Conscience nationale et Insécurité : L’Intersyndicale exalte et invite les Nigériens au réveil !

Le Niger se porte mal. C’est connu. C’est dans leur chair que les Nigériens vivent les dix années de gouvernance sous Zaki qui n’aura rien laissé à son peuple trahi et méprisé si ce n’est de mauvais souvenirs. Le pays va mal, c’est un fait. Indéniable. Face aux nombreuses souffrances que vivent les Nigériens, le pouvoir avait cru que diviser les Nigériens, pouvait, ad vitam aeternam, être pour lui la meilleure option pour s’éviter une prise de conscience collective et, conséquemment, un éveil et un réveil des Nigériens pour se battre pour leur dignité, pour la liberté, pour la démocratie, pour l’honneur, pour la responsabilité. Mais les analystes avisés savaient que la stratégie apprise chez Machiavel – diviser pour régner – ne saurait prospérer surtout lorsque les souffrances lancinantes sont intenables et que les peuples acculés, peuvent, légitimement, s’effrayer pour leur survie, pour l’existence même de l’Etat, aujourd’hui menacée si d’autres choix plus hardis, dans l’urgence, ne sont pas fait tant par les pouvoirs publics que par l’ensemble des Nigériens.

Mais Issoufou, par les talents de corrupteur reconnu à son régime, avait réussi à « acheter les bouches » de certains Nigériens, notamment de certains leaders de groupes organisés dont les silences ont surpris, quand en d’autres temps, pour moins que ce que le Niger traverse aujourd’hui, ils pouvaient avoir une gueule bavarde au point de croire que le Niger allait tragiquement sombrer et qu’il serait en feu. Aujourd’hui que c’est le cas, quand tous les ingrédients de la déconfiture sociale et politique sont réunis, ils se taisent gravement, incapables d’avoir une parole pour se démarquer de ce qui se fait et se vit dans le pays. Ils sont terribles, ces Nigériens. Il y en a même qui veulent nous défendre de dire la vérité, d’exprimer les malaises du peuple, de dire qu’en dix ans, au regard de ce qui se passe aujourd’hui dans le pays, juste après quelques trois mois et ce après le départ du prétendu messie, le Niger vit des tragédies immenses, avec en sus, de nombreux enfants du pays, qui ne peuvent plus aller à l’école. Et on veut qu’on chante qu’Issoufou est un ange ! Chiche !

Pourquoi, alors que tout le monde disait que le pays va mal et qu’Isspoufou gouverne mal, quand on lui dit sans succès qu’on ne gouverne pas avec des haines, pour régler des comptes personnels à l’Histoire et à des hommes, il s’en fiche, fait à sa tête avec le silence complice de ceux qui ont fait le choix de rien ne voir dès lors que c’est lui qui gouverne et non un autre ; heureux sans doute de ce qu’il soit celui qui rendrait le mal à des hommes pour leur faire payer, on ne sait de quelle logique, ce qu’ils sont. Pourquoi avoir attendu que l’on soit si proche de la débâcle, pour sortir des griffes factices ? Faut-il croire que c’est aussi, parce que leur dieu ne serait plus aux commandes qu’ils peuvent enfin, oser une déclaration de presse, distant peut-être de Bazoum dans leur choix politiques ?

Ce pays va mal. C’est une vérité.

Enfin une voix qu’on peut entendre au coeur de nos malaises… En se réunissant « Le 13 novembre, le Bureau de Coordination National (BCN) de l’Intersyndicale (ITN) » a publié un communiqué de presse dans lequel, elle s’est essentiellement penché sur la situation sécuritaire du pays qui connait depuis des jours, une recrudescence qui interpelle les consciences des Nigériens. Dénonçant l’incapacité des forces d’occupation à faire face au mal, fortes de leurs moyens et de leurs drones, fortes aussi de leurs hommes, de la complicité nigérienne et de l’espace que des gouvernements sans vision leur auront laissé dans un pays où l’autorité de l’Etat s’est gravement effritée, l’Intersyndicale dit : « Aujourd’hui les Nigériens s’inquiètent et se demandent pourquoi les forces armées étrangères en présence au Niger sont incapables d’endiguer le phénomène de déstabilisation du Niger ». Cette question angoissante, implicitement, se demande aussi si ces forces ont vraiment la volonté d’en finir ? Ne trouvent-elles pas leurs intérêts dans la chienlit, dans le désordre provoqué qui ferait alors leur affaire ? Il ne peut pas en être autrement quand on se rappelle que pour les faire venir, Issoufou Mahamadou, alors président de la République du Niger, par ses complexes, pouvait se défendre que « sans les forces étrangères, nos armées sont sourdes et aveugles ». Ceux qui le défendent, peuvent-il dire aux Nigériens et surtout quand ses proches se sont servis de la guerre pour détourner et s’enrichir, pour exposer l’armée à des boucheries intolérables, quelle serait la réussite d’Issoufou dans ce domaine, après tous les milliards qu’il prétend avoir mis à sa disposition ? Faut-il qu’on oblige les Nigériens, par-delà ces faits têtus, qu’on l’acclame, alors par masochisme ? Nous refusons.

Prise de conscience…

Les Nigériens ont compris. Ils ont compris qu’il y a dans alliances nouées des choses qu’on ne comprend pas, notamment dans ce qui se passe sur le front de ce qu’on appelle – à tort ou à raison – du terrorisme, y compris la dernière fois à Banibangou où, après avoir entendu sur rfi que le maire avait été retrouvé sain et sauf, on apprend par la même radio le lendemain qu’il est aussi mort sans qu’on n’en dise davantage aux Nigériens. Pourquoi ces massacres de ces jeunes qui revenaient victorieux de leur opération ? Peuvent-ils avoir avec eux des preuves gênantes ? L’Histoire le dira un jour. On sait que d’autres, notamment le journaliste et président de parti, Salou Gobi, avait payé pour avoir questionné ces situations étranges, poussé dans le Goulag de la renaissance d’Issoufou – la prison étant le label de son système mis en place dans le pays depuis qu’il accédait au pouvoir le 7 avril 2011. Aujourd’hui, et après la dernière déclaration de la société civile de la région de Tillabéri, tout le monde a fini par comprendre certaines duplicités pour lesquelles, les Nigériens, parlent, souvent sans retenue, agacés par les ambiguïtés d’alliances militaires douteuses. « Ainsi, les Nigériens [dira le BCN/ITN] sont de plus en plus convaincus que les ennemis du Niger et de son peuple ne sont autres que l’Etat français, ses alliés et ses valets locaux ». Ses valets locaux ? Sans doute, veut-il parler ici des socialistes nigériens. C’est donc – et ça ne se cache plus – de la France dont on doute, et donc la France que l’on accable de ne pas jouer franc jeu dans la guerre. C’est pourquoi, comme la société civile de Tillabéri dépitée par la situation dans la région, l’ITN « […] exige le départ sans condition de toutes les forces d’occupation illégalement installées pour que l’Etat du Niger, au nom de sa souveraineté, puisse diversifier ses partenaires en matière de défense ». C’est donc le noeud du problème que soulève ici le BCN/ITN. Issoufou avait géré ce pays comme s’il est devenu un jardin hérité pour lequel, il peut librement tout décider, sans référendum (consultation du peuple), ni même consulter la représentation nationale qui, comme le peuple, ne sait rien des alliances concoctées avec Paris et Issoufou, et pour le piètre résultat qu’on vit aujourd’hui. Mais, « diversifier ses partenaires », fait tiquer pour soupçonner que les centrales seraient poussées à oser cette déclaration quand, quelques jours plus tôt l’on apprend un accord d’achats de moyens de guerre avec Erdogan, ce qui n’est pas sans irriter Paris qui en a déjà trop sur le dos.

Appel pour un nouveau départ…

La situation est grave. Disons très grave et on ne peut continuer à se taire. On risque, n’ayons pas peur de le dire, de ne pas avoir de pays où vivre. Les exemples sur le continent, doivent servir de leçon pour sortir de ses hypocrisies et de ces suivismes aveugles, irresponsables. Pour le BCN/ITN il n’y a de solution que de croire en notre armée, à son expertise, au courage de ses hommes : et pour ce « Il reste entendu que nos fds doivent être suffisamment équipées, mises dans les meilleures conditions de vie et doivent agir en toute responsabilité, sans ingérence ». Sans ingérence, voulant certainement dire, qu’une armée étrangère ne doit pas les commander, leur dicter ce qu’elles doivent faire et surtout que quelqu’un assis douillettement dans son bureau climatisé, ne puisse lui dicter s’il doit agir ou non, s’il doit attendre d’être massacré, pour pleurer ensuite avec des larmes hypocrites. Il y a donc de quoi se réveiller, et faire appel à l’héritage de l’héroïsme connus des Pères oubliés, peu incarnés, trahis dans leur mémoire.

Galvanisation au Sahel…

Ce qui se fait autour de nous, dans les pays qui vivent le complot français, oblige aujourd’hui à ne pas paraitre comme le peuple le plus peureux de l’espace, le plus incapable de faire face à son destin, miné par les divisions stratégiques du socialisme mis en berne depuis le 2 avril 2021. Comment donc, ne pas voir ces peuples debout : ces Maliens qui se sont levés et qui se battent, ces Burkinabés qui se réveillent, donnant le sursis à un président qui ne peut pas ? C’est pourquoi, « Saluant les peuples héroïques du Mali et du Burkina Faso, pour leur mobilisation et leur lutte contre le terrorisme et les visées impérialistes dont ils souffrent ». l’Intersyndicale, par l’‘exemple de ces peuples, exalte et incite les Nigériens au réveil, au ressaisissement, face aux défis de l’Histoire. Pour la dignité. Pour la respectabilité de notre peuple, agenouillé sous les bottes et les vanités d’Issoufou. Aussi fait-elle « […] appel à la conscience citoyenne des Nigériens pour situer les intérêts supérieurs du Niger, au-dessus de toutes les considérations pour s’unir et se mobiliser autour de ces douloureuses préoccupations, en vue d’assurer la souveraineté de Niger ». L’ITN a enfin compris ce qui fait le drame de ce pays ? Les scissions que le socialisme lui a inoculées, pour appeler les Nigériens à se départir de considérations subjectives, souvent, hélas, identitaires, cultivées par des hommes politiques En mal d’éthique, sans vision et sans projet pour le Niger en tant que nation et pour les Nigériens en tant que peuple fier.

Le ton est donc donné. Et les Nigériens n’ont pas d’autres choix que de se battre pour la sécurité de leur pays.

Cependant, dans le drame que vit le Niger, il y a encore des voix qu’on n’entend plus. Ont-elles abdiqué pour faire le choix de la luxure de la vie que lui concéderait un pouvoir qu’elles intimident avec des rugissements conjoncturels, calculés ?

Le silence incompréhensible de l’USN…

L’USN a été de tous les combats au Niger et très souvent, c’est elle qui était au-devant de toutes les luttes, à un moment où le socialisme la courtisait au nom de proximités idéologiques aujourd’hui trahies. Dans le malaise nigérien, l’on ne peut plus entendre l’USN guerrière d’une époque. Ceux qui en assument l’héritage aujourd’hui, ont-ils trahi le combat des aînés dont certains sont aujourd’hui au pouvoir ? Ou bien faut-il croire à un deal, à des complicités entre les deux, au détriment du pays et de ses intérêts ? Il n’y a pas de raisons pour que l’USN se taisent et qu’elle ne sache plus parler des problèmes du pays qui, aujourd’hui, menacent jusqu’à son existence.

L’USN est donc attendu dans les rangs. Pour le combat. Pour le Niger. Pour sa souveraineté. Pour son peuple. Pour l’Histoire.

Par Waz-Za

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