Quand les tournées de Hama Amadou font trembler le pouvoir : Il invente le fallacieux prétexte d’état d’urgence pour un COVID-19

 

Quand les tournées de Hama Amadou font trembler le pouvoir : Il invente le fallacieux prétexte d’état d’urgence pour un COVID 19

Hama Amadou dérange. Les visites sur le terrain qu’il a entreprises en emboîtant le pas à un certain Mohamed Bazoum qui a cru pouvoir ruser avec la loi électorale en initiant une campagne électorale sous le couvert de visites de proximité avec la base, le sont davantage. À Dosso d’abord, lors du 2e congrès ordinaire de son parti, le Moden Fa Luman Africa, Hama Amadou a drainé un monde fou d’une incroyable densité. Un monde si fou que le véhicule du chef de file de l’opposition a eu du mal à se frayer un chemin jusqu’à la tribune. Puis, il y a eu Téra, la toute première sortie de Hama Amadou sur le terrain pour rencontrer ce peuple qui l’aime tant et qui le réclame à la tête de l’Etat. Une rencontre idyllique dont les images ont défilé sur les réseaux sociaux et des télévisions nationales, ont inquiété vivement dans les milieux du pouvoir en place. Un observateur s’est amusé à dire que même les animaux étaient de la partie.

« Tout arabe, tout gourmantché, tout zarma, haoussa, bref tout Nigérien est habilité à briguer la magistrature suprême de notre pays dès lors qu’il remplit les conditions édictées par la Constitution »

La visite de proximité de Hama Amadou à Téra a été époustouflante et chacun a pu s’en rendre compte. Ce sont des milliers de personnes qui ont tenu à l’accueillir, à lui rendre hommage et à lui témoigner leur solidarité et leur plein soutien dans le combat pour des élections transparentes. Sans tabous, Hama a abordé la question électorale, particulièrement dans ses aspects qui fâchent. Abordant la candidature de Mohamed Bazoum, Hama a tout de suite levé l’équivoque. Il ne s’agit d’une cabale contre une communauté qui fait partie intégrante du Niger, mais d’un candidat qui ne satisfait pas aux critères de la Constitution pour l’élection présidentielle. « Mohamed Bazoum n’a qu’à produire l’acte de naissance de son père ou de sa mère », a lancé le chef de file de l’opposition en guise de défi. « Tout arabe, tout gourmantché, tout zarma, haoussa, bref tout Nigérien est habilité à briguer la magistrature suprême de notre pays dès lors qu’il remplit les conditions édictées par la Constitution », a déclaré Hama Amadou.

La foule, immense, que soulève Hama Amadou inquiète dans les milieux du pouvoir

Par delà le discours tenu par Hama Amadou et qui jette un froid chez ceux qui n’espèrent se maintenir au pouvoir que par des fraudes et autres méthodes anti démocratiques, c’est la mobilisation exceptionnelle des Nigériens pour l’accueillir et le magnifier qui fait peur aux tenants du pouvoir actuel. Et à Téra comme à Maradi, capitale économique du Niger, l’extrême popularité de Hama Amadou n’a pas été démentie. On eut dit que la ville s’est vidée de sa population pour aller l’accueillir à l’aéroport et l’escorter jusqu’à la résidence du chef de province. Une véritable marée humaine qui s’étend sur plus d’un kilomètre de route et qui ne peut laisser indifférents ceux qui sont régulièrement dénoncés de distribuer de l’argent pour pouvoir mobiliser du monde lors de leur tournée.

L’état d’urgence est décrété, mais seulement à partir du 10 octobre et pas pour le Mouloud, pourtant porteur de risques de contamination potentiels

Le vendredi 2 octobre 2020, comme il fallait s’y attendre, le régime a sorti sa première mesure pour endiguer la déferlante Hama Amadou. Le Covid 19 est là. Quelle aubaine ! En conseil des ministres, il est alors décidé de maintenir la fermeture des frontières et de proroger l’état d’urgence sanitaire. Deux mesures qui n’affectent pas curieusement l’organisation du Mouloud, autorisée pour les participants nigériens dans le respect, souligne le communiqué du gouvernement, des mesures sanitaires et sécuritaires. Une drôle de mesure lorsqu’on sait le monde fou que draine, chaque année, ce regroupement religieux. L’état d’urgence est alors décrété pour une période de trois mois à compter du 10 octobre. Pourquoi à partir du 10 octobre alors que le gouvernement avance comme arguments « la persistance du fléau et le caractère éminemment pathogène et contagieux de la maladie ». Mieux, pour soutenir cette conclusion, le gouvernement a indiqué qu’à la date du 1er octobre, il y aurait 15 347 personnes confinées, 27 en cours de confinement, 25 447 testés à l’issue desquels 1 197 sont confirmés positifs, dont 69 décès et 14 sous traitement.

Le Covid 19, un prétexte pour un report des élections ?

Bien entendu, entre les statistiques du gouvernement et la croyance populaire, il y a tout un fossé. Pour l’opinion nationale, on laissé Mohamed Bazoum, Sani Issoufou dit Abba et leurs compagnons politiques courir villes et campagnes dans une campagne électorale frénétique avant de mettre le holà sur les sorties attendues des leaders de l’opposition. Celles de Hama Amadou en particulier ont bousculé les hommes au pouvoir dans leurs certitudes. Mais le Covid 19 estil la panacée au problème qui se pose au pouvoir actuel ? La pandémie, qui n’a pas véritablement pris pied au Niger, peut-elle et va-telle finalement servir un projet de remise en cause de la tenue des élections à date ? Des Nigériens n’en doutent pas. C’est dire que les prochaines semaines sont attendues avec impatience, mais aussi angoisse au Niger.

Doudou Amadou