Sanef 2018

Amères vérités : N'est-ce pas Ousseïni Salatou, porte-parole de la COPA 2016, qui deéclarait à qui voulait l'entendre, qu’ils seraient preêts à se nourrir, s'il faut, de gari (semoule de manioc) que d’accepter la façon dont Mahamadou Issoufou gouve

Amères vérités : N'est-ce pas Ousseïni Salatou, porte-parole de la COPA 2016, qui deéclarait à qui voulait l'entendre, qu’ils seraient preêts à se nourrir, s'il faut, de gari (semoule de manioc) que d’accepter la façon dont Mahamadou Issoufou gouverne Il n’y a pas de doute : le niveau de pourriture de la gouvernance actuelle a atteint un tel paroxysme et les gouvernants ont fait montre d’une telle insouciance pour les préoccupations du peuple nigérien que même les militants du Pnds Tareyya admettent que le régime a désormais touché le fond et que le mieux, pour le Niger, est qu’il débarrasse le plancher. Je parle bien entendu des militants du Pnds qui ont les pieds sur terre et dont les consciences ne sont pas corrompues ; ceux qui sont véridiques et qui savent que la gouvernance de Mahamadou Issoufou n’a apporté au Niger que ruines et catastrophes. Ceux-là sont dans la gêne extrême, engoncés dans une posture des plus délicates. Le régime qu’ils incarnent restera sans aucun doute le plus sale de l’histoire du Niger et le plus nul, aux plans politique, économique, social et culturel. En disant que personne d’autre, auparavant, n’a fait autant que lui, qu’aucun régime n’a fait autant que celui qu’il incarne, Mahamadou Issoufou sait de quoi il parle. Et si personne ne comprenait auparavant son langage, tout le monde a fini, aujourd’hui, par cerner exactement ce que cachait son propos sibyllin. De Diori à lui, cela fait près de six décennies entières de souveraineté et huit chefs d’État et présidents de la République, mais le Niger n’a jamais connu une gouvernance pareille, faite :

De maltraitances, de misères et de fanges pour le Niger, c’est-à-dire d’infamies, de bassesses et de vilénies, son nom et son image étant traînés dans la boue, en premier par ses gouvernants, et ses biens et deniers publics gaspillés aux quatre vents du monde.

D’insouciance de la part de ses gouvernants qui mettent des milliards dans leur propre confort et dans l’enrichissement de leurs amis étrangers plutôt que dans les secours et les soutiens de leurs concitoyens dont les conditions de vie se dégradent de jour en jour.

: De mépris pour les citoyens au point où leurs cris de cœur, leurs pleurs et leurs complaintes sont considérés comme des récriminations politiques qui ne méritent que dédain et dérision, lorsqu’on ne leur oppose carrément de l’indifférence totale.

De trafics d’armes et de drogue, le Niger étant, selon les voix officielles, la plaque tournante des narcotrafiquants et les trois principales institutions (présidence de la République, Cabinet du Premier ministre, Assemblée nationale), les abris protecteurs de leurs correspondants nationaux. De malversations financières qui ne sont plus le fait de quelques individus, mais de groupes organisés au sommet de l’État et bénéficiant d’une impunité totale tandis que des Nigériens, qui se battent pour un mieux-être des populations, sont régulièrement arrêtés et incarcérés.

De détournements de biens publics de plusieurs milliards de francs CFA, toujours dans l’impunité totale des auteurs, qui peuvent même s’attendre à une promotion comme il y en a eu dans les affaires Soraz et des fraudes au Baccalauréat en 2016.

Aucun Nigérien ne peut être fier d’une telle gouvernance et Seïni Oumarou a sans doute bien raison de parler de gouvernance satanique. Seulement, Seïni Oumarou et ceux qui, à l’image d’Ousseïni Salatou, l’ont inspiré dans son combat politique et ses discours va-t-en-guerre à l’endroit du régime, ont fini par abandonner principes et engagements devant le peuple pour prendre leurs parts et se taire.

N’est-ce pas Ousseïni Salatou, porte-parole de la COPA 2016, qui déclarait à qui voulait l’entendre qu’ils seraient prêts à se nourrir, s’il faut, de gari (semoule de manioc) que d’accepter la façon dont Mahamadou Issoufou gouverne ce pays et gère les ressources publiques ? Eh bien, ils sont devenus depuis deux ans ses plus fidèles serviteurs et les plus grands thuriféraires de la gouvernance satanique qu’ils ont brocardée, contestée et jetée en pâture. Ils ont ainsi donné raison à ceux qui pensent que beaucoup d’hommes font du bruit pour un renchérissement du prix auquel ils veulent être achetés. Mahamadou Issoufu l’a compris et il a mis le prix qu’il faut pour s’acquérir les services du président du Mnsd, mais aussi ceux de ses fidèles lieutenants, à l’image du président du parti Labizé.

Il est certain que le retournement de veste de Seïni Oumarou et du Mnsd est extrêmement grave, dévalorisant et même dégradant du point de vue social et politique. Mais que dire de la position d’un Ousseïni Salatou qui n’a pas trouvé la moindre difficulté pour renier ce qu’il a dit, hier, et devenir ce qu’il est, aujourd’hui, c’est-à-dire un commis d’exécution au service du même Mahamadou Issoufou qui a d’ailleurs plongé davantage en matière de mal gouvernance. Car, en plus des fonds et biens dilapidés et détournés, des scandales judiciaires et financiers internationaux, se sont désormais révélés les trafics d’armes et de drogue. Mais Seïni Oumarou et le Mnsd sont là, sans aucun remord quant au soutien qu’ils apportent à cette gouvernance scandaleuse.

Les Nigériens peuvent-ils nourrir le moindre espoir avec des hommes pareils ? Le Niger peut-il sortir du trou avec des hommes qui ne croient à aucun principe ? Le Niger a-t-il la moindre chance de sortir des sentiers battus avec des hommes qui pensent que faire la politique, ce n’est rien d’autre que de faire de la contestation, faire la grande gueule, pour faire peur et gagner avec l’autre ce que l’on espère pour soi et non pour le peuple ?

Ce régime a, certes, trahi les aspirations du peuple nigérien à une vie paisible et à la cohésion sociale. Il a trahi les Nigériens en dilapidant des ressources énormes qui auraient pu servir à réaliser les plus grands projets structurants pour le développement du pays. Il a trahi le Niger en dévoyant la démocratie et l’État de droit. Il a trahi le peuple nigérien en instaurant une justice pour les uns, une autre pour les autres. Il a trahi le peuple en aménageant sur le territoire national un toit pour les narcotrafiquants, développant ainsi une économie criminelle et exposant les Nigériens à une insécurité permanente. il a trahi ce brave peuple, épris de démocratie et de justice, en mettant les libertés publiques sous coupe réglée, etc. Mais, que doit-on dire de ceux qui, en chemin, ont abandonné la lutte pour se livrer, avec armes et bagages, et qui se sont mis désormais au service de cette gouvernance ? Assurément, Seïni Oumarou, Ousseïni Salatou et les autres n’ont pas plus de mérites que Mahamadou Issoufou et si ce dernier doit être «crucifié», de quelque manière que ce soit par les Nigériens, ils doivent l’être en même temps. Leur destin est forcément lié. En réaffirmant leur ferme soutien à Mahamadou Issoufou et à sa gouvernance satanique, Seïni Oumarou et les siens ne font rien d’autre que d’assumer les détournements de fonds et biens publics à coups de dizaines de milliards ; la mise sous coupe réglée de la démocratie et de l’État de droit ; les trafics d’armes et de drogue, avec en toile de fonds la présidence de la République, le cabinet du Premier et l’Assemblée nationale comme abris de protection et de soutiens aux narcotrafiquants, etc. Il n’y a pas une autre interprétation à faire de leur choix que ce qu’ils proclament eux-mêmes. Leur choix, c’est de profiter au maximum de cette gouvernance scabreuse, tant pis pour le Niger et son peuple. Ils savent parfaitement ce qui se passe. Porte-parole de la coalition (…) créée par Seïni Oumarou au lendemain de son abdication, Ousseïni Salatou est obligé de se faire tout petit, évitant sagement de parler là où il n’y a rien à dire que de se cacher. Leur acte est ancré dans les mémoires et les Nigériens, le moment venu, leur rendra sûrement la monnaie de ce qui ne peut être perçu que comme une forfaiture vis-à-vis du peuple nigérien.

Mahamadou Issoufou, qui a longtemps écouté les vilenies et les insultes à profusion du Mnsd et de ses leaders, à commencer par Seïni Oumarou, doit avoir tellement rigolé d’avoir réussi à le recruter comme « Haut représentant », c’est-à-dire un homme à son service exclusif, qui ne reçoit instruction et mission que de lui et qui ne rend compte qu’à lui. En un mot, son porteur de message lorsque ni lui, ni Malika, ni Aïssata (ses deux épouses), encore moins Brigi Rafini, le chef du gouvernement, n’est disponible pour aller ouvrir les chrysanthèmes. Tout ça pour 500 millions, rapidement zappés et ramenés à 200 millions par an ! Le Niger mérite mieux que ça de la part d’un homme qui a tout eu de l’État.
Bonkano

18 août 2018
Source : Le Canard en Furie

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