Recherche Archives Nigerdiaspora 2003-2020

 

Avertissement

JUser::_load : impossible de charger l'utilisateur ayant l'ID 62

mercredi, 12 avril 2006 15:20

Sénégalais du Niger : Plaintes et complaintes d'une communauté oubliée?

Écrit par
Évaluer cet élément
(0 Votes)
Mouride Niger (Publié le 08-11-2005) Ils constituent une communauté non négligeable composée d'un peu plus de huit cents âmes et se meuvent pour la plupart dans des activités allant du commerce à la mécanique, en passant par la broderie, la bijouterie, la maçonnerie et la menuiserie. Mais ces Sénégalais du Niger se sentent laissés à eux-mêmes, pour ne pas dire oubliés."Nous sommes des Sénégalais à part entière. Nous demandons à ce que nos autorités nous associent à tout ce qui se fait dans notre pays. C'est pourquoi, notre souhait le plus ardent est que tout soit fait afin que nous puissons, au moins, participer aux prochaines élections de 2006 et 2007.  Nous pensons que c'est notre droit le plus absolu que de prendre part au choix des dirigeants de notre pays. Un droit que l'on semble nous refuser". Ce cri du cœur est celui des huit cents Sénégalais qui vivent au Niger. Des compatriotes qui se sentent laissés à eux-êmes, pour ne pas dire oubliés. Ils soutiennent, en effet, n'avoir participé à aucune élection sénégalaise depuis leur installation au Niger comme si, quelque part, on ne les considérait pas comme des Sénégalais. Ils constituent pourtant une communauté non négligeable composée d'un peu plus de huit cents âmes. Ils se meuvent pour la plupart dans des activités allant du commerce à la mécanique, en passant par la broderie, la bijouterie, la maçonnerie et la menuiserie.

Pour vivre pleinement leur sénégalité, les Sénégalais du Niger se sont regoupés autour d'une structure dénommée "Conseil des Sénégalais du Niger". Une appellation qu'ils disent avoir choisie pour ne pas donner l'impression de vouloir se marginaliser mais aussi, précisent-ils, pour coller à la dynamique d'intégration mise en branle par les autorités. Outre cette structure dirigée par Fallou Diène, un technicien en froid reconverti dans le commerce et qui gère un grand magasin au petit marché de Niamey, la communauté sénégalaise du Niger se retrouve aussi autour de deux dahiras tidiane et mouride. Ce qui leur permet, chaque jeudi nuit, de se retrouver pour vivre pleinement leur foi. Aussi sont-ils arrivés à mettre en place un important dispositif d'entr'aide et de soutien aux nouveaux venus ainsi qu'à ceux en difficulté. En somme, ils constituent une véritable famille.

Les Sénégalais du Niger vivent, pour la majeure partie, dans les quartiers Balafon, Lantaya et Lacruz. L'impossiblité de prendre part aux élections est loin d'être la seule doléance de cette communauté. Elle déplore aussi la difficulté inhérente à la délivrance de certaines pièces comme la carte d'identité nationale et le passeport de même que la déclaration dans les registres sénégalais de leurs enfants nés au Niger. Certains d'entre ces enfants sont âgés de plus de 25 ans et sont obligés de se faire établir des cartes d'identité nigériennes pour pouvoir circuler librement. En effet, le Sénégal ne disposant pas d'ambassade au Niger, ils sont obligés, en cas de besoin, de se déplacer jusqu'en Côte d'Ivoire. Ce qui, de l'avis du consul du Sénégal au Niger, Alioune Guèye, n'est pas du tout évident. Les mieux nantis préfèrent se rendre au Burkina Faso voisin pour se procurer ces pièces. "Le consulat ne dispose pas d'assez de moyens devant lui permettre de régler certains problèmes".

Aussi la mission du consul se limite-t-elle à la délivrance de sauf-conduits pour les sans-papiers ainsi qu'à l'assistance de ses concitoyens en difficulté. Une mission qui est loin d'être une mince affaire. En effet, le Niger est une terre de transit pour de nombreux aventuriers sénégalais attirés par "l'eldorado" européen. Et les malheureux aventuriers sont accueillis au niveau des deux dahiras et entretenus par la communauté toute entière avec l'appui du consul jusqu'à leur départ pour soit continuer leur aventure ou rentrer au bercail. Toutefois et malgré le cri du cœur lancé pour réclamer à cor et à cri leur sénégalité, certains de ces Sénégalais risquent de ne plus revoir, de leur vivant, leur terre natale. Ils se sont enlisés au point de ne plus songer à empruter le chemin du retour. Parmi eux, le doyen de la communauté, Modou Faye. Ce dernier, âgé de 80 ans, a pris pour épouses deux femmes nigériennes et s'est retrouvé avec une importante famille à gérer sans compter que ses moyens ne lui permettent pas de rebrousser chemin. Idem pour l'ancien président de l'Association des Sénégalais du Niger, Samba Koty Diop. Ce dernier a d'ailleurs fini par se naturaliser nigérien, ce qui a amené ses concitoyens à le débarquer de son poste de président puisque, disent-ils, il est anormal qu'un Nigérien dirige une communauté sénégalaise.

Ce sentiment d'oubliés qu'ils nourrissent, ne les empêche pas, cependant, de garder un brin d'espoir. Espoir de voir les autorités de leur pays se rappeler d'eux pour enfin les venir en appui. Ils disent d'ailleurs attendre du ministre des Sénégalais de l'Extérieur qu'il mette à leur dispostion les cartes de membre qu'il avait, lors de son dernier passage à Niamey, promis de confectionner pour le Conseil des Sénégalais du Niger. Ces cartes mises en vente seraient, de leur avis, de nature à renflouer leur caisse. Ce qui leur permettrait d'améliorer la prise en charge des Sénégalais en difficulté. A ce propos, le consul du Sénégal dira avoir reçu une correspondance du ministre disant que les cartes sont déjà confectionnées et qu'il attendait la première opportunité pour les acheminer à Niamey.

Au-delà de l'aspect pécunier que représentent ces cartes, la communauté sénégalaise du Niger ose espérer que la confection de ces cartes par le ministre soit le déclic pour un nouveau départ dans leurs relations avec les autorités de leur pays.

Sidy DIENG
 

Source: Walf Fadjri

Lu 9001 fois Dernière modification le mardi, 28 février 2012 13:15

Like what you see?

Hit the buttons below to follow us, you won't regret it...