Départ précipité de l’ambassadeur Marcel Escure et redressement fiscal d’Orange Niger : Et si le Président Issoufou était sur les traces de Mamadou Tandja ?

Issoufou traces Mamadou TandjaDépart précipité de l’ambassadeur Marcel Escure et redressement fiscal d’Orange Niger Et si le Président Issoufou était sur les traces de Mamadou Tandja ? Les propos d’Abdoulaye Bathily, historien, homme politique sénégalais et actuel représentant du secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique centrale, traduiraient-ils ce qui est en train de se passer au Niger ? Dans un entretien qu’il a accordé à Jeune Afrique, Abdoulaye Bathily a laissé entendre qu’Afrique, les membres de l’entourage d’un président l’inciteront toujours à se maintenir au pouvoir. « Ils disent, restez, sinon ce sera le chaos », conclue-t-il, ajoutant que « ce sont eux qui ont beaucoup à perdre et qui en oublient l’intérêt de leur pays ». Le départ récent de l’ambassadeur de France au Niger, Marcel Escure, et le bras de fer entre la direction générale des impôts (DGI) et Orange Niger, sont deux évènements qui rappellent vaguement aux Nigériens les faits qui ont préfiguré le tasartché de l’ancien Président Mamadou Tanja. Ce dernier, on s’en souvient, a non seulement créé un bras de fer avec AREVA à propos de la loi minière et le gisement Imouraren, mais a fait partir un chargé de la sécurité de la même société française. Un coup de coude qui a contraint la France à fermer les yeux sur ce qu’il voulait entreprendre en contrepartie de la cession d’Imouraren. Le bras de fer avec Orange Niger, filiale nigérienne de France télécoms, a de quoi interloquer. Alors que la DGI a trouvé un compromis avec les autres sociétés de téléphonie cellulaire (Airtel, Moov), elle a plutôt corsé son différend avec Orange Niger. Le samedi 29 décembre 2018, un message radio de la police judiciaire demandant à toutes les unités de police frontalière de « bloquer et aviser systématiquement la DPJ de toute tentative de sortie du territoire national du sieur Dominique Aubert, directeur général de Orange Niger) » a circulé sur les réseaux sociaux. Dans ledit message dont on s’interroge sur les conditions de la fuite dans les réseaux sociaux et les motivations des auteurs de ladite fuite, il est précisé que « L’intéressé fait l’objet d’une plainte pour fraude fiscale et qu’une enquête judiciaire a été ouverte à cet effet ». Un acte qui, s’il n’est pas fortuitement posé pour faire du cinéma, met plutôt de l’huile sur le feu. Pourquoi la DGI et Orange Niger n’ont pas encore trouvé un compromis ? Les informations en provenance de la filiale nigérienne de France Télécoms indiquent que celle-ci a entrepris toutes les démarches nécessaires mais a buté contre un mur incompréhensible. Dans. un communiqué rendu public, le directeur général d’Orange Niger, Dominique Aubert, a souligné que « Malgré de nombreux échanges, discussions et tentatives de négociations, à ce jour, nous ne sommes toujours pas parvenus à trouver un terrain d’entente avec la DGI. Le montant réclamé par l’administration fiscale reste toujours très largement au-dessus des capacités financières et de trésorerie de notre entreprise ». Mieux, Dominique Aubert précise que « Par ailleurs, toutes les demandes d’audience visant à ce qu’une délégation du Groupe soit reçue par les autorités, ont été rejetées ».

De l’autre côté, le communiqué du directeur général d’Orange Niger échoue sur un mur de silence. Orange Niger refuserait-elle de se plier à ce que Moov et Airtel ont accepté ou bien la DGI serait-elle utilisée pour chercher des poux sur un crâne rasé ? Outre ce bras de fer entre la DGI et Orange Niger qui dit devoir se déclarer en cessation de paiement si d’ici au 8 janvier prochain, un compromis n’est pas trouvé, le départ quelque peu précipité de l’ambassadeur de France au Niger, Marcel Escure, vient se greffer aux interrogations des Nigériens. Que se passe-t-il pour que, en moins d’un an, le Président Issoufou demande aux autorités françaises une chose et son contraire ? En fin de mandat en mai 2018, l’ambassadeur de France a été curieusement retenu à Niamey pour une année supplémentaire à la demande, dit-on, du Président Issoufou. C’est en principe en mai 2019 que Marcel Escure devrait partir. Or, l’année supplémentaire sollicitée par Mahamadou Issoufou ne sont pas arrivés à terme qu’il a dû prendre congé des autorités nigériennes à qui il a fait finalement fait ses adieux. Et selon des informations dignes de foi, c’est encore à la demande du Président Issoufou que Marcel Escure, jugé trop proche de Mohamed Bazoum, aurait été rappelé dare-dare par Paris. Ces deux évènements auraient-ils un lien ? Si oui, des observateurs avisés se demandent si le Président Issoufou ne serait pas sur les traces de Mamadou Tanja.

Doudou Amadou 

06 décembre 2018
Source : Le Monde d’Aujourd’hui

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