Commémoration du 31ème anniversaire de la marche des scolaires du 9 février 1990 : Les scolaires regrettent l’impunité dont bénéficient les responsables des crimes du 9 février

C’est sous un soleil ardent que les scolaires nigériens se sont réunis hier à la place des martyrs (2ème échangeur) pour commémorer les événements tragiques du 9 février 1990. En effet, le but de cette traditionnelle journée commémorative est de rendre hommage aux martyrs de l’avènement de la démocratie au Niger à savoir, Alio Nahantchi, Issaka Kayné et Abdou Mamane Saguirou.

Pour cette occasion, les scolaires sont sortis de touts les coins et recoins de la capitale, pour à nouveau réclamer justice aux victimes du mouvement du 9 février 1990. En effet, l’agenda commémoratif de chaque 9 février rend obligatoire une brève rétrospection historique et contextuelle de la date ‘’noire’’ du 9 février 1990. En ce sens, les responsables des mouvements syndicaux qui se sont succédé sur le podium, à savoir, le SG de l’USN, ceux de l’UENUN, de l’UEPTEN et de la Section lycéenne et collégienne, ont tous mis l’accent sur l’historique et l’importance de cet événement (9 février), appelant au passage aux respects des mesures barrières et à des élections apaisées.

A cette occasion, le Secrétaire général du Comité Directeur de l’Union des Scolaires Nigériens (CD/USN) a rappelé que cet événement est la boussole qui a donné à notre pays le Niger, un souffle d’espoir, une vitalité légendaire et un nouveau départ. Le SG du CD/USN a déclaré avec amertume qu’il est animé en  ce jour par un double sentiment. D’une part, de déception, dit-t-il, par le fait que les vrais acteurs du 9 février qui, à leur temps défendaient avec une énergie sans commune mesure exigeaient avec vigueur, justice pour les martyrs, se trouvent aujourd’hui  aux commandes de l’Etat, sans bouger le petit doigt en vue d’aider l’USN à trouver justice. D’autre part, le SG de l’USN a indiqué qu’il est animé d’un sentiment de joie car, l’USN comme toujours, reste débout, forte, engagée, unie et déterminée. Elle reste sous la direction des mêmes principes directeurs et avec une force intarissable et indétrônable.

Pour sa part, le Secrétaire général de l’UENUN a regretté le fait que le crime contre les scolaires reste jusqu’à ce jour impuni. A la date du 9 février 2021, soit 31 ans après le massacre, les responsables de la tuerie du 9 février vadrouillent librement dans la nature d’autres sont morts sans jamais avoir été inquiétés. «Les autorités actuelles ne sont autres que les anciens amis et camarades de lutte des martyrs. Aujourd’hui, ils ont complètement oublié les promesses de justice. Chaque instant, chaque jour et chaque occasion sera pour nous le reflexe d’une lutte syndicale pour améliorer les conditions académiques et sociales de nos camarades» a-t-il assuré.

Par rapport au contexte de la commémoration de cette année, le SG de l’UENUN rappelle que cette commémoration intervient dans un contexte syndical et politique assez singulier. «Face aux revendications les plus urgentes, cette occasion est loin d’être une festivité, pour nous. Mais plutôt, une occasion de rappeler aux autorités les revendications toujours en instance» a-t-il dit.

Rappelons que la commémoration de cette année n’a pas suscité une forte mobilisation auprès du monde scolaire, contrairement aux années antérieures. Cela démontre, à la limite, le manque d’intérêt que le monde scolaire actuel, réserve à la formation syndicale et idéologique.

 Abdoul-Aziz Ibrahim(onep)

10 février 2021
Source : http://www.lesahel.org/