Sans doute parce que le recul est assez négligeable, Reporters Sans Frontières n’a pas jugé nécessaire de donner les raisons qui pourraient expliquer ce décalage de 5 points. Mais on peut toujours mettre cela au compte de la même raison invoquée par la même association pour justifier la perte des 14 places dans le classement 2013 par rapport à celui de 2012. On se rappelle, en effet, qu’en 2013, Reporters Sans Frontières a indiqué noir sur blanc que, pour le cas précis du Niger, la perte des 14 points n’est nullement le fait d’un muselage de la presse, mais plutôt incombe à ‘’l’irresponsabilité de quelques journalistes tentés d’abuser de la liberté qui leur est accordée’’.
En dépit de ce mouvement léger, il est réconfortant de noter que notre pays se positionne, dans ce classement 2014, au 1er rang dans l’ensemble de l’Afrique francophone, et au 2ème rang en Afrique de l’Ouest, après le Ghana, 27ème de la liste générale.
Aussi, pour nous référer à une certaine appréciation que nos professeurs aimaient bien inscrire sur le bulletin d’un élève connu pour être brillant, mais assez indiscipliné pour donner le meilleur de lui-même, nous disons : ‘’peut mieux faire’’… Car, tout le monde est d’accord pour dire qu’en matière de liberté, en l’état actuel des choses, le Niger aurait pu mieux dans ce classement, si certains confrères s’étaient imposés, un tant soit, de la rigueur et du professionnalisme dans la recherche et le traitement de l’info. Le Niger aurait pu mieux faire si l’on s’était efforcé de dresser une barrière infranchissable entre l’info et l’intox. Notre pays ferait mieux si chaque fois l’objectivité l’emportait sur la délation et le parti pris.
Assurément, étant entendu que le terrain est bien dégagé pour une libre expression de la presse, le Niger ferait mieux, si et seulement si nous, hommes de médias, acceptions de nous plier aux règles sacro-saintes de ce noble mais difficile métier. Et là-dessus, point d’ambiguïté: les maîtres-mots demeurent: responsabilité, rigueur et objectivité !
Assane Soumana
14 février 2014
Publié le 14 février 2014
Source : http://www.lesahel.org
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