Niger : deux grands projets pour renforcer l’accès des femmes et des jeunes aux services financiers

Le Niger a officiellement lancé, ce mercredi 6 mai 2026, deux projets structurants destinés à renforcer l’inclusion financière et à moderniser le secteur financier national. Il s’agit du Projet d’Appui au Fonds de Développement de l’Inclusion Financière (PAFDIF) et du Projet d’Approfondissement du Secteur Financier et de l’Inclusion Financière (PASFIF).
Portées conjointement par le ministère nigérien de l’Économie et des Finances, la Banque Ouest Africaine de Développement et la Banque Africaine de Développement, ces initiatives ambitionnent de faciliter l’accès aux services financiers pour les populations exclues du système bancaire classique, avec une attention particulière accordée aux femmes, aux jeunes et aux populations rurales.
Une nouvelle étape dans la stratégie d’inclusion financière du Niger
La cérémonie de lancement a consacré un nouveau partenariat entre le Niger et les deux grandes institutions financières africaines autour d’un objectif commun : élargir l’accès aux services financiers modernes et renforcer les mécanismes de financement de l’économie nationale.
Le projet PAFDIF, soutenu par la Banque Ouest Africaine de Développement, vise principalement à améliorer les capacités financières et opérationnelles du Fonds de Développement de l’Inclusion Financière (FDIF) ainsi que celles des systèmes financiers décentralisés.
L’objectif affiché est de permettre aux populations économiquement vulnérables d’accéder à des services financiers plus accessibles, innovants et adaptés à leurs besoins.
Selon les responsables du projet, environ 1 200 000 bénéficiaires devraient être touchés, dont près de 60 % de femmes.
Dix milliards de FCFA mobilisés par la BOAD
Dans le cadre du PAFDIF, la Banque Ouest Africaine de Développement met à la disposition du Niger une enveloppe de 10 milliards de francs CFA.
Le projet prévoit notamment la mise en place d’un fonds de facilitation destiné à soutenir le refinancement des prestataires de services financiers auprès des banques commerciales. Cette approche vise à accroître l’offre de finance inclusive et à améliorer l’accès au crédit pour les populations traditionnellement marginalisées par le système bancaire classique.
Les autorités espèrent ainsi renforcer durablement les capacités des institutions financières locales et stimuler l’entrepreneuriat, notamment féminin et juvénile.
Le PASFIF pour moderniser le secteur financier nigérien
De son côté, le PASFIF, financé par la Banque Africaine de Développement, entend approfondir le secteur financier nigérien tout en améliorant l’accès des populations vulnérables aux services financiers modernes.
Le projet bénéficie d’un financement de 12 millions d’unités de compte sous forme de prêts et de dons.
Parmi les objectifs annoncés figure l’augmentation significative du taux d’utilisation des comptes de monnaie électronique actifs, qui devrait passer de 4 % à 8 % à terme.
Les responsables du projet estiment que cette dynamique contribuera à renforcer la digitalisation des services financiers et à favoriser une meilleure inclusion économique des populations rurales et des jeunes.
Une finance inclusive au cœur de la vision des autorités nigériennes
Lors de la cérémonie, le ministre de l’Économie et des Finances, Mamane Laouali Abdou Rafa, a souligné que ces projets s’inscrivent pleinement dans la vision stratégique des plus hautes autorités nigériennes.
Selon lui, le développement de la finance inclusive constitue un levier essentiel pour soutenir les réformes économiques et sociales engagées dans le cadre du programme de refondation de la République.
Les autorités entendent notamment renforcer les capacités des populations à utiliser efficacement les services financiers, encourager l’innovation dans les produits financiers et créer un environnement réglementaire favorable à une inclusion financière durable.
Une mobilisation collective autour de l’inclusion financière
Le lancement de ces deux projets résulte d’une collaboration impliquant plusieurs acteurs : pouvoirs publics, institutions financières, opérateurs de téléphonie mobile, organisations de la société civile ainsi que des associations de femmes et de jeunes.
Au-delà des financements mobilisés, les autorités nigériennes misent sur une approche concertée afin de faire de l’inclusion financière un véritable outil de transformation économique et sociale.
À travers le PAFDIF et le PASFIF, le Niger cherche ainsi à élargir l’accès aux services financiers modernes, réduire les inégalités économiques et favoriser une participation plus active des populations vulnérables au développement national.
Aïssa Altiné (Nigerdiaspora)

