Banibangou : ruptures et mobilisation / Par Dr Farmo Moumouni

Le président d'une République qui compte et pleure ses enfants, les uns assassinés dans leurs villages, les autres tombant les armes à la main sur les champs de bataille, se rend dans le pays qu'il dirige, là où, pour la énième fois la terreur meurtrière alourdit les bilans macabres, accroît le nombre de veuves et d'orphelins, affecte la nation entière, et l'affecte.
On aura reconnu Bazoum Mohamed, à Banibangou, en l'occurrence.
C'est un évènement qui ne doit pas être passé sous silence, c'est un évènement qui doit rompre le silence ahurissant observé en tant de guerre
Si je devais, sous plusieurs angles, observer l'événement, je dirais :
C'est bien, d'un pont de vue moral.
J'y vois compassion, courage et leadership en ce qui concerne les qualités personnelles.
Vu sous l'angle de la communication politique, je l'évaluerais comme une réussite.
Mais, la paix, exige plus. Elle exige plus du président de la République et des Nigériens. Elle exige ruptures et mobilisation.
Rompre le silence, en temps de guerre, c'est prendre courageusement la parole, pour questionner l'immobilisme et l'utilité des forces militaires ultra-equipées présentes au Niger.
Rompre le silence, c'est prendre langue avec toutes les forces qui peuvent, dans un esprit de respect mutuel, et d'intérêts biens entendus, contribuer à l'effort de guerre.
Je ne vois pas meilleure meilleure mobilisation que celle qui se ferait autour de la Constitution que nous nous sommes donnée.

L'article 38 énonce :


La défense de la Nation et de l'intégrité du territoire de la République est un devoir sacré pour tout citoyen nigérien


pendant que l'article 66 stipule :


Les Forces armées nigériennes (FAN) assurent la défense de l'intégrité du territoire national contre toute agression extérieure et participent, aux côtés des autres forces, à la préservation de la paix et de la sécurité


et que l'article 46 fait du président de la République le garant de l'intégrité territoriale, l'article 50 l'oblige à jurer de préserver l'intégrité territoriale en prêtant serment, et enfin que l'article 63 le fait Chef suprême des armées.
La Constitution nous place, Citoyens, Armées et Président, devant nos responsabilités, à présent, en ces temps de guerre, plus qu par le passé, il devient urgent que chacun, dans élan patriotique, assume les siennes.

Farmo M.

07 novembre 2021
Source : https://www.facebook.com/moumounifarmoPhD