Amères vérités : Ah, ce Seïni Oumarou tout de même ! Si le ridicule tuait, il en serait mort et enterré depuis ce jour, 3 février 2021 où, sans aucune gêne, sans état d’âme, il est arrivé au siège ...

Amères vérités : Ah, ce Seïni Oumarou tout de même ! Si le ridicule tuait, il en serait mort et enterré depuis ce jour, 3 février 2021 où, sans aucune gêne, sans état d’âme, il est arrivé au siège de son parti pour présider la déclaration officielle de soutien à Bazoum Mohamed, l’homme dont le même Seïni a contesté la nationalité d’origine, et donc, la légitimité et la légalité de sa prétention à la magistrature suprême

Attendus par le peuple nigérien pour la consigne de vote à donner en faveur de l’un ou de l’autre des deux candidats arrivés au second tour de l’élection présidentielle, Seïni Oumarou du Mnsd Nassara et Albadé Abouba du Mpr Jamhuriya sont finalement sortis de leurs bois. Et c’est la douche froide pour les Nigériens. Contrairement à tous les discours qu’ils ont tenus sur la gouvernance actuelle, les récriminations, les plaintes et les condamnations fermes, ces deux leaders et leurs partis politiques ont préféré maintenir le Niger dans les fers de cette calamité absolue. Pour Seïni Oumarou, c’est encore pire. Il a attaqué, par deux fois, devant la Cour constitutionnelle, la légitimité et la légalité de la candidature de Bazoum Mohamed, accusé de détenir des pièces d’étatcivil frauduleusement obtenues. Tout a une histoire et ce que les Nigériens considèrent comme une trahison de ces deux leaders politiques en a une. Voici cette histoire, telle qu’elle est racontée un peu partout et bien de faits corroborent.

On a bien vu un homme, un militant du Mnsd Nassara, se réjouir de cette alliance électorale Mnsd-Pnds grâce à laquelle il a reçu un véhicule 4X4 qu’il montrait fièrement. L’argent a coulé à flots, selon ce qui se raconte. Des milliards et des milliards ! Les intérêts du Niger ? Oubliés et méprisés. Seïni Oumarou ni Albadé Abouba peuvent-ils justifier ce choix autrement que par ces déclarations fantaisistes et manifestement dénuées de sincérité ? NON. Le Niger, assurément, est malade de cette catégorie d’hommes politiques qui n’ont aucun sens de l’idéal patriotique et qui, du jour au lendemain, sont prêts à compromettre l’avenir de tout un peuple pour des intérêts qu’ils n’osent pas clairement assumer. Ah, ce Seïni Oumarou tout de même ! Si le ridicule tuait, il en serait mort et enterré depuis ce jour, 3 février 2021 où, sans aucune gêne, sans état d’âme, il est arrivé au siège de son parti pour présider la déclaration officielle de soutien à Bazoum Mohamed, l’homme dont le même Seïni a contesté la nationalité d’origine, et donc, la légitimité et la légalité de sa prétention à la magistrature suprême.

Ah, ce Seïni tout de même ! Comment a-t-il pu faire, sans état d’âme, ce break, cette volte-face extraordinaire ? Dans la déclaration rendue publique, Seïni Oumarou et le bureau politique national de son parti ont découvert, sublime révélation que les Nigériens ne savaient pas, qu’il y a une similitude entre le programme de Bazoum Mohamed et le sien et qu’en tout état de cause, ils sont rassurés par « l’engagement de Bazoum Mohamed à accorder une importance de premier ordre aux questions de sécurité, d’équité, d’accès aux services sociaux de base, de développement rural inclusif et de bonne gouvernance en cas de victoire ».

Bazoum Mohamed a, donc, su amener Seïni Oumarou à ouvrir les yeux sur la similitude de leurs programmes de g o u v e r n a n c e . P o u r t a n t , Bazoum Mohamed n’a jamais renié la gouvernance qui a prévalu au cours des 10 années passées et qui a été jalonnée d’injustice de corruption, d’insécurité et de massacres de milliers de Nigériens, de trafic de drogue, de détournements massifs des deniers publics et d’indifférence vis-à-vis des secteurs sociaux de base.

Au contraire, il dit l’assumer totalement et le revendique si fort au point de promettre aux Nigériens la continuité d’une telle gouvernance.

C’est en conséquence cette gouvernance pleine de périls pour le peuple nigérien que Seïni Oumarou et le bureau politique du Mnsd ont accordé leur caution. Ils l’ont d’ailleurs clairement spécifié en soulignant leur désir de poursuivre la collaboration avec le Pnds Tarayya. Ont-ils dans ce cas besoin de préciser « dans un esprit désormais fait de loyauté, de confiance mutuelle » ? Lorsqu’on veut tuer son chien, on l’accuse de rage, n’est-ce pas ?

C’est ainsi. Lorsqu’on ne peut pas évoquer la raison véritable qui a emporté son adhésion, l’on ne peut que louvoyer. Seïni Oumarou et Albadé Abouba ont pensé à tout, sauf bien sûr au Niger. Ils ont mis tout en avant, sauf les intérêts du Niger et de son peuple, méprisés et bafoués. Et puisqu’ils sont incapables de dire clairement les raisons objectives qui les ont conduits à un tel choix, les Nigériens ont une belle raison de dire qu’ils ont vendu leur soutien à Bazoum Mohamed. Or, lorsqu’on vend son soutien à un candidat, l’on n’a plus rien à revendiquer, en principe. Ni pour soi, ni pour les autres. Les montants dont on parle sont si importants qu’ils couvrent pratiquement tout. Autrement dit, lorsque, en face d’un candidat quelconque, vous avez osé réclamer de l’argent et qu’on vous le donne, quel respect de votre personne êtes-vous fondé à exiger après ? Il faut être sérieux. L’argent corrompe et si, Seïni et Albadé ont réclamé et obtenu de l’argent, en milliards en plus, ils sont forcément corrompus. Ils ne méritent aucun respect, ni de la part de Bazoum et du Pnds, ni de leurs militants, encore moins du peuple nigérien dont le sort est sacrifié sur l’autel d’intérêts égoïstes.

Si Seïni Oumarou et Albadé Abouba ont effectivement pris de l’argent avant de se déclarer en faveur de Bazoum et de la gouvernance qu’ils ont si dénoncée et dénigrée, ils doivent savoir qu’ils ont pris le prix de leur considération, de leur dignité et de leur honneur. S’ils ont pris de l’argent avant de se décider, ils ont empoché le prix de leur liberté. En tout état de cause, le peuple nigérien n’a pas besoin de tels leaders politiques et a clairement signifié sa décision de les sanctionner le 21 février 2021.

Bonkano