Créatrice de mode Farida Idrissa Boubacar : Prendre soin de soi à travers l’habillement

La mode est bien présente dans nos sociétés ; c’est un moyen d’expression favori des jeunes en quête d’expériences. Bien de jeunes  s’y retrouvent et excellent  en ce temps de grandes vacances où les mariages et autres cérémonies festives sont organisés fréquemment. Farida Idrissa Boubacar fait partie de ceux-ci ; elle est une jeune fille nigérienne de 25 ans avec une collection de vêtements de marque bien garnie. Elle est très jeune et pleine d’entrain, elle aime créer, allier modernisme et traditions et faire ressortir la beauté et l’esthétique des tissus qu’elle façonne. Selon elle, « n’entre pas qui veut dans le monde de la mode et de la créativité ;  il faut avoir de l’ambition, de la formation et avoir l’envie de se démarquer des autres pour confectionner quelque chose d’attractif, de fascinant.

Après son Baccalauréat, Farida a suivi une formation en marketing dans un institut,et puis une formation en Communication des Entreprises à l’Ecole des Cadres. Présentement, elle est agent commercial dans une société de la place. Pour des raisons personnelles et indépendantes de sa volonté, selon elle, elle a abandonné les études mais se rattrapera Insha Allah parce qu’elle veut grandir et obtenir un master 2 dans le domaine.

Après plusieurs années de stages dans différents services, elle dispose actuellement d’un Contrat à Durée Déterminée (CDD) en cours dans une agence de communication de la place.

 Elle aime s’habiller classe en créant des modèles qui s’identifient à notre culture et nos valeurs. C’est pourquoi, elle a décidé de s’y lancer et de s’exprimer à travers ses idées novatrices d’où le nom de la collection ‘’ fareedah collections’’.

« J’ai intégré le petit monde de la mode nigérienne  en 2017 lorsque j’avais pour la première fois posé en tant que mannequin photo à une marque nigérienne (ASH ÉBÈNE). Ensuite, les opportunités n’ont pas manqué pour participer aux castings par l’intermédiaire de certains acteurs de la mode que j’ai pu approcher … j’étais ainsi donc mannequin de podium et modèle photos avec comme manager le groupe 13 Évent. Mais avant tout ça, j’ai été mise en valeur et officiellement lancée par le photographe nigérien Aboubacar Magagi (Elite média) », dit-elle pour évoquer les vraies motivations qui l’ont poussée dans ce métier.

 Elle exerce ce métier avec amour et passion et ses proches sont fiers d’elle et c’est cela l’essentiel pour elle, un vrai bonheur d’être motivée par ses proches. Et le plus important pour elle, dans ce domaine, elle a pu faire de belles rencontres.

Après tout ce parcours et pour des pesanteurs socio culturelles, elle a mis un terme à ses prestations lors des défilés et autres en tant que mannequin. « Et je me suis décidée d’exprimer mon amour pour ce secteur qui datait depuis mon enfance, en lançant ma propre marque de vêtements spéciale demoiselle d’honneur suivie de tenues en tissus africains et d’ailleurs …j’aime m’habiller en créant des modèles qui s’identifient à notre culture et nos valeurs . C’est pourquoi, j’ai décidé de me lancer et de m’exprimer à travers mes propres  idées de création », dit Farida fièrement.

Elle fait des vêtements pour les demoiselles d’honneur de ‘’ Bride to Be et de cocktail’’ notamment des robes, des kimonos et des ensembles de haut, des pantalons et des abaya… pour le moment.

Comme matériaux, elle utilise de la soie simple, du Bogolan, de la soie bogolan commandés de Lomé, de Dakar, des tissus crêpes, du Dan katshina (Nigeria). Mais payer avec des fournisseurs nigériens et parfois par obligation de commander avec les fournisseurs de Lomé, Nigeria et Dakar.

Pour les commandes, elle donne un rendez-vous d’une semaine pour une tenue à la demande de la cliente, mais pour les demoiselles d’honneur, elle fait en sorte qu’elle rassemble l’argent  un (1) mois avant le’’ Bride to Be’’ de préférence pour prendre le temps d’avoir le tissu et de coudre suivi de l’impression.

Pour le moment, Farida ne dispose malheureusement pas de moyen d’ouvrir un atelier ; elle fait juste des vêtements qu’elle poste avec les prix et elle revend en faisant livrer les intéressés, et lorsqu’il n’y a pas de disponibilité, elle prend sa commande et la fait livrer dès qu’elle finit. Son commerce est entièrement du E-Commerce, un commerce en ligne qui marche bien, selon elle. Et les livraisons sont assurées avec des services spécialisés dans le domaine.

Expliquant les qualités pour être styliste, Farida précise qu’il faut être quelqu’un de passionné, qui aime ce qu’il fait et qui apprend à travailler techniquement et artistiquement. Il faut aussi avoir une chaine relationnelle qui va vous aider à développer le circuit commercial. Etre curieux et un bon observateur, avec et surtout une dose de patience et de persévérance jusqu’à satisfaction. Croire et surtout croire en soi.

D’après elle, beaucoup de femmes sont enfermées ; on doit leur permettre de faire ce qu’elles veulent pour développer leur potentiel, que cela soit au niveau des études, de la formation afin de se réaliser pleinement. Nous devons aimer nos traditions, nos cultures et nous devons prendre notre destin en main. Essayons de définir notre propre identité » a soutenu la styliste modéliste. Et pour le cas du stylisme, elle suggère de créer de nouvelles façons d’être, de penser et de faire. C’est bien nécessaire pour prospérer et avancer.

A l’en croire, les obstacles ne manquent pas quand on est femme entrepreneur particulièrement dans le secteur de la mode, mais il faut juste faire avec. Des conseils, des petites formations sont utiles pour pouvoir se perfectionner, et avoir plus d’outils de production.

Par Aïssa Abdoulaye Alfary(onep)

10 septembre 2021
Source : http://www.lesahel.org/