Gouverner, est-ce voler ? Où sont passés tous les millions et milliards du pays ?

Le CSRD (Conseil Suprême pour la restauration de la démocratie) de la junte du général Salou Djibo dans le cadre de l’assainissement des finances publiques, a pu renflouer dans les caisses du trésor la somme de 7 milliards de FCFA via la commission de lutte contre la délinquance économique, financière et fiscale, dirigée en 2010 par Abdoulkarim Mossi. A la différence du gouvernent actuel, la mé- thode drastique du Général Salou Djibo, nous semble plus transparente que les deux poids deux mesures orchestrés par certains roséens, car la commission de Mossi Abdoulkarim a porté à la connaissance du public 200 noms de citoyens soupçonnées de malversations. 

La Police Judiciaire, la HALCIA, doivent suivre la même méthode : publier des noms, et secouer le cocotier du Palais Présidentiel. En droit, dans le vrai droit, tous les citoyens sont égaux devant la loi.

Si un régime extrêmement corrompu est souillé par divers scandales-Gates [Uraniumgate, Areva-Gate, etc.] ose opérer un assainissement des finances publiques, il doit commencer par ses plus proches collaborateurs, et même ceux tapis dans notre Auguste Assemblée : une Assemblée devenue le sanctuaire de l’impunité des malfrats de la République, ne mérite pas le respect du peuple. 

Si le Président de la République a consenti de reprendre l’opération Maï Boulala, n’est-ce pas la preuve que le pays est devenu exsangue ? TAYI TAWRI est aujourd’hui le cri de dé- tresse de ce peuple qui ne croit plus aux RENAISSANTS, car il est réduit à la précarité et à la pauvreté. D’où la question qu’il est pertinent de se poser, où va nous mener la faillite des civils ?

Un général à la retraite soutient : « l’armée nigérienne n’est ni putschiste dans l’âme, ni avide de pouvoir. Chacune de ses intrusions dans la vie politique a été provoquée par la faillite de la gouvernance de civils. ». Pour dé- montrer que le général à la retraite est dans le vrai, analysons un tant soit peu l’état des lieux des passages des civils et militaires au pouvoir : Seyni Kountché (1974-1992) soit 18 ans ; le général Ibrahim Maïnassara Baré (1996-1999) soit 3ans, le Commandant Daouda Mallam Wanké (Avril-Dé- cembre 1999) ; Ex Colonel Mamadou Tanja (décembre 1999- 18 février 2010), et enfin le Commandant Salou Djibo jusqu’à la passation de témoin un jour du 7 avril 2011. 

Au total, les militaires ont plus séjourné au pouvoir que les civils. Autrement dit, ces cycles de retour de l’Armée traduisent bien l’existence d’une mentalité politique, voire une tare congénitale aux civils à bien gouverner le Niger. Les faits démontrent chaque jour que nous nous acheminons vers la loi inexorable : l’échec des civils à bien gouverner le Niger. Lorsqu’une Assemblée Nationale cautionne un Trading sur l’Uranium du Niger, il y a péril. L’assemblée Nationale, notamment la majorité est pénalement complice, c’est-à-dire dans cette forme qu’Y. MAYAUD, appelle une complicité co-respective entendue comme « la participation par juxtaposition ». En d’autres termes : « Tout coauteur est aussi complice dans la mesure où il aide les auteurs coauteurs dans la commission de l’infraction. La qualification de l’infraction concerne tous les participants même si l’un d’entre eux n’a pris que faiblement part à l’action délictueuse ». Le peuple nigérien attend la restitution des millions et des milliards volés par les camarades, il attend la fin de l’impunité, il attend la fin des abus de pouvoir. Il veut d’un vent de la vérité. 

Gambo

14 octobre 2017 
Source : L' Actualité