Polémique : Ali R Sekou, historien ou généalogiste raté

L’Histoire et le journalisme sont deux disciplines qui usent et utilisent les faits. D’ailleurs, les journalistes sont souvent appelés les historiens du présent. Si en journalisme les faits rapportés sont facilement vérifiables, les faits passés rapportés le sont difficilement. C’est pourquoi, il est important que la démarche historique soit d’une impartialité, d’une neutralité sans faille. Car il n’y a aucun moyen de vérifier les assertions des historiens. C’est le cas d’un écrit paru sur le site du journal en ligne Niger inter sous la plume d’un certain Ali R. Sekou qui dit être un Historien. Cet article est intitulé ‘’Hama Amadou, le Jean Marie Le Pen tropical’’. Cette tribune vient en réponse aux propos tenus par Hama Amadou lors de l’investiture de Oumarou Hamidou dit Ladan Tchiana à l’élection présidentielle prochaine par son parti. Le leader du parti Lumana, en s’adressant aux participants à ce congrès du parti AMEN AMIN, a demandé aux Nigériens de se réveiller, de se mobiliser pour ne pas devenir des esclaves en barrant la route au PNDS qui voudrait leur imposer un président soutenu par des narcotrafiquants. Cela a suffit pour que notre historien qui veut s’exercer en journalisme affirme que Hama Amadou traite Bazoum d’esclavagiste et les arabes de narcotrafiquants. C’est un glissement très dangereux. Ali R. Sekou ne peut apporter la moindre preuve de ses allégations qui sont en fait juste un prétexte pour insulter. La preuve. Sa tribune commence par : « la France a son Jean Marie LE PEN, le Niger a son Hama Amadou, comme quoi le Niger n’est pas en reste par rapport à la France s’il s’agit de descendre dans les égouts nauséabonds de la xénophobie, du racisme et du tribalisme ». Un journaliste rapporte les faits tels qu’ils se sont produits et ne tombe pas dans un tel subjectivisme au risque de descendre aussi dans les égouts - les égouts de Mexico où on trouve des rats de la taille d’un homme. Le plus curieux, c’est de trouver de tels écrits sur un site appartenant à un journaliste professionnel. Piètre historien, Ali R. Sekou est aussi piètre journaliste. Il aurait, à la lumière de sa tribune, pu être un excellent généalogiste. Surtout que, chose curieuse, nos socialistes du PNDS en raffolent. En tout cas, il tentera de reconstituer la généalogie de Bazoum Mohamed. Pour cela, il a potassé.

Voici le résultat de ses lectures : « Lui (Hama Amadou) qui dénie sa nationalité d’origine à Bazoum a-til jamais lu un seul livre sur l’histoire de notre pays ? At- il lu le livre de Djibo Hamani intitulé « le sultanat touareg de l’Ayar» (Éditions Harmatan)? A-t-il lu le livre de Jean-Claude Zeltner intitulé » Histoire des Arabes sur les rives du lac Tchad » (Éditions Karthala)? S’il avait lu ces auteurs et en particulier le livre de Djibo Hamani qui est à sa portée, il aurait beaucoup appris sur la tribu de Bazoum, les Awlad Slayman.

En lisant cette histoire, Hama aurait alors pu repérer un nom: celui de Cherfeddine Mohamed. Eh bien, qu’il sache que ce Cherfeddine qui a été assassiné par le chef de guerre touareg Khanjar Ag Talha près de Tanout alors qu’il était venu en médiateur au nom de sa tribu dont il était le chef, n’est autre que l’arrière-grand-père de la femme de Bazoum, Khadija Mabrouk Ben Adham Ben Waheda Ben Cherfeddine justement, par ailleurs cousin de l’arrière-grand-père de Bazoum, Salem Belhaj ». Que faut-il retenir de la lecture du généalogiste Sékou ? Dans la morbide envie de rendre service, le généalogiste de service dessert. Il lie la nationalité d’origine de Bazoum à celle de sa femme. S’il était un bon généalogiste, il devait dire Mohamed Bazoum Ben… Ben… Ben Salem Belhaj. Comme Khadija Mabrouk Ben Adham Ben Waheda Ben Cherfeddine. Et on en aura fini avec cette histoire de nationalité d’origine du candidat Bazoum. Un autre enseignement des lectures de Sekou. Les ancêtres de Bazoum auraient écumé une grande partie du territoire. Ils auraient fait la guerre à Bilma, ils seraient présents à Tanout, ils seraient établis à N’Gourti. Enfin la signature d’un accord entre Cherfeddine et le capitaine français Lamy est une information qui jette un doute sur toutes les tentatives d’élaboration d’une généalogie pour justifier la nationalité d’origine de Bazoum. Le capitaine dont il est question a donné son nom à la capitale tchadienne qui s’appelait Fort Lamy. Il faisait partie d’une des trois colonnes qui ont encerclé Rabat. La colonne qui a passé par le territoire du Niger était la mission Voulet- Chanoine.

Les Awlad Slayman étaientils considérés comme relevant de l’autorité de Fort Lamy?

MODIBO