Élections générales de fin de mandat : De quoi le Pnds Tarayya peut-il se prévaloir pour gagner une élection ?

Élections générales de fin de mandat : De quoi le Pnds Tarayya peut-il se prévaloir pour gagner une élection ?

Par les urnes, le Pnds, probablement, ne gagnera aucune élection, au Niger. C’est le sentiment général qui ressort ici et là et c’est la raison pour laquelle, dit-on, que le parti au pouvoir fait tout pour que les élections soient organisées dans les conditions qui lui sont propres. Tout est pratiquement sous la coupe du Pnds et dans ces conditions, les résultats qui vont être proclamés n’auront rien à voir avec les résultats des urnes. La gouvernance, privilégiée par ce parti depuis dix ans à la tête de l’Etat n’a rien d’enviable. Il n’y a pas un secteur, un domaine qui ait été épargné. Les détournements massifs des deniers et biens publics, les violations des lois, l’instrumentalisation de la justice, la confiscation des libertés publiques, la corruption, le trafic de drogue, tout y passe.

Les détournements des deniers et biens publics

En dix ans, malin sera sans doute celui qui déterminera avec exactitude le nombre de milliards évaporés dans les détournements des tenants du régime. Ils ont tout pris, sans état d’âme. Même l’aide alimentaire destinée à des populations durement éprouvées par l’insécurité, a été détournée et vendue au profit d’individus. Si feu Seyni Kountché estimait qu’aucun Nigérien ne devait mourir de faim, même s’il fallait pour cela investir la totalité du budget de l’État, d’autres n’hésitent pas à voir dans l’aide alimentaire le moyen de s’enrichir. Le crime est odieux simplement. Que dire des fonds destinés à mieux armer l’armée nigérienne et qui a été, sur des années, détournées, parfois en refilant aux militaires des rames et des munitions défectueuses ou en simulant carrément un achat d’armes. Les auteurs de ces crimes sont pourtant libres et tranquilles, protégés par un système mis en place par le Pnds Tarayya.

Les violations des lois et des règlements

Sous la 7e République, les lois, y compris la loi fondamentale, ne représentent pas grand-chose. On les invoque et les brandit fièrement lorsqu’il s’agit d’embastiller un opposant politique, un acteur de la société civile ou un journaliste mal-pensant. Mais, on les range dans les tiroirs, lorsqu’on ne les viole pas simplement quand elles gênent. L’État de droit n’est que de nom et le président de la République est le champion dans cette violation des lois. Il n’en a cure. C’est la volonté de ceux qui gouvernent qui tient lieu de loi. Bien qu’interdit par la Constitution de prendre parti, Issoufou Mahamadou ne s’est pas gêné d’écrire, carrément, aux ténors du Pnds pour leur dire qu’il porte son choix sur Bazoum comme candidat à l’élection présidentielle prochaine.

L’instrumentalisation de la justice

Durant dix ans, les Nigériens ont subi l’injustice, entretenue et soutenue au sommet de l’État. Des délinquants notoires, voire des criminels, ne sont pas inquiétés du fait de leur appartenance politique au Pnds. Par contre, pour une peccadille, d’autres citoyens sont interpellés et parfois jetés en prison grâce aux bons offices d’un juge de service. Les libertés publiques, notamment, ont été confisquées et malgré les dispositions de la Constitution, ce sont des juges qui passent outre pour déclarer interdites des manifestations publiques autorisées par la loi fondamentale. Avec la presse, c’est tout autre chose. Bien que l’ordonnance 2010-035 interdit l’incacération de journalistes pour des délits commis par voie de presse, des policiers et des juges n’ont pas hésité à violer cette loi.

La confiscation des libertés publiques

De façon systématique, les Nigériens se sont vu opposé une interdiction formelle et systématique de manifester. Cette interdiction, à chaque fois, donne lieu à un déploiement massif de forces de l’ordre instruites pour mâter tout refus d’obtempérer à cette décision. Le caractère systématique de ces interdictions frise la folie. Même lorsque des organisations de la société civile ont décidé de manifester leur solidarité et leur soutien aux forces de défense et de sécurité, il leur a été opposé un refus catégorique. Et en avril 2020, des leaders de la société civile ont été arrêtés et incarcérés pour avoir refusé d’obtempérer à une décision qu’ils estiment anticonstitutionnelle.

La corruption et le trafic de drogue

La 7e République, c’est sans doute d’abord la corruption et le trafic de drogue. Si la corruption a noyauté tous les réseaux et qu’elle a détruit tout ce qui reste de valeurs au travail, le trafic de drogue a pourri le reste. Des personnalités proches des premiers responsables de l’État sont impliqués dans le trafic de drogue, mais restent libres comme l’air. Le cas emblématique de Sidi Lamine, un député du Mpr Jamhuriya, est là. Cité dans une affaire de trafic de cocaïne, l’homme n’a jamais vu son immunité levée pour faire face à un juge. Et le démantèlement de l’entrepôt de drogue dans lequel trois tonnes de drogue ont été trouvées, à Niamey 2000, a édifiés les Nigériens ce que leur pays est devenu pour le trafic de drogue au sahel.

Peut-on raisonnablement détruire un pays à ce pays et demander aux citoyens de vous faire, à nouveau, confiance ? Le Pnds Tarayya ne compte, selon toute vraisemblance, sur la sincérité des votes. Il a mis en place son système pour gagner sans avoir gagner.

YAOU