Commémoration du 1er mai : La CDTN invite à un dialogue inclusif permanent afin de relever les grands défis de la sécurité et du développement socioéconomique

A la mémoire des pionniers de la lutte syndicale qui se sont sacrifiés pour perpétuer l'idéal de lutte mais également pour un monde de travail plus juste et plus décent, la Confédération démocratique des travailleurs du Niger (CDTN) a commémoré, samedi dernier, le 135ème anniversaire des événements tragiques de Chicago, célébré le 1er mai de chaque année à travers le monde. 

A cette occasion la CDTN a mobilisé ses structures syndicales affiliées ainsi que les travailleurs qui les composent pour le traditionnel défilé suivi de déclaration du bureau exécutif national de la centrale. Ce faisant, les membres de la centrale syndicale ont défilé de l’échangeur Mali Béro à la devanture du stade Général Seyni Kountché lieu de la cérémonie solennelle tenue du meeting en présence du ministre en charge des Affaires sociales, Dr Idi Illiassou Mainassara.

Dans son discours, le Secrétaire Général de la CDTN, M. Idrissa Djibrilla a exprimé la préoccupation particulière de la centrale relativement à la menace terroriste avec son cortège de drames douloureux de plusieurs centaines de personnes tuées tant parmi les Forces de Défense et de Sécurité (FOS) qu'au sein de la population civile, désormais prise pour cible par les groupes terroristes. Devant cette situation, la CDTN demande à l'Etat «de poursuivre les efforts en faveur des FDS mais également de dénoncer les sources de financement de ces groupes armés. «Nous apportons notre ferme soutien à nos FDS dans leur mission de sécurisation de la population et de l'intégrité territoriale», a soutenu le SG Idrissa Djibrilla, avant de saluer l’organisation des élections générales de 2020-2021, consacrant pour la première fois, une alternance démocratique dans notre pays.

Il a appelé les partis politiques, les associations et les syndicats à «procéder à la formation de leurs militants et à bannir le recours à la haine, au régionalisme et autres propos de nature à compromettre la paix et la cohésion sociale entre les différentes composantes de notre nation». Aussi, le SG de la CDTN a invité le Président de la République «à créer les conditions d'un dialogue inclusif permanent d'une décrispation socio-politique pour faire face aux grands défis du moment qui sont la sécurité et le développement socioéconomique dans un contexte régional et international marqué par la pandémie de la Covid-19 qui freine la croissance économique».

M. Idrissa Djibrilla est enfin revenu sur leurs échanges avec le Gouvernement pour l'application des accords existants, mais également sur des points qui n'ont pas été satisfaits lors des dernières négociations. Pour rappel, le dernier accord entre les centrales syndicales et le Gouvernement date du 20 octobre 2018. «Le cahier de doléances que nous soumettons au Gouvernement à l'occasion du 1er mai 2021, comporte douze (12) points qui sont : le respect des différents protocoles signés précédemment dont notamment; l'harmonisation des régimes indemnitaires des agents de l'Etat; l'apurement intégral des incidences financières liées aux avancements et reclassements; l'octroi d'une prime de départ à la retraite; le recrutement significatif à la Fonction Publique et dans les autres administrations de l'Etat; l'élaboration d'un plan de recrutement des agents contractuels de la santé et de l'éducation à la fonction publique de l'Etat et à la Fonction Publique territoriale; l'arrêt du recours à la contractualisation à la Fonction Publique; la poursuite et l'extension de la construction de logements sociaux par l'Etat sur l'étendue du territoire national; la revalorisation du SMIG et du point indiciaire; l'amélioration du pouvoir d'achat des travailleurs et la lutte contre la vie chère ; le renforcement du dialogue social et le respect des libertés syndicales; la réduction du prix des hydrocarbures à la pompe et l'amélioration de la qualité de l'accès à la téléphonie et à l'Internet; la régularisation administrative et financière des avancements automatiques et au choix; le rehaussement de l'âge de la retraite à 65 ans pour les travailleurs qui le désirent; l'octroi d'une indemnité pour les agents de l'Etat travaillant dans les zones d'insécurité».

Ismaël Chékaré(onep)

03 mai 2021
Source : http://www.lesahel.org/