Djibo Bakary, le téméraire, le mobilisateur , le syndicaliste combattant, d'une espèce très rare : Par Issoufou BOUBACAR KADO MAGAGI

aIci nous étions en compagnie du Doyen du mouvement syndical nigérien, Djibo Bakary, à l'occasion d'un colloque syndical international, organisé par , l'Union des Syndicats des Travailleurs du Niger ,l'USTN, à l'immeuble de l'ONAREM, en 1990.
Grâce à son apport en particulier et en général à ceux : du Ministre Kaziendé Léopold , Professeur Abdou Moumouni Dioffo, Sao Marankan, Dr Ben Adji, et autres conférenciers syndicalistes en 1990 ,le mouvement syndical nigérien et les autres forces vives du pays, avaient pu arracher la convocation de la conférence nationale souveraine au Président de la république de l'époque , le général Ali Saibou, homme de la décrispation .

C'était au lendemain de la conférence syndicale animée par Djibo Bakary devant la bourse de travail, que le multipartisme politique intégral avait été autorisé par le Général Ali Chaibou, le 15 novembre 1990.

La génération montante doit savoir que Djibo Bakary était un grand syndicaliste craint par les colons. Lorsqu'il avait décidé de se lancer dans la politique, c'était d'abord Zinder son fief et puis Tessaoua, ensuite Maradi , en fin tout le reste du pays avait suivi .
Le terme Haoussa Sawaba , signifie , la sérénité, la liberté, la délivrance qui sera retrouvée après le départ des colons.
C'est l'équivalent du slogans guinéen :

" Nous préférons notre liberté dans la pauvreté que l'opulence dans l'esclavage "

En 1957, Djibo Bakary avait remporté les élections générales, il était élu chef du premier gouvernement du Niger de 1957 à 1958.
Au référendum de 1958 , son parti le Sawaba, avait fait campagne pour le NON, au Général Charles De Gaulle , à l'instar de la Guinée de son camarade de lutte Ahmed Sekou Touré .
Djibo Bakary avait dit aussi , suite à un tête à tête qu'il avait eu avec le Général Charles De Gaulle qu'il ferait campagne pour le NON au référendum, malgré les menaces .
Le Général De Gaulle ne lui avait pas permis de bien s'organiser comme Ahmed Sekou Touré. Il avait pris le devant afin d' éviter la même humiliation, le même revers , subi, en Guinée,
ainsi , les colons l'avaient démis de sa fonction élective de chef du gouvernement et avaient organisé sa défaite au référendum de 1958 et l'avaient contraint en exil de près de quinze ans hors du Niger.
Il avait essayé de réorganiser la riposte avec l'aide de ses compagnons, Commandant Ousmane Dan Galidima, Boubacar Dan Douna, Saley Dan Koulou, Sidi, Kangueye, Hambally Dodo, Diop, ect, en vain . Certains commandos avaient été emprisonnés et fusillés en public. C'était le cas de Hamissou Dady Gaoh, fusillé à Niamey, Dan Douna Aboubacar, tué à Guida Adou, Dibissou, sous-préfecture de Birni N' Konni , Saley Dan Koulou, tué à Maradi, Sidi tué à Tahoua, ect.
Les survivants du geôle du RDA étaient, Ousmane Dan Galidima, Hambally Dodo, Diop, Kané Rogogo, Sardouna Ibro de konni, Amadou Kounché ect .

Le Parti Sawaba avait été interdit par les colons en 1958 à cause de son refus de voter " OUI" au référendum organisé par le général De Gaulle. C'était un parti progressiste, nationnaliste !

Il avait été réhabilité en 1990 à l'occasion de l'ouverture démocratique par le Général Ali Chaibou.

Par Issoufou BOUBACAR KADO MAGAGI

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