Éducation en milieu nomade : Les collectivités s’engagent pour la promotion de l’éducation en milieu nomade

En marge des festivités de la Cure Salée, les maires de la région d’Agadez ont débattu de la situation de l’éducation en milieu nomade, le 18 septembre 2021, dans les locaux de la mairie d’Ingall. C’était à l’occasion d’une conférence sur le thème «École en milieu nomade/EMIN : une alternative pour la réussite des enfants des éleveurs». L’EMIN est un projet mis en œuvre par l’ONG Hed-Tamat avec l’appui financier de l’Unicef. Il vise l’amélioration de la scolarisation en milieu nomade à travers un mode de  regroupement.

L’offre éducative classique ne répond pas fortement à l’éducation des enfants en milieu nomade. C’est ainsi que selon M. Soufiane Amadou, chef de bureau de l’Unicef de la zone d’Agadez, présent à la conférence, l’objectif visé à travers cette conférence est de proposer une alternative à l’endroit des enfants nomades tout en précisant que l’Unicef salue l’initiative des écoles en milieu nomade qui est une démarche propre à la région d’Agadez. «La mobilité pastorale évolue avec les changements climatiques et les questions de sécurité. Et tout cela impose d’autre corridor de transhumance», ajoute-t-il. 

Le mode de vie des populations nomades et semi nomades ne favorise pas la fréquentation scolaire et le maintien des enfants à l’école ainsi que la poursuite des études au secondaire», a indiqué  le 1er Vice-président du Conseil régional d’Agadez, M. Ahmad Ikhiri. C’est pourquoi, il a souligné la nécessité de revoir la texture et la poursuite des études au niveau secondaire dans ces zones à forte mobilité  et habitats dispersés et à faible effectif scolaire afin de garantir aux enfants leur droit à l’éducation et aux autres services sociaux de base.

Les maires des différentes communes se sont exprimés lors de cette conférence pour manifester l’intérêt d’assurer une éducation pour les enfants des éleveurs. C’est dans ce souci de contribuer à une éducation de qualité en faveur des enfants en milieu nomade que l’Unicef a financé une étude dans les régions d’Agadez, Tahoua et Zinder.

L’objectif est de trouver une solution alternative à la problématique de la scolarisation des enfants en milieu nomade qui n’arrivent pas à jouir pleinement de leur droit à l’éducation reconnu par les textes nationaux et internationaux. La phase pilote du projet a concerné les communes d’Aderbinasset, d’Ingall, de Timia et d’Iferouāne. Au total 53 écoles sont ciblées et 8 autres écoles de regroupement et 4 collèges ruraux de proximité. «À terme, le projet créera un cadre de performance des élèves du primaire et du secondaire. 8 sites ont été identifiés et mis en œuvre», a dit M. Ahmad Ikhiri.

A l’issue de cette conférence, les collectivités ont lancé un appel à l’endroit de tous les partenaires de l’éducation afin de mutualiser les actions en faveur de la mise en œuvre du projet EMIN qui a connu sa phase pilote dans le cadre du partenariat entre l’ONG Hed- Tamat et l’Unicef. En effet, les défis majeurs consistent à garantir l’alimentation scolaire, la construction des infrastructures adaptées aux écoles en milieu nomade.

En fin, les maires présents à la conférence ont procédé à une déclaration pour affirmer leur engagement en faveur de la promotion de l’école en milieu nomade. Il s’agit entre autres pour les collectivités de l’inscription dans leur planification des ressources suffisantes en faveur de l’éducation et de la formation; de l’élaboration et de la mise en œuvre de la carte scolaire de concert avec les services techniques communaux. Les maires ont aussi indiqué dans leur déclaration la construction, l’équipement et l’entretien des infrastructures en responsabilisant les communautés à travers les comités de gestion décentralisée de l’éducation conformément à la règlementation. Les maires se sont également engagés à recruter et gérer le personnel dans les écoles selon le besoin. Ils se sont en outre engagés à accompagner l’État dans l’acquisition, la gestion des fournitures scolaires, du matériel pédagogique et matériel ludo-éducateur en attendant le transfert effectif de cette compétence et de ses ressources.

Oumar Issoufou(onep) , Envoyé spécial

18 novembre 2021
Source : http://www.lesahel.org/