Covid-19 : Quelles idées pour sauver l’année scolaire 2019-2020 ?

Covid-19 : Quelles idées pour sauver l’année scolaire 2019-2020 ?Le Covid-19 a démontré son emprise et son envergure sur le monde entier tant sur le plan spatiale (épidémie planétaire), que socio-économique. Sur le plan socio-économique, tous les secteurs sont touchés. Ainsi pour ce qui concerne le Niger, les secteurs du commerce des biens, de l’hôtellerie, du tourisme, des transports aérien et terrestre, mais aussi le domaine de l’éducation et de la formation sont touchés. Pour ce qui est des secteurs cités plus haut, des propositions ont été faites et des mesures de soutien sont prises, à l’exemple de l’exonération de la TVA sur les transports, l’hôtellerie, les agences de voyage, les bars et débits de boisson, les sports et loisirs. Mais et le domaine de l’éducation et de la formation ?

Dans l’enveloppe mobilisable de 597 milliards de francs CFA grâce au soutient des partenaires techniques et financiers demandée par le gouvernement pour faire face à la crise du Covid-19, 159 milliards de francs CFA seront orientés au secteur sanitaire. Alors dans ce pactole, quelle est l’enveloppe prévue pour sauver l’année scolaire 2019-2020 ? Et quoi que cela soit possible si la volonté politique y est !

Si on agit à temps, on peut bel et bien reprendre les cours tant ici à Niamey qui est le foyer du Covid-19 qu’à l’intérieur du pays où l’impact de la pandémie n’a pas atteint celui de Niamey. Le geste louable du ministre Assoumana Mallam Issa nous a inspiré. En effet il a distribué le 07 Avril 2020 gratuitement 10 000 ‘’tourets de nez’ ’communément appelles bavettes et pairs de gants aux conducteurs des transports en commun de la place comme quoi le nombre de centimètres n’a rien avoir avec la grandeur et la noblesse du coeur !

Alors pour revenir à l’école nigérienne afin d’éviter une année blanche qui plane à l’horizon, il faut que tous les ministres du gouvernement et ceux qui sont tapis à la Présidence de la République agissent dans ce sens. Ils ont déjà fait un geste mais à mon humble avis si c’est à apprécier, c’est peut mieux faire. Comme disait Djado Sékou (célèbre griot nigérien) : wo ne kulu kambuza no !!

Tous les élèves ont besoin chacun d’un kit composé d’au moins une paire de gants, une paire de bavettes et de l’eau de javel ou tout autre désinfectant pour retourner à l’école. Cela leur permettra de les changer, de les laver et désinfecter au jour le jour. Donc si chacune de ces personnalités y contribue pour au moins 10 000 kits nous serons autours de 500 000 kits environ ! Ce qui peut couvrir au moins les besoins des candidats du secondaire de la ville de Niamey et renvoyer les enfants nigériens à l’école ? Et le peuple sera apprécié au moment opportun. Il faut saluer la subvention de l’Etat sur les bavettes à 100F CFA l’unité dans les pharmacies et les centres de santé. Le facteur temps est le paramètre prépondérant pour la reprise des cours au Niger. Pour cela, l’idée de la date du 01 juin 2020 pour la levée éventuelle de certaines mesures du confinement doit être revue. Si l’on reprend les cours au plus tard à la date du 15 mai et avec une réorganisation des horaires, on peut espérer sauver l’année au secondaire d’ici la fin juin. Le Burkina Faso reprend le 11 mai au niveau secondaire et pour les classes du C.M.2.

Pour les horaires, on peut envisager de revoir le volume horaire journalier. Au lieu de 05 heures, on peut passer à 07 heures. Donc, les cours peuvent se dérouler matin et aprèsmidi. Pour cela, le matin les cours vont de 08H à 12H et l’après-midi de 15H à 18H. Mais il faut associer tous les partenaires de l’école surtout les 2 principaux intéressés à savoir les élèves et les enseignants à travers leurs syndicats respectifs.

Cependant, il faut aussi lorgner sur ce qui se passe avec les diverses contributions des bonnes volontés qui continuent d’être réceptionnées, afin d’orienter une partie pour sauver l’année scolaire 2019-2020. Une fois que cela se réalise, on mettra naturellement l’accent sur Niamey pour ce qui est de la distribution de ces kits. En plus des mesures ‘’prophylactiques’’ d’hygiène (mesures barrières) déjà appliquées, les élèves et les enseignants pourront regagner les salles de classes et ainsi évité une année blanche dont les séquelles demeurent dramatiques et les conséquences incommensurables. Bien entendu tout ceci requiert la responsabilité et la discipline collective et individuelle. P.S. : ‘’Si le Covid-19 ne doit pas, malgré tout, empêcher aux marchés d’ouvrir, aux transports en commun de se faire et à l’enrôlement biométrique de se poursuivre, alors pourquoi doit-il peser si lourd sur l’école ?’’ LE Monde d’Aujourd’hui n°389 du 06/05/2020.

ARDO IYE

16 mai 2020
Source : Le Canard en Furie