Musique/ la formation Block’S Crew : Le duo nigérien rebondit en force sur scène, avec un triple album RNB

Musique/ la formation Block’S Crew : Le duo nigérien rebondit en force sur scène, avec un triple album RNBLes trentenaires Hassane Adamou Madougou dit Dia One et Kabirou Issa Boubakar connus sous le pseudonyme de Yukon de la formation Block’s Crew font partie de ces rares artistes à être présents sur la scène de la musique urbaine, au Niger. Evoluant dans la musique de variété dans notamment l’Afro-pop et l’Afro-beat, le duo revient en force sur scène cette année avec un triple album en cours, dont une dizaine de titres sortis devenus déjà virales.

Block. S. Crew est connu du public nigérien, suite à son premier album «Talibé», sorti en 2008. Ce fut ensuite, «Mun dawo» qui signifie (en langue haoussa) «Nous sommes de retour», verni dans la salle du palais des congrès de Niamey archicomble, le 7 janvier 2017 et vendu en 5.000 exemplaires, d’après Dia One, l’un des deux membres du groupe. Après cela, «nous avons eu à faire des tournées à Tillabéri, Dosso, Tahoua, Agadez, Zinder et Arlit», indique l’artiste. Cette fois-ci, le duo se déchaine pour un triple album. Du fait que l’un des deux membres de la formation réside en Allemagne, pour des contraintes personnelles, ils ont convenu alors de maintenir le cap de leur carrière commune, a en s’y prennent ainsi, avec l’idée de produire simultanément trois (3) albums. Chacun de son côté fait un (1) en solo et ensemble ils font un 3ème album. «Les trois albums seront présentés à la même date au cours de cette année 2020. Trois (3) titres du duo sont déjà disponibles, tout comme trois de chacun de nous», indique Dia One.

A propos de Block’s Crew

Hassane Adamou Madougou dit Dia One et Kabirou Issa Boubakar connu sous le pseudonyme de Yukon, sont des amis d’enfance, originaires du quartier Liberté de Niamey. Emportés par le mouvement hip hop en vogue dans les années 2000, depuis leur 1er cycle secondaire, les deux amis partagent une brillante carrière musicale. «Nous avons grandi ensemble ici, dans ce quartier, nous étions en classe de 3ème. Ce n’était pas du tout facile vu les contraintes qui nous obligeaient à étudier. Il a fallu après les examens du BEPC pour que nous saisissions les opportunités de prestations qui nous ont permis de faire le tour du Niger. Précisément dans le cadre de Nescafé African Revelation et la de scène ouverte Rap dont nous étions lauréats de la 8ième édition. Notre carrière est partie de là, et depuis lors nous restons scotchés la dessus» confie Dia One.

Certains les appellent Talibizey » (talibés) du nom d’un de leurs albums. Ils ne s’en plaignent pas, mais s’y reconnaissent plutôt fièrement. Du moins que c’est le titre de leur premier album de 2008, dans lequel le duo a clamé haut et fort le droit des enfants «sans amis, sans familles» qui s’abritaient dans les rues et recoins de Niamey. Bien qu’ils ont eu la chance d’être chez leurs parents et scolarisés, Hassane et Kabirou avaient connu en réalité les talibés, car ayant fréquentés auparavant l’école coranique du quartier, jusqu’à devenir d’ailleurs très proches de certains d’entre eux. «Nous avons partagés des moments avec eux, même si nous étions chez nos parents contrairement à eux. Nous ne prenions pas des tasses en main pour quémander, mais nous savions et sentions ce qu’ils vivaient», explique Dia One. Aujourd’hui Yukon est marié et père d’un enfant, il est titulaire d’une licence en Finance Comptabilité et Dia One titulaire d’un Brevet de Technicien d’Etat (BTS) en logistique transport. Ils se disent fils du ghetto, vraisemblablement dans le sens de l’incarnation de la persévérance et de la solidarité que reflètent leur parcours et leurs ambitions.

Avec les trois (3) albums en cours, la formation Block’S Crew entend exporter sa musique sur la scène internationale pour la fierté de la culture nigérienne. «C’est cela qui nous reste à faire», estime le membre du groupe, Dia One confiant de leur performance, même s’il considère que le soutien matériel qu’il faut aux artistes n’est pas encore de mise. «Au Niger, nous n’avons pas de producteurs proprement dit, en matière de musique. Nous n’avons que des organisateurs d’événements, des managers et des promoteurs de studios», affirme Dia One de Block’s Crew. Selon lui, le développement de l’industrie culturelle suppose l’investissement pour la valorisation des talents des artistes. Pour l’heure, déplore-t-il, les artistes nigériens s’autoproduisent.

Mahamane Chékaré Ismaël(onep)

25 février 2020
Source : http://www.lesahel.org/