Fait-divers / Violence en milieu scolaire : Les conséquences de la politique de prêt à porter dans le système éducatif

Le 16 mai 2022, dans un village du département de Bouza (Région de Tahoua), un enseignant a été poignardé mortellement par son élève alors qu’il dispensait son cours. C’est un élève de CM2 qui a fait le mauvais choix, de surprendre son enseignant accroupi au tableau pour lui planter un couteau.

Depuis cette tragédie, autant de questions se bousculent dans l’esprit des citoyens. Comment est-ce qu’on est arrivé à cette décadence sociétale ? Qu’est-ce qui ‘est passé dans la tête de cet enfant pour qu’il s’en prenne mortellement a son enseignant ?

Les enseignants, faut-il le souligner, malgré les menaces et violences des groupes terroristes bravent cette insécurité, pour garder la craie en main et dispenser les cours, parfois loin de leurs terres natales.

L’assassinat de ce brave enseignant, la craie en main doit interpeller tous les citoyens, à commencer par les pouvoirs publics et les parents d’élèves, les premiers pour ce qu’est devenu le système éducatif, un système au rabais, les deuxièmes pour leur démission quant à l’éducation de leurs enfants. Les syndicats et les autres organisations de la société civile active en éducation ne sont pas, eux aussi, exempts de tout critique. Ils ne jouent pas tous les rôles, du moins efficacement, dans la protection des acteurs et l’amélioration de la qualité du système éducatif nigérien.

En effet, ce drame met à nu les défaillances des différentes politiques et, multiples programmes qui nous ont été importés et imposés et qui ne cadrent point avec nos réalités sociales et culturelles. Dès lors que le châtiment corporel a été interdit à l’école pour plaire aux bailleurs, défenseurs de droits humains afin de bénéficier de leurs fonds.

Les conséquences de ce laisser-aller sont incalculables pour le système éducatif. C’est  : la médiocrité, le faible niveau des apprenants, et surtout l’indiscipline des élèves qui aujourd’hui à la pris la forme d’une criminalité infantile.

Il est temps de revenir aux basiques pour arrêter ces dégâts, et prendre en main de façon souveraine notre éducation. Car, tout comme en politique, dans le domaine de l’éducation d’une nation aussi, il n’y a pas de prêt à porter. Il appartient au Niger de décider du type d’éducation qui convient à son peuple, d’y concevoir les politiques et programmes adéquats et, d’y trouver ses propres moyens pour leurs mise en œuvre.

Le Président de la République qui est résolument engagé à redorer le blason de l’éducation et, qui connait d’ailleurs très bien les problèmes du système éducatif, se doit de s’entourer d’autres compétences, des techniciens à même de proposer une formule ou des formules à même de garantir le succès du système éducatif nigérien.

La deuxième responsabilité de cette déperdition du monde scolaire est imputable aux parents, qui ont totalement démissionné. En effet, les parents ne s’appliquent plus à l’éducation de leurs enfants, préférant les laisser plutôt à la merci de la rue pour faire ce qu’ils veulent. Sinon comment comprendre, qu’un enfant du CM2 se résolve à emporter en classe une arme pour s’en servir, pire sur son enseignant. Si les parents avaient un peu d’estime, pour les enseignants en qui, ils confient leurs enfants, les élèves sauront que les maitres sont sacrés et intouchables.  

Pour les syndicats et les acteurs de la société civile active en éducation, il faudra mettre fin à la complaisance dans l’analyse des problèmes du monde éducatif et, faire le plaidoyer pour que l’enseignant retrouve ses pleins pouvoirs dans sa classe. Car, on ne peut rien former de crédible avec le laisser aller actuel consistant à laisser les élèves à leurs sorts.

Il est vraiment temps de sauver le système éducatif nigérien, et ce drame doit en constituer le déclic, pour non seulement honorer la mémoire du brave Moussa  Issoufou Dan Kandé mais aussi, mettre fin à cette politique de prêt à porter dans le domaine de l’éducation.

Oumarou Mahamadou

 

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