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mardi, 24 mars 2009 20:04

Le cinéaste El hadj Sani Magori : Une étoile montante

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Sani_MagoriFaire un scénario, regarder un film, sont autant d'occasion de susciter le dialogue, de sensibiliser et d'informer.  C'est aussi à partir des idées que naissent les films. Il suffit donc d'inventer une situation, des personnages, des problèmes...
affirme le cinéaste nigérien, El hadj Magori Sani.
Né en 1971 à Galmi dans la région de Tahoua, Magori Sani est aujourd'hui reporteur et correspondant du Magazine féminin Amina.  Il a obtenu son Bac D en  1994  et a bénéficié d’une bourse en Algérie où il suivit des cours en Agronomie saharienne. En 2001, il est affecté au département  des Cultures Irriguées à l'INRAN en tant qu'appelé du Service Civique National. C'est le passage dans cette institution qui lui a permis de s’intérsser au 7ème art car dit-il, là-bas,  on préfère plus montrer les images aux producteurs pour leur expliquer par exemple  comment mélanger les produits phytosanitaires ou comment faire les manipulations pratiques, et  filmer les réunions avec les producteurs agricoles. En 2007, il retourne sur les bancs de l'école à l'Université Gaston Berger de Saint Louis du Sénégal d'où il sort avec un diplôme de Master II en ''réalisation  cinéma documentaire de création''. De retour au pays, il  rentre de plain-pied dans le monde  du 7ème art, un talent qu'il a su développer avec expertise et valoriser. Les  films de Sani Magori ont principalement pour thème les différents facteurs sociaux et les intrigues des sociétés. Au total, il a à son actif deux films documentaires qui ont eu beaucoup de succès: ''Notre pain capital'' et ''pour le meilleur et pour l'oignon''. Le premier est un film documentaire de 13 mn  réalisé en juillet 2008 en wolof (une langue du Sénégal, pays dans lequel  l'auteur s'est perfectionné dans le 7ème art), mais sous-titré en français. Dans ce film, l'auteur évoque la chaîne alimentaire qui gravite autour du pain, de sa fabrication jusqu'au marché noir qui irrigue les réseaux de la mendicité, une transition pour aborder la question du devenir des enfants de la rue à Saint-Louis du Sénégal. Ce film, qui  a eu le Prix Canal + Horizon au Clap Ivoire en septembre 2008, a ensuite été projeté  à la 31ème  rencontre internationale de films d'école Henry Langlois de Poitiers en décembre 2008, puis sélectionné en compétition internationale au festival International de court métrage de Clermont-Ferrand en 2009.
''Pour le meilleur et pour l'oignon'' (52 mn) est aussi un film  documentaire qui met en exergue les efforts de Yaro pour cultiver l'oignon et surtout le vendre  au meilleur prix, efforts d'autant plus ardus que l'ensemble des dépenses liées au mariage de sa fille Salamatou avec son fiancé Adamou lui incombent, a expliqué le cinéaste Sani Magori. Un mariage soumis au cours de l'oignon,  comme la plupart des activités de cette région de  Galmi  où tout est lié à la bonne récolte de cette denrée tant prisé qu'est l'oignon. Cette réalisation est, selon son auteur, le fruit de plusieurs années d'observation. ''C'est la vie quotidienne de mon terroir,  elle est rythmée par l'oignon, tous les projets des habitants sont liés à la récolte de l'oignon. En croisant mon regard d'agronome, de cinéaste et de fils du village, j'ai voulu montrer les difficultés qu'il y a autour de la culture de l'oignon, ses enjeux économiques et des interrelations entre la culture de l'oignon et la vie des villageois'',  affirme Sani Magori. A  travers ce film, je montre aussi que  notre pays est le plus gros producteur d'oignon de la sous-région  et que l'oignon est le 2ème produit d'exportation après l'uranium'', a précisé le cinéaste qui ajoute qu'il a surtout voulu, à travers ce film, montrer la nécessité  d'une licence pour les semences du violet de Galmi  et surtout la nécessité d'obtenir un label national pour l'oignon. Ce film  conçu en  décembre 2008, a eu le mérite d'être choisi comme la première œuvre nigérienne de l'année 2008 au Forum Africain de Film Documentaire de Niamey  organisé en décembre 2008  et qui a obtenu le prix Jean Rouch et a été sélectionné en compétition internationale pour le festival ''Vues d'Afrique'' à Montréal  en avril 2009. ''Je compte poursuivre l'œuvre en faisant un autre film : ''le retour à Galmi'' où il y aura des projections publiques suivies de débats sur l'avenir de la filière, ainsi que d'amples explications  sur le violet de Galmi. El hadj Sani Magori envisage  aussi de faire un film dénommé : ''Kukan Kurcia'' ou le cri de la tourterelle, un documentaire  de 52mn. Le tournage  de ce film est prévu pour octobre 2009 et  sa diffusion en décembre 2009. L'auteur y évoquera la situation des jeunes migrants à la recherche de  l'Eldorado.

Aissa Abdoulaye Alfary
24 mars 2009
Publié le 24 mars 2009
Source : Le Sahel
Dernière modification le mardi, 28 février 2012 13:15