Après Ibou Karadje, un autre détourneur de huit milliards

Il est recommandé que « quand une femme porte une tenue indécente et se comporte légèrement, il faut la regarder avec tout le mépris, la haine et l’indignation dont vous pourriez faire preuve ». De cette même façon, n’hésitons pas à traiter les gens avec les mots qu’il faut si jamais il s’avère qu’ils se révèlent comme des voleurs, des irresponsables, d’ignobles détourneurs de deniers publics ; un âne est un âne ; pas cet animal aux grandes oreilles ! Kay !!!»

Après la rocambolesque affaire du petit Ibou Karadjé qui n’a pas encore eu tout le dénouement judiciaire escompté, la presse parle d’une autre affaire qui vient d’être mis à nue. Elle concerne un grand militant du PNDS. Tout comme le premier, ce second d’une rare indélicatesse aurait mis à l’ombre ou dilapider huit milliards de francs ! Le Président de la République aurait piqué une colère sans précédent face à cet autre cas qui démontre à n’en point douter le caractère irresponsable et boulimique des hommes qui nous gouvernent. Audelà, cette découverte justifie toutes les allégations portées contre Issoufou Mahamadou et ses proches collaborateurs ; ce ne sont rien d’autres que des voleurs patentés qui ont passé dix années à s’amuser avec l’argent et la conscience du peuple. Ne parlons même pas de confiance car il faut en avoir en soi pour en témoigner vis-à-vis des autres. Véritablement il faut manquer de confiance en soi pour poser de tels actes de bassesse. Comment imaginer qu’un individu détourne même un milliard à plus forte raison huit ? Pour en faire quoi qui lui servirait durant les trois cents ans qu’il va passer sur terre ? Car, un humble personnage qui s’imagine que Dieu pourrait le rappeler à un d’un moment à un autre ne saurait jamais poser de tels actes. Un homme vertueux et respectueux des valeurs humaines ne saurait jamais détourner de telles sommes dans un pays où plus de 80% de population peine à acheter mille francs de cahiers pour ses enfants. Une personne qui se respecte ne saurait jamais dilapider à son seul service et celui des siens de telles sommes dans un pays où des malades meurent faute de 200 francs de paracétamol ! C’est choquant et révoltant à la fois !

Dans un tel contexte, comment voulez- vous que la désobéissance civile ne prévale pas ? On dirait que les gens ne s’aperçoivent pas qu’ils sont en train de créer les artifices mêmes qui vont conduire à leur déchéance. En effet, la roue tourne en matière de pouvoir surtout. Quelle que soit la protection ou la complicité dont vous bénéficiez, un jour elle n’aura plus droit de citer. Ce jour-là, vous devenez fragiles et tous les actes tordus que vous auriez posés seront connus et jugés. Pourquoi cette réflexion a-t-elle déserté le coeur de ces individus qui ont pendant dix années spolié les ressources du pays ? Et, comme le ridicule ne tue pas, ce sont ces mêmes individus qui font des pieds et des mains pour rester ou revenir aux affaires ! Pourquoi ne comprennent-ils pas que les nigériens n’ont plus besoin d’eux ? Pourquoi ne comprennent-ils pas que même leur propre président devenu aujourd’hui celui de tous les nigériens n’a plus besoin d’eux ?

Ceci dit, le Président Bazoum dispose aujourd’hui d’une réelle issue de sortie. Il s’agit du soutien des nigériens de tous les bords qui sont prêts et décidés à l’accompagner dans son combat. Il ne lui reste qu’à identifier les acteurs les plus sérieux pour s’entourer d’individus au comportement orthodoxe. Surtout, il a besoin de gens loyaux qui ne le lâcheraient pas ou ne le trahiraient pas à la première offre. Toute la question réside à ce niveau : qui sont réellement engagés à soutenir le combat du Président Bazoum Mohamed dans son croisade contre les délinquants économiques de l’ère Issoufou Mahamadou ? Cette question revêt une importance capitale pour le Président car nous sommes au Niger et nous connaissons bien les champions de manipulations du couteau à double tranchant. Beaucoup ont l’habitude d’inonder les médias pour lancer des discours et des appels tonitruants. Sur le fait, à l’épreuve des faits, ils s’éclipsent à la première occasion. C’est à croire que cette situation explique même le comportement du Président qui semble hésiter à engager le vrai combat. Car, pour l’heure nous n’avons eu vent que des dossiers dépoussiérés et transmis à la justice. Certes, Ibou Karadjé est mis aux arrêts. Cependant, combien sont-elles les personnes visées qui continuent à circuler librement ? De piètres individus qui se sont enrichis en un rien de temps ; l’on en connait comme pas possible dans ce pays. Dans chaque quartier, on ne manque pas un de ces indélicats qui se sont enrichis illicitement à travers des détournements de deniers publics. Et la justice ne s’en est jamais penchée ou du reste ces gens ne sont nullement inquiétés. Ce mutisme est rebutant pour les nigériens qui attendent que les gens qui ont volé et qui continuent à les narguer soient mis sous les verrous. Le Président Bazoum doit arrêter de tergiverser ; dans ce pays, personne en dehors du président Issoufou Mahamadou ne serait prêt à couvrir un individu qui a pillé huit milliards au Trésor public.

Kaillo