Lutte contre la corruption : L’Éducation est-elle vraiment une priorité pour le Président Bazoum Mohamed ?

Décidément, l’université privée suisse à Niamey, SWISSUMEF, a les couilles solides. Malgré les dénonciations et les protestations, elle poursuit son opération de mainmise sur l’école publique primaire que lui a cédée, dans des conditions absolument contestables, voire douteuses, l’ancien ministre des Domaines, de l’Urbanisme et du Logement, Waziri Maman. Le lundi 11 octobre 2021, SWISSUMEF a ainsi organisé une réunion de validation de l’étude environnementale, preuve qu’elle n’entend pas lâcher le morceau, même si des organisations de la société civile et des syndicats de l’Education parlent ouvertement de trafic d’influence, de corruption, de concussion.

Fustigée, dénoncée et condamnée pour se contenter de facilités de coulisses et faire main basse sur une école publique, l’université suisse, on l’a pensé un moment, a dû renoncer à ce deal des plus douteux, opéré dans des circonstances pour le moins douteuses. Avec la tenue de la réunion de validation de l’étude environnementale, elle a démontré qu’elle est prête à tout affronter pour s’approprier un bien public, faisant ainsi honneur aux moeurs du boiteux magistère d’un certain Issoufou Mahamadou sous lequel cette cession lui a été concédée. Un magistère au cours duquel, pendant 10 ans, la corruption a été érigée en règle de gouvernance, des ministres et grands commis de l’Etat ayant, chacun dans sa sphère de compétence, monnayé ce qu’il peut pour se constituer une fortune.

Ce projet, surréaliste dans tout autre pays qui se respecte et qui fait de l’éducation une priorité, est en train de prendre forme sous les yeux d’un président qui dit avoir érigé l’école au premier rang de ses priorités. La cession d’une école publique primaire qui avait plus de 800 apprenants, de la formation professionnelle et du primaire lors de sa démolition, prend à contre-pied le discours présidentiel et constitue au besoin que, entre les engagements politiques et les actes, il y a parfois la mer à boire.

Laboukoye