Le maire de la commune urbaine de Gothèye, M. Mossi Issa : «La situation sécuritaire est relativement calme dans la commune de Gothèye»

Le maire de la commune urbaine de Gothèye, M. Mossi Issa : «La situation sécuritaire est relativement calme dans la commune de Gothèye»Le maire de la commune urbaine de Gothèye, M. Mossi Issa Monsieur le Maire, pouvez-vous nous faire, une présentation de la commune urbaine de Gothèye?

La commune urbaine de Gothèye est dans la région de Tillabéry département de Gothèye. La commune est à 78 Km au sud ouest de Niamey. Elle est délimitée à l’est par la commune de Kourté, au sud par la commune de Namaro, au sud-ouest par la commune de Torodi et le Burkina Faso et à l’est et au nord par la commune de Dargol. La commune est située à 70 Km du chef lieu de la région via Bag-Farié. La population au recensement 2015 est de cent dix mille cent vingt sept habitants (110127). Notre commune urbaine compte 52 villages administratifs. Nous avons une superficie de 3600Km² et la densité est de 25,71 pour cent habitant par Km². Au niveau de la mairie, nous avons 18 conseillers élus et 2 conseillers de droit. Le staff de la mairie est constitué, du maire, deux adjoints, un secrétaire général, un secrétaire municipal, un receveur et trois agents d’Etat Civil. On trouve dans la commune de Gothèye des Sonrais, des Peulhs, des Touareg et des Gourmanchté. En matière de démographique, nous avons en 2018, 116.805 habitants dont 59.044 femmes et 57.761 hommes. En 2019, la population est estimée à 121.404 habitants dont 61.369 femmes.

Quelles sont les principales activités pratiquées dans votre commune ?

Les activités principales sont l’agriculture, l’élevage, l’orpaillage, la pêche et le commerce. Les revenus de la commune viennent essentiellement de la taxe municipale, les taxes du marché, les différentes taxes que nous percevons au niveau de la population. Malheureusement, au niveau de la taxe municipale, sur 86 millions, nous avons pu recouvrer, seulement 18 millions. Mais l’essentiel des revenus de la commune est basée sur les marchés. Parce que nous avons un marché de bétail, qui nous rapporte en moyenne 700.000F CFA par jour du marché.

Au niveau de l’orpaillage, la commune ne tire rien. Je dis bien rien ! Je vais vous expliquer comment ça se passe. C’est le ministère des mines qui récupère les taxes au niveau des orpailleurs. Quand il les récupère, il verse l’argent dans le budget de l’Etat. Et l’Etat nous rétrocède une partie. Je ne dis pas que c’est négligeable, mais c’est très faible par rapport au budget de la commune. Il n’y a que les mines de SAMIRA qui donnent une redevance minière à la région de Tillabéry. Et c’est la redevance minière là qu’on repartie entre les 45 communes que compte Tillabéry. Après la répartition, la commune de Gotheye a bénéficié cette année de un million quatre cent mille (1.400.000) franc CFA. L’usine de SAMIRA se trouve à Gothèye, mais la commune de Gothèye n’a bénéficié que de 1.400.000F Cfa. Donc, ça veut dire que l’or et l’orpaillage n’apporte pas grande chose au budget communal.

Dans la plupart des cas, les communes privilégient le fonctionnement de la mairie sur les investissements communaux. Quelles sont les principales réalisations qu’on peut mettre à l’actif de la commune ?

Effectivement au niveau des communes le plus souvent, on constate que les gens ne privilégient que le fonctionnement, parce que l’essentiel du budget de la commune est basé sur la taxe municipale. Je vous ai dit que notre budget est de 135 millions, et au niveau de la taxe municipale nous avons 86 millions. Sur les 86 millions, on a recouvert seulement 18 millions. Mais au niveau des autres taxes, (taxe de marché et autres) partout le recouvrement va au delà de 200 %. Mais comme la plus grande partie du budget est basée sur la taxe municipale, ça annule nos efforts. Ce qui fait que le plus souvent, c’est l’argent qui rentre que nous utilisons pour assurer le fonctionnement de la commune.

Votre commune bénéficie de plusieurs actions des partenaires techniques et financiers à travers les autorités de la 7ème République, dites nous concrètement les actions réalisées dans la commune urbaine de Gothèye.

Parmi les partenaires, nous avons la KFW qui intervient dans la commune à travers le FICOD. La KFW nous a fait des constructions dans plusieurs villages. C’est le FICOD qui a construit même le siège de la mairie. Il a construit beaucoup de classes en matériaux définitives dans nos villages et des parcs de vaccinations. Le FICOD investit beaucoup dans notre commune. Word vision aussi intervient dans la commune, même cette année, Word vision nous a demandé 10 villages dans lesquels ils vont faire des forages. L’année dernière, ils ont fait plus de 10 forages dans la commune de Gothèye. Word vision fait aussi des parrainages de plusieurs activités scolaires. Il y a l’ONG ‘’3 frontières’’ qui va intervenir près de 120 millions de franc CFA dans la commune de Gothèye à partir de 2020. Nous avons déjà élaboré le plan de travail avec les responsables de cette ONG. Ils vont construire un CSI à Bloundjouga, un parc de vaccination à Pitildiré, une classe à Zamémé et des forages. Ils vont faire beaucoup d’actions. En dehors de ça, ‘’3 frontières’’ va investir 200 millions dans 10 communes de la région de Tillabéry. Nous avons aussi le PRODEC qui nous appuis dans le cadre de la bonne gouvernance.

Le maire de la commune urbaine de Gothèye, M. Mossi Issa : «La situation sécuritaire est relativement calme dans la commune de Gothèye»Monsieur le Maire, pouvez-vous nous faire, une présentation de la commune urbaine de Gothèye?

Les investissements de la mairie vont le plus souvent dans l’éducation à travers la réhabilitation des classes. A Hondobon, la Sirba, etc. nous avons réhabilité des classes, et l’abattoir de Gothèye. Nous mettons des livres à la disposition des filles de l’école des filles 1 de Gothèye. Et nous confectionnons aussi des tables bancs. Nous construisons des classes dans le cadre du budget participatif. Nous intervenons aussi dans le domaine de la santé. 1/3 de notre masse salariale est injectée dans les différents CSI que nous avons dans la commune.

La sécurité est une préoccupation majeure des autorités du Niger, en particulier ceux de Gothèye, quelle est la situation sécuritaire de la commune de Gothèye ?

La situation sécuritaire est relativement calme dans la commune de Gothèye. Nous avons dans notre commune une zone rouge. Elle commence à partir de Boulkabou, là où se trouve la mine de Samira. Il y a environ une dizaine de villages dans cette zone rouge. La fois dernière, le chef de village de Mandawe nous a appelés pour dire que suite à des attaques au Burkiuna Faso, il y a la population de Boundoré estimée à 300 personnes qui sont venus se refugier à Mandawe et Bloungounga. Dans cette même zone, nous avons des écoles qui sont fermées à savoir l’école de Mandawe, de Bloundjounga, de Gnoforou, MandaweSefa, Mandawetrad, Djikiri, Bingal pourel Groutaya. Il y a plusieurs écoles qui sont fermés pour cause d’insécurité. Depuis l’année dernière c’est une classe qui a été brulée au niveau de Mandawe. C’est pour ça que je dis que la situation sécuritaire est relativement calme dans notre commune.

Quels sont les défis majeurs qui vous attendent pour favoriser un développement durable à Gothèye ?

Les défis majeurs de la commune c’est le recouvrement de la taxe municipale. C’est ça qui nous pose des problèmes. Et je crois que ce problème est propre à toutes les communes du Niger. Mais en perspective, dans notre PIA (Plan d’Investissement Annuel) nous avons des objectifs à atteindre, telle que la réalisation et la réhabilitation des forages, la dotation des villages en latrine. Nous avons des cases de santé que nous comptons transformer en Centre de Santé Intégré et envisageons la construction des maternités dans les CSI. Nous allons continuer à construire et à équiper des classes et des murs de clôture dans nos écoles. Dans le cadre de la sécurité alimentaire, nous allons appuyer les villageois en semence maraichère, en semence pluviale, etc.. Nous allons aménager des sites maraichères pour les cultures de contre saison. Dans le cadre du DEL (Développement Economique Local) nous comptons améliorer et orienter la production du sésame, de l’oignon blanc et du moringa qui va nous permettre de créer des emplois décents à nos populations. Dans le cadre de la bonne gouvernance, c’est des sensibilisations que nous faisons au niveau de la population. Il y a un autre axe que nous ne pouvons pas oublier, c’est le renforcement des opportunités économiques de la commune en construisant des hangars dans les marchés.

Mossi Hamidou Issa

03 janvier 2020
Source : http://www.lesahel.org/