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Former au Niger : le capital humain, véritable richesse d'une nation en refondation

journee uam laureats 2023
Il est des évidences que l'histoire finit toujours par confirmer : un pays ne se développe pas par la seule abondance de ses sous-sols, mais par la qualité de ses hommes et de ses femmes formés à les valoriser. Le Niger, riche en uranium, en pétrole et en terres agricoles, l'a compris à ses dépens. Sa vraie richesse ne git pas dans le sol, elle marche, elle apprend, elle innove. Elle s'appelle capital humain.

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Il est des évidences que l'histoire finit toujours par confirmer : un pays ne se développe pas par la seule abondance de ses sous-sols, mais par la qualité de ses hommes et de ses femmes formés à les valoriser. Le Niger, riche en uranium, en pétrole et en terres agricoles .... l'a compris. Sa vraie richesse ne git pas uniquement dans le sol, elle marche, elle apprend, elle innove. Elle s'appelle capital humain.

Un système éducatif en mouvement
Les signaux récents sont encourageants. La rentrée scolaire 2025-2026 a été effective dans toutes les régions du pays, preuve que malgré les difficultés, la volonté politique de maintenir l'école ouverte demeure. La ministre Élisabeth Shérif a tracé les grandes priorités de l'école nigérienne pour cette rentrée, affichant un cap clair pour l'amélioration de la gouvernance éducative. Elle a également mobilisé les directions régionales pour renforcer la gouvernance éducative sur l'ensemble du territoire.
Du côté des résultats, des progrès notables ont été enregistrés : une hausse remarquable des taux de réussite au BEPC et au CFEPD-CEPE/FA pour l'année scolaire 2024-2025 a été saluée, tandis que plus de 180 000 candidats ont lancé les épreuves du BEPC 2025 à travers le pays, un chiffre qui illustre la massification progressive de l'accès au collège.

Construire les infrastructures du savoir
Former ne suffit pas si les lieux d'apprentissage font défaut. Conscients de cela, des chantiers importants sont en cours. De nouvelles infrastructures ont été lancées pour renforcer l'Université Djibo Hamani de Tahoua, tandis que la Faculté des Sciences de la Santé de l'Université Dan Dicko Dankoulodo de Maradi s'est dotée d'infrastructures académiques majeures . À Niamey, la ministre de l'Éducation a lancé la construction de nouvelles classes , et un projet de connectivité Internet haut débit dans les écoles a été initié pour ancrer le système éducatif dans l'ère numérique.
Plus symbolique encore, l'École Nationale de Pétrole et de Gaz a été inaugurée à Zinder, un signal fort que le Niger entend former ses propres ingénieurs pour exploiter ses ressources, plutôt que de dépendre indéfiniment de compétences étrangères. Dans le même esprit, à Zinder, la SORAZ forme les compétences nigériennes de demain dans le domaine de la souveraineté énergétique.

L'université, levier de la refondation intellectuelle
Les universités nigériennes s'affirment progressivement comme des pôles d'excellence. L'Université André Salifou de Zinder est présentée comme un pôle d'excellence académique au service de la refondation intellectuelle du Niger . L'Université Abdou Moumouni a accueilli une rencontre internationale de l'anthropologie visuelle , signe d'une ouverture sur le monde académique mondial. Par ailleurs, 29 enseignants-chercheurs de l'Université Dan Dicko Dankoulodo de Maradi ont été promus aux grades du CAMES , consolidant ainsi le corps professoral national.

À l'échelle internationale, l'IPSP du Niger a signé un partenariat stratégique avec l'Université de Technologies de Taiyuan en Chine. Ces distinctions illustrent que l'ambition nigérienne dépasse désormais ses frontières.

Les défis qui demeurent
La lucidité s'impose néanmoins. Des retards de paiement des contractuels de l'enseignement provoquent des classes perturbées et une crise silencieuse à Niamey . La question des enseignants contractuels reste un point de tension structurel du système. Le Niger a signé un protocole d'accord entre le gouvernement et les syndicats du secteur éducatif pour tenter d'y répondre, mais le chemin vers une stabilisation durable reste long.

Sur le front de l'alphabétisation, le Niger part de loin : 68,9 % de la population âgée de 15 ans et plus ne sait encore ni lire, ni écrire . Cependant, les efforts se multiplient : plus de 24 500 adultes ont été touchés par des programmes d'alphabétisation en 2025, avec un cap sur le numérique.

Former pour transformer
Une population formée est la seule garantie d'une économie qui crée, innove et résiste. Le manque de formation, à l'inverse, perpétue la dépendance : dépendance aux experts étrangers, aux aides internationales, aux fluctuations des cours des matières premières. Le Niger a aujourd'hui la chance de faire de la formation un levier de souveraineté, économique, technologique et intellectuelle.

L'éducation a été célébrée comme vecteur de diversité et de paix lors du Festival Scolaire National et de la Journée de l'Excellence 2025. C'est bien de cela qu'il s'agit : une école qui forme des citoyens capables de construire un Niger pacifique, souverain et prospère.

Faire de l'éducation une priorité nationale n'est pas un vœu pieux. C'est le choix le plus stratégique, le plus rentable et le plus durable que le Niger puisse faire pour son avenir.

Boubacar Guédé (Nigerdiaspora)