Incendies tragiques dans les classes paillotes : Plus jamais ça !

Après le drame de l’école Pays- Bas, à Niamey, en avril 2021, où l’incendie de classes paillotes a fait une vingtaine de morts parmi les élèves du préscolaire et du primaire, une tragédie similaire a fait, ce 08 novembre 2021 à Maradi, au moins 26 morts, des enfants de cinq à six ans, apprend-on, des « bambinos », suite à l’incendie de leurs classes paillotes. De tout petits enfants, absolument innocents, arrachés de manière tragique à l’affection de peurs parents. Venus pour jouer avec leurs camarades, apprendre à lire, à écrire et à compter avec leurs enseignant-s-es, ils ne retourneront pour chez eux pour retrouver papa et maman. Nul ne peut imaginer les souffrances atroces que ces bambinos ont endurées.

Ça révolte et heurte la conscience humaine. C’est pourquoi, il faut que des responsabilités soient situées, car il y a bien des responsables, même si leur responsabilité n’est pas directe. La responsabilité de l’Etat d’abord puis celle de tous les partenaires (internes) de l’éducation, les parents et les collectivités en particulier. Car le partage des coûts de l’éducation est consacré depuis des décennies par la Loi d’orientation du système éducatif nigérien (LOSEN). L’éducation est un droit consacré pour l’enfant. C’est reconnu par tous les textes, toutes les religions et le simple bon sens. Sachant que le petit de l’homme ne devient humain qu’au sein de la société avec l’influence des générations anciennes et aussi ses pairs. Ce droit fondamental de l’enfant est un devoir pour l’Etat. C’est donc à l’Etat de lui assurer sa formation pour une intégration harmonieuse à la société, en tant que citoyen modèle. Avec des moyens et des conditions acceptables. Or, depuis quelques années, l’école nigérienne se dégrade et les conditions de travail deviennent des plus difficiles à bien des égards. En termes d’infrastructures, avec une démographie galopante et des moyens qui ne suivent pas, les classes paillotes prennent le pas sur les classes en matériaux définitifs. Même les petits enfants du préscolaire prennent cours dans ces classes paillotes. C’est ce que les drames de Niamey et de Maradi ont révélé au grand public de manière si poignante et cruelle. Chaque année pourtant, les associations, les syndicats et d’autres voix dénoncent l’insuffisance des allocations budgétaires au domaine de l’éducation. Il est donc du devoir de tous de revoir chacun sa copie, l’Etat, les parents et les enseignants. Les uns pour prendre l’éducation au sérieux en la dotant de moyens financiers et matériels conséquents, les autres pour accompagner l’Etat en assurant leur part du contrat conformément à la LOSEN. L’éducation, comme la sécurité, est l’affaire de tous. Tous doivent donc être attentifs à la qualité de l’éducation, et à la sécurité dans et autour des écoles pour que des drames similaires ne constituent plus une autre source de deuil, de démotivation et d’abandon de l’école. Un homme ignorant, pas formé, est dangereux pour tout le corps social. Il faudra également former les enseignants, par vagues probablement, en secourisme pour qu’ils puissent simuler des situations de ce genre afin que les élèves maitrisent les gestes qui peuvent sauver. Mais, des enfants de 4 à 5 ans peuvent-ils le faire, même entrainés au cours de ces simulations ? Selon des sources dignes, à Niamey, la direction régionale de l’éducation a déjà instruit les chefs de service pour que les élèves du préscolaire et du C.I ne prennent plus cours dans les classes paillotes. C’est probablement tout ce qu’il peut faire à son niveau. Toujours est-il que des mesures énergiques doivent être envisagées et être mises en oeuvre pour mettre fin à cette politique budgétivore et sans lendemain de classes paillotes. Car, non seulement leur confection coûte cher aux collectivités, mais en plus elles ne durent qu’une année scolaire si un incendie ne la ravage pas. C’est pourquoi il faudra songer à faire voter par l’Assemblée nationale une loi de programmation pour sauver le secteur de l’éducation. Une éducation à moindre coût s’avère toujours une éducation de bas niveau, avec en sus des conséquences tragiques comme des incendies du genre Pays-Bas et Maradi.

Bisso