Semaine africaine du développement/Lancement des Profils Pays par la CEA : 21 pays concernés dont quatre de l’Afrique de l’Ouest

Dans le cadre de la semaine de développement prévue pour se tenir à Dakar, le Directeur du Bureau Afrique de l’Ouest de la CEA, M. Dimitri Sanga, a présidé samedi dernier le lancement des Profils pays 2016 en présence de la Secrétaire exécutive adjointe de la CEA Mme Giovani Biha.

On y rencontre, outre les responsables et représentants des agences du Système des Nations Unies et ceux de la Commission de l’Union Africaine, les délégations pays, les représentants des organisations régionales d’intégration, les partenaires techniques et financiers, les experts divers, les leaders africains, les chercheurs, les élus, les acteurs du secteur privé, les organisations de la société civile, etc. Ainsi, bien avant, la conférence des ministres proprement dite, un certain nombre d’événements parallèles (side events) se tiennent depuis le 22 mars dernier. Il s’agit entre autres des différentes réunions d’experts sur des thématiques aussi pertinentes que les stratégies de renforcement des capacités pour la planification du développement ; la mobilisation des ressources aux niveaux national, régional et continental ; l’urbanisation ; les finances, les affaires monétaires, la planification économique et l’intégration ; le financement de la santé ; les questions foncières et l’agriculture ; les projets infrastructurels d’envergure, l’emploi et la jeunesse ; le dividende démographique, etc.

Par la même occasion, la CEA a procédé au lancement d’un certain nombre d’études et de rapports dont les ‘’Profils pays’’. Ces Profils pays, les 2ème du genre après celui de 2016, a concerné 21 pays au total dont quatre (4) de l’Afrique de l’Ouest à savoir le Cap Vert, le Nigeria, le Ghana et la Gambie. Les autres pays étant le Burundi, Djibouti, Madagascar et la Somalie pour l’Afrique de l’Est, l’Angola, le Malawi, le Swaziland, la République Sud Africaine, le Mozambique et l’Ile Maurice pour l’Afrique du Sud ; le Gabon, le Tchad, la Centrafrique et la Guinée équatoriale pour l’Afrique centrale et enfin l’Algérie, la Mauritanie et la Tunisie pour l’Afrique du Nord. Au lancement du rapport, le Directeur Afrique de l’Ouest à la CEA, a indiqué que le Profil pays est un document qui procède à des analyses détaillées de l’économique du pays concerné. « Il peut inspirer les décideurs à planifier et à mettre en place des politiques et des agents pour la transformation structurelle de l’économie de nos pays » a expliqué M. Dimitri Sanga, qui s’est félicité de la qualité du panel d’experts qui l’entoure pour la présentation et la discussion de ce rapport.

D’après ces experts, le Profil pays est une vue d’ensemble du pays et une mine d’informations endogènes. Il met l’accent sur les défis, mais aussi les opportunités et l’intégration ; mieux encore, il fait des recommandations allant dans le sens des actions à mener en vue de la transformation structurelle de nos économies avec un accent particulier sur l’intégration. Les Profils pays 2017, ont relevé un certain nombre de facteurs ayant concerné ou qui concernent encore tous les pays. Il s’agit entre autres de la chute des cours des matières premières, qui ont affecté les économies ; le fort taux de chômage des jeunes, les déficits ou crises énergétiques. Mais il y a aussi les inégalités, les menaces sécuritaires, etc. Cependant, à côté de ces défis, existent aussi des opportunités. L’un des objectifs des Profils pays, est de fournir aux décideurs les statistiques et les informations qui leur permettent d’ajuster les politiques.

En outre, explique le Directeur Afrique de l’Ouest de la CEA, même si le continent a été durement frappé par la chute des cours des matières premières et la récession mondiale ; certains zones ont été résilientes. « C’est le cas de la zone UEMOA qui garde un taux de croissance de 7% en 2017, tirée essentiellement par deux pays à savoir la Côte d’Ivoire et le Sénégal » souligne M. Dimitri Sanga, relevant cependant que la situation du Nigeria impacte le taux global de la zone CEDEAO. Dans leurs exposés, les experts ont aussi évoqué la question de l’intégration notamment, la question de la monnaie unique dans la zone CEDEAO. Ils notent que les critères de convergence imposés aux Etats, dans un contexte économique difficile, ne sont pas de nature à faciliter, la création de la monnaie dans cette zone. Un premier délai qui était de 2015 n’a pas pu être respecté alors que la situation économie était nettement meilleure. C’est dire que le nouveau délai fixé à 2020 paraît aussi court pour certains experts.

D’autres questions comme celles de la production des statistiques ont été évoquées au cours de ce panel. Les experts et la CEA recommandent aux Etats de développer les systèmes statistiques nationaux. Par la même occasion, ils ont demandé aux partenaires et de soutenir les Etats dans cette tâche, mais aussi tous les autres acteurs qui concourent à la production des statistiques.

Siradji Sanda, envoyé spécial à Dakar

28 mars 2017
Source : http://lesahel.org/