PreCOP26 à Milan et COP26 à Glasgow : Nous avons tous un rôle à jouer dans la lutte contre le changement climatique

Le Niger est l'un des pays les plus touchés par le changement climatique. En septembre 2020, suite aux pluies de Juillet et Août, le Niger a connu ses pires inondations en 60 ans. 329 000 Nigériens ont été touchés par les inondations et beaucoup ont dû quitter leur domicile. L'imprévisibilité croissante des saisons des pluies et sèches, causée par le changement climatique, rend les périodes de semis incertaines et met en péril les cultures essentielles. Elle crée une concurrence pour les ressources naturelles, en particulier l'eau, et contribue aux conflits. La déforestation à travers le Niger, qui affaiblit la capacité du sol à retenir l'eau et l’expose aussi aux éléments nocifs, aggrave ces problèmes. Quatre travailleurs sur cinq au Niger dépendent de l'agriculture, avec un taux d’irrigation des terres arables en dessous de 1%. Plus de 3,5 millions de personnes au Niger ont désormais besoin d'une aide humanitaire en raison à la fois des conflits et des chocs climatiques.

La Ministre de l’Environnement et de la Lutte Contre la Désertification, Madame Garama Saratou Rabiou Inoussa rappelle que « A titre d'illustration des effets des changements climatiques au Niger, il faut souligner que sur les 50 dernières années, notre pays a enregistré en moyenne, des déficits céréaliers, une année sur deux. Même en année normale, une proportion importante des ménages ne couvre ses besoins alimentaires que pendant trois mois. Et récemment encore, les inondations liées aux crues exceptionnelles du fleuve Niger et de la rivière Komadougou Yobé ont sinistré et privé plus de 10 000 ménages de leurs moyens d’existence ; tandis que paradoxalement dans le nord du pays, ce sont des parcours pastoraux entiers qui sont dépourvus de pâturage à cause des sécheresses, exposant ainsi plus de 60 000 ménages à des difficultés alimentaires et économiques. A ces chocs naturels, s’ajoutent aussi plusieurs milliers des réfugiés suite aux attaques de divers groupes terroristes opérant dans la zone sahélo-saharienne et autour du Lac Tchad ».

Le Groupe d'Experts Intergouvernemental des Nations Unies sur l'Evolution du Climat (GIEC) a publié son 6eme rapport d'évaluation en août, exposant les preuves accablantes de l'activité humaine modifiant le climat de la planète de manière sans précédent et irréversible. Les températures au Sahel augmentent 1,5 fois plus vite que dans le reste du monde. Cela signifie que d'ici 2100, les températures pourraient être bien supérieures de plus de 4 degrés des niveaux préindustriels - si nous permettons au changement climatique de se poursuivre.

Les scientifiques qui ont rédigé le rapport du GIEC ont clairement indiqué que les résultats les plus catastrophiques peuvent être évités si le monde agit rapidement pour réduire les émissions de carbone. Le Royaume-Uni et l'Italie, en tant que coprésidents de la Conférence COP26 sur le changement climatique en 2021/22, se sont engagés à diriger les efforts pour relever ce défi mondial.

La 26eme Conférence des Parties de la Convention-cadre des Nations Unies sur le Changements Climatique se tiendra à Glasgow au Royaume-Uni du 1er au 12 novembre commençant avec le Sommet des Dirigeants Mondiaux du 1er au 2 novembre. Le Président de la République, Son Excellence M. Mohamed Bazoum, participera à la COP26 dans le cadre du Sommet des Dirigeants Mondiaux et dirigera aussi à cette COP la délégation politique et technique Nigérienne. De plus, le Royaume Uni accueillera à Glasgow des jeunes délégués Nigériens dans le cadre de la 16eme Conférence de la Jeunesse « Conférence on Youth » qui précèdera la COP26 du 28 au 31 Octobre.

L'Italie accueillera sa Conférence préparatoire, la Pré-COP, ainsi que l'événement « Youth4Climate : Driving ambition », à Milan du 28 septembre au 2 octobre.

Le délégué du Niger que se rendra à Milan, M. Issaka Ousman Gaoh Aboubacar, a rappelé que « avec la participation de 400 jeunes, représentant tous les pays du monde, la « PreCoP26 Youth4Climate » initiée par le gouvernement italien constitue un cadre sans précédent dans l’histoire des négociations climatiques mondiales. En effet, il s’agit d’une occasion pour les jeunes de porter leur voix haute, démontrer leurs ambitions climatiques et concrétiser leur place comme acteurs incontournables dans la construction d’un avenir durable et des sociétés résilientes aux changements climatiques et environnementaux ».

La COP26 et la pré-COP visent à obtenir des engagements pour réduire considérablement les émissions d'ici 2030 et atteindre zéro émission nette d'ici 2050 pour garantir que nous gardons 1,5 degré à portée de main. Un deuxième accent sera mis sur l'adaptation pour protéger les communautés et les habitats naturels. Le troisième objectif est de mobiliser l'objectif annuel de financement climatique de 100 milliards de dollars convenu lors de la COP21 à Paris, et le quatrième concerne la collaboration entre les gouvernements, les entreprises et la société civile pour accélérer la réalisation des objectifs de Paris et convenir collectivement d'actions concrètes.

Nous encourageons le Niger à se joindre aux autres pays vulnérables au climat pour faire pression sur les principaux pays émetteurs afin qu'ils réduisent d'urgence leurs émissions. Nous travaillerons avec le gouvernement et les partenaires internationaux pour mettre en lumière la nécessité pour le Niger de s'adapter et de devenir plus résilient aux changements climatiques attendus dans les prochaines décennies, notamment dans le domaine de l'agriculture. Nous travaillerons pour soutenir la capacité du Niger à accéder aux 100 milliards de dollars de financement climatique international, qui devraient aider les pays en voie de développement les plus vulnérables au changement climatique.

Le gouvernement est en train de définir son propre objectif - la contribution déterminée au niveau national (NDC) - pour contribuer à la réduction mondiale des émissions de carbone. La NDC du Niger a l'ambition d'atteindre une réduction de 38,1% des émissions d'ici 2030. La réalisation de cet objectif se fera principalement à travers des mesures d'adaptation dans le domaine de l'agriculture, la foresterie et l'utilisation des terres, mais le plan visant à augmenter la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique du Niger à 30% d'ici 2030 jouera également un rôle essentiel. L'abondant potentiel de l’énergie solaire su Niger présente une opportunité importante d'augmenter l'accès aux énergies renouvelables pour la population, de créer des emplois d'avenir et de réduire la forte dépendance vis-à-vis des sources d'énergie et importées coûteuses.

Comme nous le savons tous, avoir un plan sur papier ne résulte pas à un changement immédiat de la réalité. Si nous voulons éviter les scénarios les plus catastrophiques, minimiser l'impact du changement climatique sur les forêts, les mers et l'agriculture, et protéger notre planète pour les générations futures, nous devons travailler ensemble pour transformer les plans en réalité. Chacun peut jouer son rôle, des gouvernements aux individus et des agriculteurs de subsistance aux multinationales. Qu'il s'agisse de rechercher des énergies renouvelables ou d'autres méthodes d'agriculture, ou de recycler des bouteilles en plastique, ou simplement de planter plus d'arbres, nous pouvons tous contribuer.

C’est dans ce cadre de collaboration à l’échelle mondiale que La Ministre de l’Environnent Madame Garama Saratou Rabiou Inoussa lance « un appel aux pays développés de s’engager davantage et de passer à l’action pour le rehaussement de leurs ambitions climatiques, d’une part ; et de soutenir nos efforts d’adaptation et d’atténuation pour une résilience encore plus accrue de nos communautés et de nos écosystèmes, d’autre part ».

Le Royaume-Uni et l’Italie, en tant que coprésidents de la COP 26, nous vous demandons tous, Nigériens et Nigériennes, de vous joindre à nous et le Gouvernement du Niger dans ce défi des plus essentiels et des plus urgents.

(Ambassade du Royaume-Uni et  Ambassade d'Italie au Niger)

28 septembre 2021
Source : http://www.lesahel.org/