Loi des finances 2022 : Pourquoi cette répartition inéquitable de nos ressources ?

Incroyable, en 2022, le gouvernement d’Ouhoumoudou projette de mobiliser et de dépenser selon ses prévisions une somme de 2.888 milliards de francs CFA. C’est ce budget colossal, qui est soumis à l’appréciation des parlementaires, 90 jours durant, avant de donner feu vert au gouvernement dans son exercice de mobilisation et de dépense publique. D’après le gouvernement, la présente loi de finances pour l’année prochaine, se caractérise par un élargissement de l’assiette fiscale, à travers l’institution de nouvelles taxes pour les petites et micro-entreprises. Ces nouvelles taxes voulues par le gouvernement, vont certainement peser très lourdes sur un marché déjà trop taxé et qui tend vers la mourante. Toute chose qui va directement à l’encontre des bonnes pratiques et préférences de nos petites et moyennes entreprises. Selon toujours le gouvernement qui l’a adopté en conseil des ministres, le projet de loi de finances pour l’exercice 2022, intervient dans un contexte marqué par des défis sanitaires et sécuritaires ; la variabilité des cours mondiaux des matières premières, ou encore, les aléas climatiques et leurs impacts négatifs sur la dernière saison pluvieuse qui nécessite un appui conséquent en vivre notamment aux populations vulnérables du pays. Mais ce projet de loi, faut-il le souligner, coopère directement aux orientations du Programme de la renaissance et les priorités et choix stratégiques définis par le gouvernement, notamment dans le Plan de développement économique et social en cours, et le Programme économique et financier également en cours d’exécution notamment avec le Fonds monétaire international. Pour rappel, le projet de loi de finances pour l’année 2022, table un budget annuel en recettes et en dépenses équilibré à 2.888 milliards de Francs CFA, répartis inéquitablement entre les différents services et institutions de l’Etat. C’est ainsi que la Présidence de la République se retrouve gracieusement avec une enveloppe de 214, 221 milliards de francs CFA. La Primature quant à elle, se retrouve avec 114,264 milliards, pendant que la Représentation nationale bénéficie à elle seule, 21 milliards de francs CFA. Les autres départements ministériels, tels que, celui de la défense nationale ; de l’intérieur et de la décentralisation, ou encore, le ministère de la santé publique, bénéficient respectivement de 151 milliards ; 114 milliards et 127 milliards de francs CFA. Ensuite, l’Enseignement supérieur, 67 milliards, Education nationale, 262, 504 milliards, 137,272 milliards pour le Ministère du Pétrole ; 89,183 milliards pour le Ministère de l’agriculture et 21,209 milliards celui de l’élevage. Le ministère de l’Équipement se retrouve avec 226,964 milliards, et 101,593 milliards pour le ministère des Finances. Le Ministère des affaires étrangères reçoit 18,606 milliards et 19, 249 milliards de francs CFA pour le Ministère de la Justice. Pendant ce temps le CSC ; la Cour constitionnelle ; la CNDH ainsi que le Cabinet de Médiateur de la République et la Cour de Cassation, bénéficient respectivement de 752, 175 millions ; 729,484 millions ; 377,199 millions FCFA ; 359, 342 millions et 454,758 millions de francs CFA. Enfin, la Cour d’Etat: 324, 519 millions ; CESOC, 1,437 milliards et 873,697 millions de francs CFA pour la Cour des comptes.

Salifou Hachimou