette élection, mais ont décidé, dans le plus grand silence, de prendre leurs distances d’avec les tenants du régime du Guri System. On est loin de cette belle période du premier quinquennat du Président Issoufou où il ne se passait presque pas de semaine sans que les Nigériens n’assistent à des signatures des conventions portant sur plusieurs milliards de francs CFA. Depuis le début du second quinquennat et du fait sans doute des conditions honteuses dans lesquelles se sont tenues les élections présidentielles, les partenaires ne se bousculent plus. L’incapacité du régime à organiser les élections locales est encore venue accroître la méfiance de beaucoup des pays démocratique vis-à-vis du pouvoir de Niamey. Pour ce pays, le fait de ne pas permettre aux populations de choisir leurs propres élus locaux est un signe impardonnable du déficit démocratique exprimé ainsi par les tenants du pouvoir en place. Sur le plan social, la situation semble aller de mal en pis, notamment dans le secteur de l’éducation où, malgré les dénégations du pouvoir, nombreux sont les observateurs qui redoutent une année blanche dans les écoles du primaire et du secondaire, voire même au niveau des universités. Pour ce qui de la situation au niveau des écoles du primaire et du secondaire, il est connu de tout le monde que depuis son début en octobre dernier, l’année scolaire 2016-2017 a très mal fonctionné. Il ne s’est presque pas passé un mois sans qu’on ait assisté à des mouvements de grève des enseignants ou des élèves. Malgré la signature du protocole d’accord du 13 décembre 2016 avec le gouvernement, les syndicats des enseignants s’étaient retrouvés dans l’obligation de renouer avec les mouvements de grève, du fait de l’incapacité de leur partenaire à respecter ses engagements. Depuis bientôt deux semaines, la situation s’est encore dégradée, avec l’entrée en scène de l’Union des scolaires nigériens (USN) qui, après avoir appelé à des arrêts de cours et des activités académiques dans toutes les écoles et universités du pays, a lancé un mot d’ordre d’agitation permanente en début de cette semaine.

C’est ainsi que le lundi 10 avril dernier, des élèves et étudiants de certaines écoles et universités ont tenté de manifester pacifiquement pour exprimer leur ras-le-bol face au refus du gouvernement d’apporter des réponses à leurs revendications. Ce fut le cas notamment à Niamey où les manifestations ont été violemment réprimées par les forces de l’ordre. Face à toutes ces tensions qui ne cessent de prendre d’ampleur, les Guristes n’ont apparemment aucune solution que les menaces verbales et la répression. C’est ainsi que face aux revendications des enseignants, les tenants du pouvoir ont oublié les principales revendications des enseignants et brandissent l’évaluation des enseignants contractuels comme étant la seule source de la tension scolaire en cours. 

Quant aux élèves et étudiants, le régime de Guri pense les gérer en mettant à leurs trousses des policiers, gardes et gendarmes prêts à la gazer et à les matraquer jusque dans des centres de santé où ils s’y réfugient. Le Président Issoufou Mahamadou et son équipe, qui ne sont qu’au début de leur second mandat, pensent-ils réellement que cette façon brutale de gérer les conflits avec les partenaires sociaux peut favoriser un climat de paix et de stabilité dont ils ont si besoin pour les quatre années qui leur restent encore ? 

13 avril 2017 
Source : Le Monde d'Aujourd'hui 

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