Lancement officiel des activités du projet ‘’ Appui aux Défenseurs des Droits Humains au Niger : Un accompagnement technique et financier des acteurs de Droits de l’Homme au Niger

Le président de la Commission Nationale des Droits Humains, Pr Khalid lkhiri, a présidé hier dans l’après-midi, au Grand Hôtel de Niamey, la cérémonie du lancement officiel des activités du projet ‘’ Appui aux Défenseurs des Droits Humains au Niger’’. C’est un projet d'un montant de 300.000 Euros (plus de 196 millions FCF A) de la Commission Nationale des Droits

Humains financé par l’Union Européenne. Il couvrira l’ensemble du pays. Il a pour objectifs spécifiques de délivrer assistance et conseil dans le domaine des Droits Humains au sein de la société civile, aux personnes ou aux groupes de personnes qui affrontent des discriminations ou des intimidations dans l'exercice de leurs activités, notamment dans les milieux journalistique et carcéral, en particulier aux prisonniers en détention provisoire. La cérémonie s’est déroulée en présence des présidents des institutions de la République, des membres du gouvernement, du Chef de la section politique, presse et information de la Délégation de l’Union Européenne au Niger, M. Olai Vionmaa, des acteurs de la société civile et de plusieurs invités.

En prononçant son discours, le représentant de l’Union Européenne a indiqué que les inégalités et les violations des droits de l'homme posent un nombre croissant de défis à travers le monde il s'avère d'autant plus important de redoubler d'efforts pour défendre les droits de tous mais aussi de se pencher sur ceux qui ne ménagent pas leurs efforts pour faire respecter ces droits. Selon si chacun d'entre porte individuellement sa part de responsabilité pour défendre ces droits, les défenseurs des droits de l'Homme, qui agissent en leur nom propre ou à travers des organisations, se retrouvent souvent seuls à faire courageusement face àdes pressions et à des menaces croissantes. M. Olai Vionmaa a affirmé que l'Union Européenne est déterminée à les protéger et à favoriser, le plus possible, les actions garantissant leur intégrité.« Chacun de nous, à notre niveau, pouvons et devons distiller, auprès de ceux qui nous prêtent l'oreille, les mots de circonstance qui traduisent notre conviction profonde d'indéfectibilité aux valeurs de la Démocratie et des Droits Humains », a-t-il dit.

Il a en outre rassuré que leur institution continuera à être aux côtés de la CNDH pour appuyer ses efforts de progrès dans la protection et la promotion des Droits de l'Homme au Niger non seulement avec leur assistance financière, mais aussi avec leur dialogue avec les autorités politiques et la société civile.Il a expliqué les raison du choix de la CNDH en disant que le projet consacré aux défenseurs des droits humains au Niger et par la même occasion de renforcer l’institution qui a démontré agir dans la plus grande indépendance et qui a acquis le statut A, au niveau international, auprès de ses pairs en 2017.

Quant au Pr. Khalid lkhiri, en procédant au lancement du projet, il a tout d’abord rappelé que le partenariat entre la CNDH et la Délégation de l’Union Européenne (DUE) au Niger ne date pas d’aujourd’hui. Selon lui, l’institution avait, entre 2017 et 2019, déjà financé à la CNDH un premier projet intitulé « Appui à la Promotion et à la Protection des Droits Humains au Niger » dont l’objectif général était de contribuer à la Promotion et à la Protection des Droits Humains au Niger.

La mise en œuvre dudit projet est tel que ressorti dans le rapport d’évaluation, a dit Pr. Khalid Ikhiri, que le groupe cible impacté par le projet était estimé à 336 personnes dont 150 issues des organisations de la société Civile, 50 points focaux des Ministères, 50 Forces de Défense et de Sécurité, 40 Chefs traditionnels, 40 autorités municipales et 6 Responsables des Antennes de la CNDH (Tillabéri, Agadez et Diffa) en raison de 2 par région : les Chefs d’Antennes et leurs Adjoints). «Grâce également à ce même projet, la CNDH a rendu opérationnelles trois (3) de ses Antennes Régionales à savoir Diffa, Tillabéri et Agadez, localités où les préoccupations en matière des droits humains sont malheureusement une réalité», a-t-il indiqué.

En ce qui concerne le présent projet lancé hier, le président de la CNDH a dit qu’il cadre avec les missions de la Commission Nationale des Droits Humains, car les activités qui y sont prévues découlent du Plan Stratégique de la CNDH 2019-2023 à travers principalement quatre de ses cinq axes. Pour lui, la mise en œuvre impliquera une synergie avec des organisations de la société civile qui constituent d’ailleurs la cible principale. En effet, a-t-il ajouté, les Défenseurs des Droits de l’Homme (DDH), dans l’exercice de leurs fonctions, courent des risques qui le plus souvent portent soient atteinte à leur intégrité physique et/ou morale soient dirigés vers les organisations au sein desquelles ils militent.

La mission de protection des Droits de l’Homme consiste à aider les personnes victimes de violations de leurs droits en investiguant sur les cas d’allégations dont ils ont connaissance, en proposant soit des solutions en vue de faire cesser ces violations, ou dans certains cas, en assistant les victimes devant les tribunaux en vue d’obtenir réparations aux préjudices qu’elles ont subis. Ainsi, pour la CNDH, cette action permettra d’apporter des solutions aux problèmes que rencontrent quotidiennement les DDH et d’aider ces derniers à mieux accomplir leurs missions de promotion et de protection des droits humains au Niger.

Seini Seydou Zakaria
21 février 2020
Source : http://www.lesahel.org/