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vendredi, 09 décembre 2016 05:51

Les sachets plastiques, une menace réelle pour l’environnement

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dechets plastiques NYLe premier produit plastique fut créé en 1860 à partir des matières biodégradables. C’est en 1930 que le plastique est devenu synthétique avec la découverte d’une nouvelle et abondante matière première: le pétrole. Le développement accéléré de la filière de production des matières plastiques résulte essentiellement de l’abondance et de la ‘’gratuité’’ de la matière première ainsi que de la simplicité technologique et productive de fabrication. A titre d’exemple, avec une gramme de plastique type polyéthylène, on peut fabriquer plus de 50 sachets d’emballage noirs/blancs, communément appelé en jargon local ‘’Léda’’.

Vers les années 80, le sachet plastique était considéré, dans les pays du tiers-monde, dont le Niger, comme un soulagement à la problématique environnementale et d’hygiène alimentaire. En effet, jusqu’à cette période, le mode d’emballage était soit la coupe des feuilles d’arbres ou la récupération de tout morceau de papier/carton errant dans les rues et à proximité. Aujourd’hui, la disponibilité des sachets plastiques dans tous les coins urbains ou ruraux, aussi reculés qu’ils puissent être, a permis aux populations, surtout celles au faible pouvoir d’achat, de disposer d’un emballage propre, discret et durable. Malheureusement, leur production autant que leur consommation sont devenues abusives. Actuellement, nous avons évolué de la disposition ‘’une course, plusieurs achats, un sachet’’ vers celle de ‘’une course, plusieurs achats, plusieurs sachets’’. Dans des sociétés de consommation où nous vivons, cette démarche de non réutilisation du sachet nous conduit implicitement à une disposition de ‘‘un achat, un déchet’’. Ainsi, les sachets sont partout dans presque tous les secteurs des villes et villages ainsi que dans les brousses, forêts et points d’eau. Ce sont des matières non consommables, non biodégradables, imperméables, légères, volumineuses, parfois fibreuses et toxiques. Ainsi, le manque d’une bonne gestion entraîne des impacts négatifs sur la santé de la population, la faune, la flore, les sols, les eaux, le cadre de vie, en un mot, la durabilité des espèces humaine, animale et végétale.

De nature, l’homme a toujours géré son déchet à travers des initiatives orientées vers la fertilisation des sols, l’alimentation des animaux ou à travers une démarche d’isolation pour décomposition naturelle. Mais avec les déchets modernes, dont les sachets plastiques, les instruments communautaires de gestion de déchets, de l’échelle urbaine (mairie, districts, prestataires socioprofessionnels) aux centres semi-urbains et ruraux (comités de salubrité) se voient contraints de changer d’approche. Hélas, nous constatons amèrement que tous ces instruments ont manqué de solutions appropriées à la problématique des sachets plastiques. Au vu de cette défaillance, les Nations, soucieuses de leur tâche régalienne de préservation de l’Environnement, prennent des mesures d’interdiction ou de restriction de l’usage des sachets plastiques, au risque d’insatisfaction d’une part, des populations au faible pouvoir d’achat ne pouvant pas s’offrir le nouvel type d’emballage proposé, et d’autre part, des opérateurs économiques que sont les industriels plasturgistes et les importateurs de la filière.

Le sachet plastique est si ancré dans nos mœurs qu'il ne sera pas aisé de l’en extraire aussi facilement. Il est capital d’adresser le problème autrement et de fond à travers la mise en place d’un mécanisme approprié et opérationnel de gestion de déchets plastiques. En effet, quand une communauté accepte un produit, elle se doit d’établir et d’asseoir un nouveau maillon de gestion du déchet induit et qui se veut adapté aux réalités locales, expérimenté et porté à l’échelle afin de garantir un cadre de vie bienséant à sa population.

Effectivement, la rudologie nous apprend que chaque catégorie de déchet (traditionnel, moderne, industriel, etc.) dispose de son propre mode de gestion. Par expérience, nous nous rendons compte que les déchets modernes ont toujours une source, un usager et disposent d’une valeur marchande, le plus souvent économiquement rentable. La source des sachets plastiques sont les industries et les points de commerce. L’usager est la population qui produit le déchet et reste le principal bénéficiaire des valeurs marchandes. La valeur marchande est délibérée par les industries et artisans de récupération, de réutilisation et de recyclage. Alors, le point qui reste est le mode de gestion qu’il faut établir tout en mettant en liaison ces différentes parties.

Bien de modes de gestion existent et constituent des prospérités environnementales et économiques dans plusieurs pays du Nord tout comme du Sud. Deux mécanismes sont fréquemment mis en exergue pour la gestion de déchets plastiques. En premier lieu, le principe de pollueur-payeur, à travers lequel il est établi un programme de facilité retour de sachets plastiques vers le producteur ou l’importateur d’origine. En second lieu, le principe de valorisation à travers une mesure d’incitation à la valeur marchande du sachet plastique.

Dans les pays du sud, comme le Niger, la seconde option est la plus plausible à travers la mise en place d’un dispositif de collecte, de rachat, de réutilisation et de recyclage de sachets plastiques. Cette démarche est de concert avec la stratégie opérationnelle de gestion de déchets plastiques au Niger, validée en 2006 par le Gouvernement.

Le principe de valorisation de sachets plastiques peut s’appuyer sur plusieurs types de dispositifs. Le dispositif ayant le plus de bénéfice local, est celui d’une organisation communautaire ou privée des activités de collecte, de rachat et de tri des sachets plastiques. Une telle activité peut servir de fournisseur industriel en matière première secondaire pour la ré-fabrication de nouveaux sachets. Elle peut aussi évoluer dans le domaine de conditionnement et de recyclage artisanal ou semi-artisanal des sachets plastiques en divers matériaux d’utilité ménagère ou communautaire : sac, poubelle, kit scolaire, bassine, seau, etc. Dans la même lancée, la fabrication des matériaux composites peuvent être envisagée: pavés, dalles, bornes, panneaux de signalisation, tables-bancs, etc.

Moussa Dogo Ali Bureau Africain de Formation et d’études Stratégiques en Gestion de Déchets

09 décembre 2016
Source : http://lesahel.org/

Dernière modification le vendredi, 09 décembre 2016 06:56

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