Rentrée judiciaire 2020-2021 de la Cour des Comptes : Promouvoir la transparence, l’efficacité et la performance dans la gestion des finances publiques au Niger

Le premier président de la Cour des Comptes, Pr Narey Oumarou a présidé le vendredi, 30 octobre 2020, la rentrée judiciaire 2020-2021, de l’institution, couplée à la session d’accueil des nouveaux membres. La cérémonie officielle de cette rentrée judiciaire s’est déroulée en présence d’un parterre d’invités dont le président de la Commission Finances de l’Assemblée Nationale et le ministre de la Justice, Garde des Sceaux.

«L’argent public est au cœur de l’Etat de droit et de la démocratie». C’est par cette phrase simple, mais lourde de sens, tirée du code de transparence des finances publiques au sein de l’UEMOA que le premier président de la Cour des Comptes Pr Narey Oumarou a invité ses collègues à méditer, à l’occasion de la rentrée judiciaire 2020-2021 de cette institution. Ceci pour dire que la Cour des Comptes, en tant que la gardienne de la bonne utilisation des deniers publics, participe au quotidien, à l’édification, à la consolidation de l’Etat de droit et de la démocratie. En effet, après avoir détaillé le travail accompli par la Cour des Comptes au cours de l’année judiciaire passée, Pr Narey Oumarou a précisé que le contexte actuel est marqué par une profonde aspiration des peuples africains au développement, à la bonne gouvernance financière publique comme un préalable indispensable.

Cette dernière permet à notre pays d’acquérir les capacités nécessaires pour le développement, la croissance économique et la réduction de la pauvreté. «Ce n’est un secret pour personne que nos concitoyens, et même ceux de nombreux autres Etats un peu partout en Afrique, développent le sentiment que ceux qui les gouvernent ne rendent pas suffisamment compte de leurs actions. Ce sentiment, souvent exprimé dans nos contrées à travers les nouveaux canaux de communication de masse, doit interpeller tous les acteurs de la gestion et du contrôle des finances publiques», a relevé le premier président de la Cour des Comptes. C’est dire que la présente rencontre constitue une tribune pour examiner cette problématique au regard du rôle crucial que doivent jouer les juridictions financières.

Dans le système francophone, les juridictions financières ont été créées pour veiller à la régularité des comptes produits par les comptables publics et, d’une manière générale, veiller au bon emploi des fonds publics. A ce propos, le premier président de la Cour des Comptes a rappelé la formule de Napoléon 1er lors de l’installation officielle de la Cour des Comptes en France en 1807 : «Je veux que par une surveillance active l’infidélité soit réprimée et l’emploi légal des fonds publics garanti». Cette fonction traditionnelle demeure actuelle, mais elle doit désormais être exercée dans un contexte marqué par des changements majeurs dont le plus important reste sans nul doute la recherche de la performance dans la gestion financière. Celle-ci, a dit Pr Narey Oumarou se justifie au regard de la raréfaction des ressources publiques et des revendications citoyennes d’obtention de meilleurs services publics de la part de l’Etat.

Au plan sous-régional, la recherche de la performance dans la gestion des finances publiques s’est traduite dans l’espace UEMOA, par l’adoption d’une série de directives financières en 2009. Toutes ces directives ont été transposées au Niger. Ainsi, la bonne gestion des fonds publics, a souligné Pr Narey Oumarou va au-delà de la seule régularité de l’action financière publique. Elle implique que la responsabilité des acteurs publics puisse être engagée lorsque ces derniers commettent des irrégularités pouvant être qualifiées de fautes de gestion. Pour ce faire, le premier président de la Cour des Comptes estime que des audits de performance doivent être réalisés pour vérifier si les ressources publiques sont gérées selon les principes d’efficacité, d’efficience ou d’économie. «C’est notre rôle et notre responsabilité de le faire», a conclu Pr Narey Oumarou.

La Cour des Comptes est la plus haute juridiction en matière de contrôle des finances publiques. Elle poursuit trois grandes missions principales à savoir une mission juridictionnelle en ce sens qu’elle juge chaque année, indépendamment de tout autre litige, les comptes des comptables publics de l’Etat ; de contrôle en vérifiant la gestion des fonds publics à travers la publication annuelle d’un rapport général public et enfin la mission consultative en vertu de laquelle le pouvoir exécutif ou législatif peut solliciter son expertise.

 Hassane Daouda(onep)

02 novembre 2020

Source : http://www.lesahel.org/