Atelier régional d’échanges d’expériences sur la gestion durable des aires protégées en Afrique de l’Ouest : Promouvoir la diffusion des bonnes pratiques en matière de conservation de la biodiversité

Le projet « Gouvernance régionale des aires protégées en Afrique de l’Ouest PAPBio » organise depuis hier à Niamey, un atelier régional d’échanges d’expériences sur le thème « aires protégées et zones périphériques : de la nécessité de réconcilier les enjeux de conservation et les objectifs de développement socio-économique des territoires ». Ce projet mis en œuvre par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), à travers son programme pour l’Afrique du centre et de l’Ouest (UICN-PACO), vise essentiellement entre autres le renforcement des systèmes d’apprentissage partagés et les échanges d’expériences. C’est le secrétaire général adjoint du ministère de l’Environnement et de la lutte contre la Désertification Le colonel Ibro Adamou qui a présidé l’ouverture des travaux en présence du coordonnateur régional du projet, M. Arsène Sanon et le chargé des programmes et point focal biodiversité et gestion des ressources naturelles à la délégation de l’Union Européenne au Niger, M. Assoumane Oumarou.

La cohabitation entre les communautés riveraines et les aires protégées devient plus en plus difficile et se complexifie davantage à telle enseigne que la biodiversité subit aujourd’hui toute sorte de pressions et de menaces dans l’espace ouest africain. Au regard de cette situation peu reluisante, le projet « Gouvernance régionale des aires protégées en Afrique de l’Ouest PAPBio » a décidé de privilégier le renforcement des systèmes d’apprentissage partagés et les échanges d’expériences.

En ouvrant les travaux de cet atelier régional, le secrétaire général adjoint du ministère de l’Environnement et de la Lutte Contre la Désertification a rappelé que les aires protégées d’Afrique de l’Ouest ont de tout temps joué un rôle crucial pour la conservation de la biodiversité. Du reste, leur valeur, tant du point de vue des services éco systémiques qu’économiques n’est plus à démontrer. Néanmoins, les modes de gestion inappropriés auxquels elles sont soumises entrainent très souvent des situations conflictuelles entre gestionnaires et communautés environnantes desdites aires protégées. En effet, les aires protégées font face à une multiplicité de menaces parmi lesquelles les crises climatiques, sécuritaires, migratoires et sanitaire, crises exacerbées par la criminalité environnementale et la fragmentation des habitats. Dans un tel contexte, a dit le Colonel Ibro Adamou, il devient nécessaire de promouvoir des initiatives à même de renforcer la convergence et la synergie d’actions entre tous les intervenants, y compris des populations riveraines desdites aires protégées.

A cet effet, cet atelier s’est fixé l’ambitieux objectif de contribuer à la promotion et à la diffusion de bonnes pratiques tendant à réconcilier les enjeux de conservation et les objectifs  de développement socio-économiques des territoires attenants. Par ailleurs, pour faire des aires protégées un véritable moteur de croissance soutenue en Afrique de l’Ouest, l’Union Européenne, en collaboration avec les institutions régionales à savoir les commissions de la CEDEAO et de l’UEMOA, se mobilise pour soutenir une intégration régionale réussie en matière de conservation de la biodiversité et de gestion durable des ressources naturelles.

Auparavant, le coordonnateur régional du projet gouvernance régionale des aires protégées en Afrique de l’Ouest PAPBio, M. Arsène Sanon a précisé que le projet qu’il dirige est financé par l’Union Européenne à travers le 11ème FED. M. Arsène Sanon devait par la suite souligner que le  projet gouvernance régionale des aires protégées en Afrique de l’Ouest PAPBio accompagne la création d’un espace collaboratif de partage et d’échange d’expériences et de connaissances entres les acteurs de la conservation et de la gestion des aires protégées en Afrique de l’Ouest.

Pour sa part, le chargé des programmes et point focal biodiversité et gestion des ressources naturelles à la délégation de l’Union Européenne au Niger, M. Assoumane Oumarou a indiqué que pour une bonne gestion durable des aires protégées, il va falloir améliorer  la maitrise et la connaissance des potentialités afin  d’asseoir des modèles appropriés. Ces modèles ne peuvent être, bien sûr, qu’entre autres le développement des chaines de valeur, soit d’origine animale ou d’origine végétale. Un autre élément de réflexion a précisé M. Assoumane Oumarou, repose sur la réorganisation, la restructuration des promoteurs dans ce domaine. A cette réflexion, il faut ajouter la conception d’un cadre juridique et réglementaire adéquat pour promouvoir ce secteur privé. M. Assoumane Oumarou a estimé qu’il faut songer à la formation professionnelle des jeunes et femmes à travers des formations modulaires.

Hassane Daouda  

04 novembre 2021
Source : http://www.lesahel.org/