Editorial : Célébration dans la sobriété

Le Niger vient de célébrer, le 18 Décembre 2020, le 62ème anniversaire de la proclamation de la république. Comme vous le savez, depuis plusieurs années, la commémoration de cet important anniversaire est rehaussée par les festivités de ce que l’on appelle «la fête tournante du 18 Décembre», une formule qui remonte à la Cinquième République, sous le règne de Tandja Mamadou (Paix à son âme !), qui avait consisté à organiser cette fête dans un chef-lieu de région choisi un an auparavant. Ainsi, la région récipiendaire reçoit de massifs investissements destinés à la construction d’un certain nombre d’infrastructures pour la célébration de l’évènement.

C’est donc cette tradition que la Septième république, sous la conduite éclairée du Président Issoufou Mahamadou, aura portée aux fonds baptismaux en faisant de cette fête tournante une véritable révolution urbaine au Niger. En effet, depuis Dosso Sogha, le premier du genre, en passant par Maradi Kollia, Zinder Saboua, Tahoua Sakhola, Agadez Sokni et Tillabéry Tchandalo, pour finir avec Diffa N’glaa, la célébration du 18 Décembre aura profondément transformé les chefs-lieux des régions qui ont eu le grand privilège d’abriter ces festivités commémoratives, en donnant de nouveaux visages resplendissants à ces villes avec l’édification d’infrastructures urbaines modernes (routes bitumées, salles de spectacles profondément rénovés, infrastructures sportives et autres lieux d’hébergement).

Si auparavant, on se contentait seulement de quelques coups de pinceau pour badigeonner les différents endroits de la ville-hôte, avec le Président Issoufou, c’est un véritable programme de réalisations gigantesques qui aura été mise en œuvre pour transformer et moderniser les capitales des régions à l’occasion de cette fête tournante du 18 Décembre. Ce sont plusieurs milliards de francs qui auront été ainsi injectés dans ces différents chantiers qui auront jalonné les deux mandats du  Président Issoufou, boostant  par là même l’économie locale par la création de milliers d’emplois.

Cette année, c’était au tour de Diffa d’être la région récipiendaire de la fête tournante annuelle du 18 Décembre. Pour cela, plusieurs travaux d’infrastructures avaient été prévus dans cette ville martyre de la nébuleuse terroriste de Boko Haram. Malheureusement, la situation sécuritaire préoccupante dans la région, les grandes inondations qui y ont sévi, ajouté à une recrudescence inquiétante de la pandémie liée à la COVID 19 ainsi que le retard pris dans le parachèvement des différents travaux n’ont pas permis à la région de Diffa d’avoir son N’Glaa le 18 Décembre. C’est dommage, mais ce n’est que partie remise, car, les plus hautes autorités ont promis d’offrir aux populations leur fête mais légèrement décalée dans le temps !

Pour l’ensemble du pays, la fête du 18 Décembre a coïncidé avec la campagne électorale pour les élections législatives et présidentielles du 27 Décembre 2020. Echéances électorales d’une importance majeure qui consacreront, pour la première fois de l’histoire, une passation pacifique du pouvoir au Niger, une première dans toute l’histoire politique contemporaine de notre pays.

Voilà, grosso modo, les raisons objectives qui ont fait en sorte que cette fête du 18 Décembre n’a pas connu son éclat habituel, éclipsée en cela par les enjeux de cette campagne électorale qui s’achemine d’ailleurs, vers son terme !

Tout de même, Bonne fête de la République, chers lecteurs !

Zakari Alzouma Coulibaly

21 décembre 2020

Source : http://www.lesahel.org/