Tahoua/Reconstruction du marché : Les commerçants se réjouissent de l’avancement des travaux

«On ne peut pas faire des omelettes sans casser les œufs», a-t-on coutume de dire. Les travaux de reconstruction du grand marché de Tahoua obligent les commerçants de la ville à se retrouver depuis le lancement du chantier, sur des carrefours et autres espaces publics de la ville. Cependant, malgré leur peine à se faire de bons chiffres d’affaires, du moins comme avant, les commerçants se réjouissent de l’avancement des travaux, et se disent confiants de la portée du joyau qui sera bientôt mis à leur disposition, pour évidemment améliorer le cadre du commerce et booster ainsi l’économie de la région.

«Il suffit d’un petit tour sur le chantier pour se rassurer de sa portée. Ce sont des grands travaux. Nous avons foi que ce sera notre fierté», dit M. Abdoul Aziz Oumarou, un jeune vendeur de valises, recasé au niveau du stade. Il estime que ces investissements les marqueront à jamais. Effectivement, après la modernisation de la ville, voilà ce projet de marché moderne. Ils ne peuvent que s’en réjouir. Cependant, la donne du marché n’est plus la même. Dans le cadre de leur recasement les commerçants n’ont pas véritablement eu le choix. Quatre places ont été retenues officiellement, à cet effet, à savoir: l’arène, le stade, «Cinéma» et «Katagar Toukour». Et certains sites sont mieux positionnés que d’autres.Trois seulement sont occupés à cette date, excepté «KatagarToukour». Au niveau de l’arène quelques boutiques sont érigées. Pour la plupart, il fallait coute que coute avoir une place autour du stade (site le plus proche du marché en reconstruction). 

«Le recasement s’est bien passé dans l’ensemble. Les responsables du marché l’ont bien organisé. Ils nous ont recensés, sans doute chacun aura de boutique après. C’est sur la base de ce même recensement qu’ils nous ont répartis sur les lieux de recasement provisoire. Une fois que le nouveau marché sera ouvert, nous en serons fiers d’exercer nos activités dans un cadre plus commode», confie Moutari Salihou, vendeur de friperie. Cela fait plus de 4 mois qu’il est à la porte de l’arène de lutte de Tahoua. «Ce n’est vraiment pas la même affluence des clients que lorsque nous étions au marché. La clientèle est un peu en baisse. Mais Dieu merci! Nous avons conscience que c’est pour des raisons de travaux et, mieux, à notre profit. Nous ne pouvons que souhaiter plein succès aux travaux, et afin que chacun s’y retrouve», affirme-t-il.

En ce qui concerne les commerçants installés au niveau du stade municipal de Tahoua, l’impact n’est pas assez sensible. En effet, le lieu n’étant pas loin de la place du marché en chantier, les clients s’y retrouvent. Elhadj Nassirou Abdoul-Aziz est l’un des occupants de la chaussée de l’entrée ouest du stade. Ce vendeur des téléphones et d’accessoires ne voit pas un grand changement, après son départ du site des travaux. «Mes clients mes retrouvent jusqu’ici. Souvent certains clients m’appellent même, pour des marchés à distance. On conclut le marché, ils m’envoient leur argent et je leur livre ce qu’ils veulent. C’est ce que je fais d’ailleurs de fois depuis l’avènement des réseaux sociaux », a-t-il précisé.

Des jours du marché hors du marché

Sur le site de la reconstruction de ce marché, les ouvriers travaillent même le jour de marché hebdomadaire de Tahoua qui a lui tous les dimanches. En ce troisième dimanche de juin dernier, une forte ambiance commerciale règne aux alentours de tout le périmètre des travaux. Si les marchands permanents ont dû se faire recaser, ce n’est pas le cas de ceux qui ne viennent que pour les grands jours de marché. Ces commerçants nomades qui affluent, pour l’occasion, des hameaux, villages et villes environnants ne trouvent mieux que d’étaler leurs produits jusqu’à côté des engins, notamment, à la devanture de la MJC. En effet, ils sont nombreux à occuper les berges en pavé du ravin aussi en réaménagement dans le cadre des travaux du marché. Les ouvriers et les commerçants semblent faire bon ménage. En ce jour de marché hebdomadaire, les gros engins sont pratiquement aux arrêts. Le ciel du marché est dégagé. L’atmosphère est légère de poussière. Les usagers vaquent à leurs échanges sans perturber les ouvriers.

 Ismaël M. Chékaré(onep)

08 juillet 2020
Source : http://www.lesahel.org/

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