9ème Réunion Annuelle du Partenariat de Ouagadougou : Volonté affichée à relever les défis régionaux malgré le contexte sanitaire mondial

Ouverte mardi, la Rencontre Annuelle du Partenariat de Ouagadougou se tient cette année de manière virtuelle en raison du contexte sanitaire mondial. Mais cette situation n’a entaché en rien la détermination des participants qui devraient  se retrouver pour la 9ème fois à Lomé (Togo) pour célébrer les progrès réalisés dans les pays du partenariat et dégager les perspectives. C’est avec le même enthousiasme qu’ils se sont retrouvés  virtuellement, mardi dernier  avec un point saillant : définir un nouvel objectif pour l’après 2020. Plus spécifiquement, les participants s’attèleront pendant les trois jours que dureront les travaux à définir des stratégies efficaces pour relever les défis régionaux relatifs notamment à l’insuffisance de la couverture et à la qualité des services de Planification Familiale ; aux besoins de services de PF de la plus grande génération de jeunes ; à l’insuffisance des politiques et programmes pour réaliser le dividende démographique.

Pour Mme Marie Ba, directrice exécutive de l’Unité de Coordination du Partenariat de Ouagadougou (UCPO), le fait que cette réunion se tienne virtuellement «témoigne aussi de notre capacité à faire face aux adversités de toute nature et nous adapter aux changements». En effet, a-t-elle ajouté, « nous avions crainte de voir les financements alloués à la santé reproductive, déjà trop souvent le parent pauvre de nos budgets, de voir les services de santé pour la planification familiale affectés et déstabilisés par cette pandémie qui a bouleversé les systèmes sanitaires à travers le monde. Et même s’il y a eu perturbations, elles ont été amoindries grâce à la vision de nos ministres de la santé, la ténacité et la bravoure de nos femmes de la société civile qui n’ont eu cesse d’alarmer sur les conséquences d’un relâchement des efforts quant aux soins et le bien être des femmes et des jeunes filles de notre région».

Mme Marie Ba a beaucoup  apprécié le partage d’expériences dans la riposte à la pandémie et la continuité des services de planification familiale qui s’est opéré de façon très organique entre les 9 pays, entre les 9 directions de la santé mère- enfant, la société civile et les jeunes avec le soutien des partenaires techniques et financiers. Optimiste, elle a affirmé dans son allocution à l’ouverture des travaux que l’état actuel du Partenariat de Ouagadougou laisse présager d’excellents hospices pour l’horizon 2030. «Nous n’avons aucun doute que de la même manière que notre communauté a su répondre au défi d’atteindre l’objectif de la phase urgence d’agir, de le doubler pour la phase d’accélération, d’atteindre encore une fois cet objectif, nous saurons dans le futur aboutir à surpasser ce nouvel objectif ambitieux mais réalisable de 6.5 millions utilisatrices de méthodes modernes de contraception d’ici 2030», a-t-elle précisé.

Dans une présentation faite par la directrice de l’UCPO sur les Progrès du PO en 2020, il ressort qu’en 2020, 476.000 utilisatrices additionnelles ont été répertoriées dans les pays du PO. L’impact global depuis le lancement du PO est significatif selon elle : 16.600.000 grossesses non désirées évitées, 5.900.000 avortements à risque évités, 54.000 décès maternels évités.

Le Directeur régional du Fonds des Nations Unies pour la Population UNFPA a pour sa part indiqué qu’à l’heure du Bilan, presque tous les pays ont atteint leurs objectifs en termes d’utilisatrices additionnelles de méthodes modernes de planification familiale. Selon M. Mabingue NGom, l’UNFPA adhère à l’Agenda 2030 et aux cibles fixées dans les 17 objectifs de développement durable. Dans son plan stratégique 2018-2021, a-t-il ajouté, l’UNFPA vise à atteindre les trois résultats transformateurs suivants centrés sur l’être humain : Elimination des décès maternels évitables ; Elimination des besoins non satisfaits en planification familiale et Elimination des violences basées sur le genre et les pratiques néfastes, y compris les mutilations génitales féminines et les mariages d’enfants. M. Mabingue NGom a rassuré que «l’UNFPA continuera à collaborer avec les gouvernements de la région et tous les partenaires dont ceux du partenariat de Ouagadougou en appuyant les efforts visant à accroître l'accès aux services de santé de la reproduction y compris dans les situations humanitaires et à renforcer les systèmes de santé et la mise en œuvre d’interventions pertinentes».

Le représentant de l’OOAS qui a lu le discours du directeur général M. Stanley Okolo a rappelé les actions entreprises par son institution en matière de Planification Familiale. Ainsi, l’OOAS a apporté des appuis importants aux Etats Membres pour assurer une continuité de l’accès à l’information et aux services en matière de santé sexuelle et reproductive y compris la planification familiale. Un montant total de 10.000.000 USD a été octroyé aux pays cette année pour l’achat des contraceptifs de qualité répondant aux standards internationaux. Par ailleurs, «l’OOAS prend des mesures administratives pour accélérer les achats, mais la pandémie pèse de plus en plus sur les chaînes d'approvisionnement mondiales. La communication avec les fournisseurs et les fabricants s'est intensifiée. Les difficultés d'approvisionnement, de transport et de livraison allongent les délais et provoquent des fluctuations de prix», a déclaré le représentant de l’OOAS. Il a enfin affirmé que, l’OOAS fonde donc beaucoup d’espoirs sur les actions du Partenariat de Ouagadougou et assure de tout son engagement pour en faire une pleine réussite.

Lancé en février 2011 au Burkina – Faso à l’issue de la Conférence Régionale sur la Population, le Développement et la Planification Familiale de Ouagadougou, l’objectif premier du PO est de rendre accessible à tous l’utilisation des méthodes de planning familial dans neuf pays de l’Afrique de l’Ouest à savoir le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et le Togo. Le Partenariat de Ouagadougou (PO) termine sa «phase d’accélération» qui a pour objectif d’ajouter 2,2 millions d'utilisatrices additionnelles de méthodes contraceptives modernes dans les neuf pays francophones d'Afrique de l'Ouest d'ici 2020.

Fatouma Idé

17 décembre 2020
Source : http://www.lesahel.org/