Conseil de Sécurité de l’ONU : Le Niger et la Norvège obtiennent le vote d’une résolution historique portant sur la protection de l’éducation dans les conflits armés

Portée par le Niger et la Norvège, la résolution 2601 (2021) exclusivement consacrée à la protection de l’éducation dans les conflits armésa été votée, le vendredi 29 octobre 2021, avec un réel enthousiasmepar le Conseil de sécurité de l’ONU. L’événement était presque passé sous silence, pourtant il est d’une grande portée historique, cetterésolution étant la première à se concentrer explicitement sur le lien entre l'éducation, la paix et la sécurité.Il faut dire que, face au phénomène des attaques dévastatricescontre les écoles et les civilsqui se sont multipliées un peu partout dans le monde, ces dernières années, la question de l'éducation dans les situations de conflit a pris de l'importance au Conseil de sécurité de l'ONU.

En soumettant cette résolution au vote des membres du  Conseil de sécurité de l’ONU, les délégués du Niger et de la Norvège ont souligné le rôle inestimable de l'éducation pour les individus et la société, y compris en tant qu'espaces sûrs qui sauvent des vies. Aussi, ont-ils estimé «que fournir, protéger et faciliter la poursuite de l'éducation lors des conflits armés devrait rester une priorité essentielle pour la communauté internationale».

Après le vote de cette résolution, le Conseil de sécurité a exhorté les pays à élaborer des cadres juridiques nationaux pour garantir le respect de leurs obligations juridiques internationales pertinentes, y compris des mesures globales pour prévenir les attaques contre les écoles, les enfants, les enseignants et autres civils concernés. Dans cette même optique, les membres du Conseil de Sécurité de l’ONU ont demandé la mise en place de stratégies et de mécanismes de coordination pour l'échange d'informations sur la protection des écoles et de l'éducation, y compris entre les États, le Bureau du Représentant spécial du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, et les missions politiques et de maintien de la paix de l’ONU.

Dans une déclaration qu’il a faite aussitôt après le vote de la résolution, le délégué du Niger, Dr Maman Sani, a d’abord indiqué que la protection de l’éducation est une responsabilité collective, et que l’accès à l’éducation de qualité pour tous demeure une condition essentielle pour l’atteinte des objectifs de développement durable mais également pour asseoir une paix et une sécurité durabledans les zones touchées par les conflits et les crises humanitaires complexes. «Malheureusement dans le monde, plus de 75 millions d’enfants ont vu leur éducation perturbée par les conflits. Avec la pandémie de la COVID19, l’éducation a été interrompue pour la quasi-totalité des enfants et jeunes du monde», a-t-il déploré. En effet, a poursuivi Dr Maman Sani, les attaques contre les écoles et les infrastructures scolaires ont pris une ampleur alarmante dans le monde avec plus de 11,000 attaques perpétrées entre 2014 et 2019, touchant près de 22,000 élèves et enseignants dans 93 pays.

Parlant précisément de la situation dans la région du Sahel, le délégué du Niger a ajouté qu’avec la fermeture de près de 5000 écoles du fait de la crise sécuritaire et des attaques perpétrées par les groupes terroristes, ce sont plus de 700 000 enfants qui se sont retrouvés privés d’école, avec plus de 20 000 enseignants n’ayant plus la possibilité d’exercer leur métier. Dans un tel contexte, a-t-il encore

déploré, les filles sont particulièrement vulnérables. «Pour mon pays, le Niger, au cœur du Sahel et avec une des populations les plus jeunes au monde, la protection de l’éducation et l’accès à l’éducation n’est pas qu’un concept mais une nécessité impérieuse au cœur des politiques nationales et des priorités de notre mandat au Conseil de sécurité», a-t-il souligné.

Après avoir démontré toute l’importance de cetterésolution, il a ajouté qu’elle « nous interpelle sur le fait que la protection de l’éducation doit se faire de manière inter sectorielle en se fondant sur les mécanismes régionaux et nationaux existants”.

Force est de dire que l’adoption de cette résolution est tout à l’honneur de Niger, dont la délégation au Conseil de Sécurité de l’ONU avait pris l’initiative de convoquer, le 10 septembre 2020, un débat public du Conseil sur les attaques contre les écoles, au cours duquel les membres ont adopté une déclaration présidentielle réaffirmant le droit à l'éducation et sa contribution à la paix et à la sécurité.

  Assane Soumana(onep)

30 novembre 2021
Source : http://www.lesahel.org/

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