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samedi, 04 février 2012 08:16

Tahoua : historique et attraits de la capitale de l’Ader Spécial

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Tahoua_NigerLa région de Tahoua (Ader), couvre une superficie de 113.371 Km², soit 8,95 % du territoire national. Elle est subdivisée en huit (8) départements, quarante quatre (44) communes, dont neuf (9) urbaines, quatre (4) postes administratifs, douze (12) cantons et vingt-trois (23) groupements nomades. La région est

entourée par celles d’Agadez au Nord, Maradi à l’Est, Tillabéry, Dosso, la République du Mali à l’Ouest, et la République fédérale du Nigeria au Sud.

La population de la ville est composée de Haoussa, Touareg, Peulh, Arabes et Zarma. Il y a donc une diversité  culturelle et, dit-on, une communauté qui a gardé sa tradition et ses coutumes intactes. On cite notamment les habitats des nomades, une richesse géologique importante avec des anciennes villes fossiles, des fossiles de dinosaures, des tombeaux préhistoriques, des fêtes traditionnelles, un artisanat varié etc. La capitale de l’Ader a d’énormes potentialités économiques. Ce qui a permis, grâce à une gestion sécuritaire remarquable, d’importants investissements à la grande satisfaction des visiteurs et des populations.

Si, dit-on, l’histoire est un passé bizarrement recomposé ou la chronique des évènements passés, alors celle de l’Ader et de Tahoua ne peut échapper à cette définition. En effet, dans un excellent ouvrage paru en février 2002 et intitulé ‘’Tahoua, d’hier à aujourd’hui-Etude monographique’’, l’auteur, Elhadj Alilou Noma, écrit : ‘’s’agissant des définitions de l’Ader et de Tahoua, cette recherche s’avère difficile tant il est vrai qu’il manque des sources fiables permettant de remonter aux véritables significations. En effet, les sources disponibles, celles de la tradition orale, comportent d’énormes lacunes non seulement du fait de l’altération des faits lors de leur transmission, mais aussi des déficiences de la mémoire. Toutefois, l’on peut retenir, entre autres définitions de l’Adar et de Tahoua, que, selon la première version, Adar signifie ‘’Feu ardent’’ en persan. Car Mohamed El Moubarak Issouf, alors Sultan d’Agadez, aurait convoqué son fils Agabba au coucher du soleil, et lui montrant le disque rouge de l’astre, il lui aurait dit ceci : ‘’Va vers Adar’’, c'est-à-dire vers ce ‘’feu ardent’’.

Pour la seconde version, Adar viendrait de Til-Adar, ancêtre noir des Adaraoua qui serait venu d’Adaoua, un bourg de la Syrie. Il aurait laissé son nom aux ruines d’un emplacement appelé ‘’Til-Adar’’, situé au sud-ouest de Tiguidan-Adar ou Saline d’Adar. Sous la poussée d’envahisseurs arabes, berbères et touaregs, les descendants de Til-Adar migrèrent vers le sud pour peupler la région qui porte le nom de Adar : ce préfixe Til, qui signifie ‘’celui ou ceux de’’,  est probablement tombé. En fait, en définitive, Adar ou traces de pas, est le nom donné à l’heure actuelle à la région de Tahoua, limitée à l’Ouest par l’Aréwa, au nord-ouest par l’Aïr et au sud par le Nigeria. Mais, en réalité, les Adaraoua sont venus des confins de la Syrie par le Soudan, le Kaouar et l’Aïr en même temps que les Kourfayaoua et les Gobiraoua.

En ce qui concerne Tahoua, d’après la première version, Tahoua serait le nom d’un fétiche féminin que les Azna matsafa de Bilbis (c’est un quartier de Tahoua) consultent encore. La 2ème version enseigne qu’un chasseur originaire de Kollomma s’est installé au sud de ‘’Maboya – Amaré’’, autrement dit ‘’refuge des jeunes mariées’’, qu’on aperçoit à droite en venant d’Agadez. Pour l’heure, elle est reboisée. Donc, aux passants qui demandaient à ce chasseur à qui appartient cette hutte, il répondait ‘’Tahouata’’ (c’est à moi). D’autres avancent par ailleurs que deux chasseurs ayant tiré sur une biche se disputaient le gibier en disant ‘’Taou-ta’’, (c’est à moi) ; ce lieu de dispute serait devenu Tahoua. Enfin, la version la plus probable, soutenue par certains auteurs, avance que Tahoua a été créé par un saint personnage. Selon Séré de Rivières, Tahoua serait la fille d’un sultan d’Istanbul (Turquie), qui aurait accompli des miracles avant son départ vers Birni Lallé aux environs du 16ème siècle. Elle mourut à Agé-Koriya, où sa tombe est encore l’objet de vénération des animistes de la région.

(Source : Tahoua d’hier à Aujourd’hui  Etude monographique, parue en février 2002,  de Elhadj Alilou Noma) 



Ecoles Filles et Garçons de Tahoua : ces pépinières de cadres à l’abandon

Au cours de notre randonnée dans la capitale de l’Ader, nous étions surpris de constater, l’âme en pleurs, l’état de délabrement avancé des bâtiments de l’école Garçons, dénommée aujourd’hui Ecole Ader, et de l’école des Filles, respectivement construites en 1950 et 1959. Ces deux pépinières, d’où sont sortis des cadres de la région de Tahoua, ont fourni à la Nation nigérienne d’éminentes personnalités intellectuelles dont le Professeur Djibo Hamani. Si l’école Ader tient encore, c’est parce que tout simplement elle a été construite en dur et est de style colonial. Les murs qui l’entourent constituent de véritables passoires pour les animaux errants. La cour non encore dallée est parsemée de détritus humains parce que les élèves sont obligés d’aller se soulager dans la nature à cause de l’insuffisance des toilettes et de leur mauvais état. Quant à l’école des filles, située juste derrière l’hôpital de la ville, livrée à toutes les intempéries climatiques, sans aucune protection, elle constitue un véritable dépotoir, un déversoir de déchets solides où l’on peut voir des enfants traîner les pieds, inconscients du danger et faisant fi  des réprimandes des enseignantes.

En vérité, ces deux écoles ne méritent nullement cette situation déplorable dans laquelle elles végètent encore de nos jours, surtout en cette ère de décentralisation. Si ces pépinières sont oubliées par les pouvoirs publics, il serait intéressant qu’une association d’anciens élèves de ces écoles se crée, s’organise et se mette en chantier pour sauver ce qui peut l’être, afin de prouver toute leur reconnaissance à ces écoles qui ont façonné leur vie. Nous osons espérer que ces anciens élèves, éminents cadres dans tous les domaines de l’administration, ne seront pas sourds à cet appel. Une fois ces écoles réhabilitées, protégées des effets néfastes des intempéries, elles seront un bel exemple qui servira dans toutes les villes où existe ce genre de pépinières.

D. Touraoua

 



Badéguichiri : cité carrefour et centre commercial par excellence


Aujourd’hui comme par le passé, terre de rendez-vous, lieu de convergence d’une jeunesse en mal de loisirs, Badéguichiri, situé entre Konni et Tahoua, à quelques encablures d’Illéla, doit sa renommée légendaire surtout à son important marché de bétail et de céréales ; mais aussi, au fur et à mesure de son évolution commerciale, à la haute délinquance. En effet, selon M. Aboubacar Amadou Ali, commissaire de cette localité, les populations étaient constamment confrontées à toutes formes de banditisme, avec l’existence de véritables hors la loi qui appliquaient sans coup férir le principe de la loi du plus fort  sur le plus faible. Aux attaques armées, aux atteintes aux biens et personnes et autres bagarres avec coups et blessures de jour comme de nuit, s’ajoutait le non respect de la circulation routière qui engendrait de graves accidents, souvent mortels, avec délits de fuite. Cette situation, pour le moins déplorable et inquiétante, hantait le sommeil des paisibles habitants, troublait le déplacement des opérateurs économiques, et apeurait les clients qui étaient obligés d’être très vigilants au cours d’une opération de marchandage, étant donné qu’à la moindre négligence, le porte-monnaie pourrait disparaître… Ni vu ni connu !

A Badéguichiri, un ou deux jours avant le marché hebdomadaire, les baraquements et autres huttes de fortune étaient pris d’assaut pour servir d’abris aux délinquants et bandits de tout acabit. En certains endroits, les boissons frelatées de fabrication locale coulaient à flots, et leurs odeurs se mêlaient à celles dégagées par la fumée de certaines herbes pour empester l’atmosphère. Alors, l’ambiance de fête des débuts  se transformait en une sorte de far-west que les quelques gendarmes sur place ne pouvaient circonscrire. Donc, face à la prolifération des caves et la multiplicité des maisons closes, toutes choses préjudiciables à ce gros village aux dimensions sous régionales,  les populations ne savaient plus à quel saint se vouer. Pour juguler le phénomène, elles ne cessaient de presser les élus locaux afin de  freiner cette situation qui risquait de transformer leur localité en un ‘’no man’s land’’.

Le Directeur régional de la Police de Tahoua, le Commissaire Abdousalam Galadima, contacté par les représentants des populations du village, a mis la machine en branle après une enquête minutieuse. Fidèle à ses principes, il engage en amont une importante campagne de sensibilisation qui passe par la concertation avec toutes les couches sociales, impliquant intelligemment tous les acteurs concernés par la gestion sécuritaire de leur terroir. Les habitants avaient ainsi saisi la nécessité de la création d’un commissariat de Police dont le but, avant d’être répressif sur la base du respect des droits de l’Homme, est éducatif.

Le commissaire Aboubacar Amadou Ali, premier responsable du commissariat de Badaguichiri, s’est dit d’ailleurs  très confiant quant à un retour de la quiétude sociale. En effet, à l’heure actuelle, la sérénité est revenue et fini le qui-vive. Selon le maire de la Commune rurale de Badaguichiri, M. Abdoulkarim Mahamane, l’installation de cette unité policière est un grand soulagement pour ses administrés au nom desquelles il réitère toute sa gratitude au Directeur Régional de la Police Nationale de Tahoua, le Commissaire Galadima, pour cette initiative qui constitue une bouffée d’oxygène pour l’ensemble des 35 villages que compte sa commune.

Voyez-vous, poursuit le maire, ‘’dès qu’il y a un conflit, de quelque nature que ce soit, donc même les conflits champêtres, les structures mises en place nous interpellent. Ce qui nous réconforte encore, c’est que les exodants peuvent établir leurs documents de voyage ici, alors qu’avant la création de ce commissariat, ils sont contraints d’aller à Tahoua, Konni ou Illéla, avec tout ce que cela comporte comme perte de temps et de frais. L’incivisme fiscal, qui était de l’ordre de plus de 80% malgré le dynamisme commercial de la localité, est devenu insignifiant à cause tout simplement de la présence des éléments de la Police qui n’exercent aucune contrainte sur les commerçants dont la plupart viennent volontairement s’acquitter de leur imposition ; ce qui n’était pas le cas par le passé. On constate que la circulation routière n’est plus anarchique et les bâtiments administratifs sont à l’abri de certaines indélicatesses. Etant donné qu’on ne peut changer une société à coup de baguette magique, on peut dire qu’il existe encore des brebis galeuses, mais elles ne sont pas légion, d’où la poursuite, avec la même détermination et le même engagement à la périphérie desquels la volonté et la compétence. Ce sont là des ingrédients indispensables pour aboutir aux résultats escomptés.

Par ailleurs, l’autorité communale a mis à la disposition du commissaire un terrain d’environ deux hectares pour la construction de nouveaux locaux et quelques appuis en tous genres pour le quadrillage, par moment, des 35 villages que compte la commune rurale de Badéguichiri. En fait, nous a confié un officier de Police qui a préféré garder l’anonymat, mais qui est très imprégné de la création de ces unités policières, ce retour à la quiétude sociale est partout présent, dans les zones nomades et sédentaires, disons dans toutes les localités qui ont bénéficié tout récemment de ces nouvelles unités. Un exemple à suivre…

Dubois Touraoua, ONEP Tahoua Agadez

04  février 2012
publié le 03  février 2012
Source : Sahel Dimanche  

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Lu 2428 fois Dernière modification le mercredi, 29 février 2012 15:15