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vendredi, 09 décembre 2016 05:55

Les déchets plastiques : Un casse-tête pour notre environnement

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Dechets Plastiques Niger 2L’étranger qui débarque pour la première fois au Niger est stupéfait par la présence massive, dans les rues de Niamey la capitale, des déchets plastiques. Une présence qui s’accentue à mesure que l’on s’approche des centres commerciaux, notamment des marchés où l’usage de ces sachets est devenu quasiment anarchique. Dans la périphérie de Niamey, cette vision est encore plus abracadabrante. En effet, le plastique usagé jonche les rues par milliers. Et lorsque vous arrivez aux abords des dépotoirs sauvages, vous avez l’impression de baigner dans un océan de plastiques. Des montagnes d’ordures ménagères constituées en grande partie de déchets plastiques utilisés dans les ménages et jetés dans les poubelles.

A voir ce spectacle désolant, on imagine la quantité de sachets plastiques importés. Car notre pays, bien qu’il soit littéralement envahi par le sachet plastique, n’en fabrique pas du tout. C’est à croire qu’on est devenu le plus grand importateur africain de sachets plastiques.

La problématique de la gestion des déchets produits dans nos villes se pose avec acuité. Cela est une évidence que confirment presque toutes les rues de nos grandes villes, fréquemment en proie au trop plein de déchets de toute nature.

Selon les spécialistes en la matière, l’explosion démographique ainsi que les importantes orientations urbanistiques et modernes pourraient faire doubler cette production à l’horizon 2025. Il devient écologiquement justifiable que les villes puissent étudier les différentes possibilités de mettre en place des dépotoirs ou décharges solidaires, assises sur des réponses aux besoins économiques de leurs populations.

Il s’agira de s’engager vers l’appropriation des dépôts et décharges tout en tenant compte des ressources propres des villes, de la valorisation des technologies et ressources humaines localement disponibles et de la capitalisation des pratiques informelles de réutilisation, de récupération et du recyclage. Sur ce dernier point, les villes doivent insister sur le rôle opérationnel des dépotoirs et décharges envers le recyclage agricole afin de contribuer au développement de l’agriculture et de l’élevage, facteur sur lequel reposent d’ailleurs nos principales politiques nationales et régionales.

En effet, certaines publications attribuent aux pays les moins avancés une production de déchets à 60% organique en zone urbaine et jusqu’à 85% en zone rurale. Le développement de tous ces acquis, en tenant compte des aspects sanitaires et environnementaux, encouragera la mise en place d’une filière appropriée, voire autonome, de gestion de déchets.

C’est dans cet esprit que le Conseil des ministres du 1er mars 2013 a examiné et adopté le projet de loi portant interdiction de la production, de l'importation, de la commercialisation, de l'utilisation et du stockage des sachets et des emballages en plastique souple à basse densité.

Ce projet de loi dresse le constat selon lequel les villes et campagnes nigériennes font face à une augmentation continue des pollutions dues aux déchets solides. Cette situation est principalement liée à la croissance démographique et au changement des modes de production et de consommation. Parmi ces déchets, les déchets plastiques constituent la menace la plus sérieuse pour l'environnement, pour la santé humaine et animale, en somme pour l'économie nationale.

En effet, les déchets plastiques empêchent aux eaux de pluies de s'infiltrer et polluent les paysages. Lorsqu'ils sont ingérés par les animaux, ils provoquent des troubles gastro-intestinaux graves, pouvant conduire à la mort. Aussi, plusieurs initiatives ont été prises par l'Etat, les collectivités territoriales, les ONG et associations de développement et les partenaires pour enrayer ce fléau.

Mais force est de constater qu'en dépit de toutes ces initiatives, le problème ne fait que s'aggraver. Dans le cadre des mesures d'accompagnement, des alternatives sont envisagées à travers la production et l'importation de sachets et emballages en matériaux biodégradables déjà utilisés par certains établissements de la place. Ce projet de loi, qui a été transmis à l’Assemblée Nationale, a été examiné et adopté par les députés. C’est une importante arme dont le Niger vient de se doter dans le combat quotidien pour la préservation de notre environnement menacé de toute part.

Oumarou Moussa(onep)

09 décembre 2016
Source : http://lesahel.org/

Dernière modification le vendredi, 09 décembre 2016 06:50

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